THĂĂTRE jeune public dĂšs 9 ans DE JULIE ROSSELLO-ROCHET MISE EN SCĂNE LUCIE RĂBĂRĂ COMPAGNIE LA MAISON MARDI 5 DĂCEMBRE > 14H30 > 20H30 MERCREDI 6 DĂCEMBRE > 10H00 > 20H30 JEUDI 7 DĂCEMBRE > 10H00 > 14H30 VENDREDI 8 DĂCEMBRE > 10H00 > 14H30 1H15 Salle Arendt RĂSERVER SâABONNER Ă lâorigine de ce spectacle, le dĂ©sir de Julie Rossello-Rochet et de Lucie RĂ©bĂ©rĂ© de travailler sur la confiance en soi avec de jeunes adolescents. Assez rapidement, leur rencontre avec les collĂ©giens dâun Ă©tablissement scolaire ardĂ©chois dans le cadre de leur rĂ©sidence dâartistes les amĂšne Ă constater quâĂ lâĂąge oĂč tout est si fragile tout peut basculer trĂšs vite face aux insultes brutales, aux menaces amplifiĂ©es par les rĂ©seaux sociaux, propices Ă lâanonymat et aux dĂ©sinhibitions. Travail dâenquĂȘte sociologique, recueil de chiffres Ă©difiants sur le harcĂšlement Ă lâĂ©cole, les conforteront dans lâidĂ©e de porter Ă la scĂšne ce phĂ©nomĂšne de sociĂ©tĂ© prĂ©occupant. Ainsi naĂźt Blake. 13 ans dans six mois elle nâen peut plus dâattendreâŠElle sâinscrit sur Facebook. Une semaine cruciale de la vie de la jeune fille commence, Ă©grenĂ©e jour par jour dans un texte onirique, ludique, souvent drĂŽle, toujours Ă©mouvant. Un soir, dans lâintimitĂ© de sa chambre, Blake, douze ans, crĂ©e son profil sur le rĂ©seau social au milliard dâutilisateurs. Le dĂ©ferlement de violence verbale qui sâensuit est immĂ©diat. La jeune fille Ă©teint lâordinateur. Mais le cyber harcĂšlement est sorti de lâĂ©cran comme il y Ă©tait entrĂ© â par effraction dans la vie de Blake. Il envahit son quotidien au collĂšge. Une semaine cruciale de la vie de la jeune fille commence⊠Créé Ă la ComĂ©die de Valence en 2015, Cross a fait un tabac auprĂšs des jeunes comme des adultes. Au plateau, deux comĂ©diens, tĂ©moins empathiques, passeurs de son histoire incarnent tour Ă tour les parents, les professeurs, le proviseur, Blake elle-mĂȘme⊠Dans une mise en scĂšne rythmĂ©e, haletante, entrecoupant fiction et images du rĂ©el, ils nous emmĂšnent avec eux dans la traversĂ©e de Blake. DISTRIBUTIONavec Pierre Cuq, Louka Petit-Taborelli et la voix de Valentine Vittoz scĂ©nographie Amandine Livet, costumes Dominique Fournier, lumiĂšre et rĂ©gie gĂ©nĂ©rale Sylvain Brunat, son ClĂ©ment Rousseaux, assistante Ă la lumiĂšre CĂ©cile Chansard production ComĂ©die de Valence/CDN de DrĂŽme-ArdĂšche, coproduction La Maison, avec la participation artistique de lâEnsatt, le soutien de la citĂ© scolaire du Cheylard, en partenariat avec le CanopĂ© de la DrĂŽmeJULIE ROSSELLO-ROCHET, LâAUTEURE Julie-Rossello Rochet a Ă©crit une dizaine de textes pour comĂ©diennes et marionnettes dont DU0, lorsquâun oiseau se pose sur une toile blanche Ă©ditions lâEntretemps, ligne de corps», 2014 et ELEONORA. Elle est dramaturge au sein de la compagnie MuFuThe Suisse romande. AprĂšs des Ă©tudes de droit, dâespagnol et de lettres modernes, elle est diplĂŽmĂ©e en 2012 du dĂ©partement Ă©criture de lâENSATT, elle poursuit actuellement ses recherches en doctorat Ă lâENS de Lyon. Elle est intervenue dans plusieurs Ă©coles HETSR-la Manufacture Suisse ; ENSATT ; STA Chine,⊠et a animĂ© des ateliers dâĂ©criture TNP ; Maison George SandâŠ. En 2014, elle a créé la compagnie LA MAISON avec Lucie RĂ©bĂ©rĂ©. Elle a Ă©crit CROSS ou la fureur de vivre, chants dâexpĂ©riences pour des collĂ©giens de DrĂŽme-ArdĂšche CDN-Valence, saison 2015-16.LUCIE REBERE, LA METTEUSE EN SCENE Elle commence son parcours théùtral en hypokhĂągne-khĂągne avec la dramaturge Catherine Nicolas puis au cours Myriade en tant quâĂ©lĂšve comĂ©dienne avant dây ĂȘtre professeure assistante sous la direction de Georges Montillier. Elle intĂšgre en 2009 le conservatoire du 5e arrondissement de Paris dirigĂ© par Bruno Wacrenier qui lui confie la mise en scĂšne des Acteurs de Bonne foi de Marivaux. En 2011, elle met en scĂšne Valse, un texte de Julie Rossello, avec qui elle collabore depuis de nombreuses annĂ©es. En 2011, elle intĂšgre la classe dâinterprĂ©tation de Sandy Ouvrier au CNSAD en tant que stagiaire metteure en scĂšne et sâassocie en 2012 Ă Guillaume Fulconis et au Ring théùtre. Elle met en scĂšne deux nouvelles piĂšces de Julie Rossello Duo Pina Bausch et Merce Cunningham, avec le soutien du Centre National de la Danse de Paris, texte qui reçoit lâaide Ă la crĂ©ation 2012 du CNT ainsi que Du Sang sur les Roses, spectacle finaliste Paris Jeunes Talents 2013 et qui jouera Ă lâEspace 44 scĂšne dĂ©couverte, au Théùtre Kantor puis au Théùtre Confluences Ă Paris. En 2014, elle fonde la compagnie LA MAISON avec Julie Rossello. ParallĂšlement, elle joue au théùtre, notamment dans Edouard II mis en scĂšne par Guillaume Fulconis, ainsi que dans plusieurs films pour le cinĂ©ma et la tĂ©lĂ©vision. LA PRESSE EN PARLE Un rĂ©cit qui sait faire la part belle Ă la poĂ©sie fragile de lâadolescence ». Julie Rossello-Rochet et Lucie RebĂ©rĂ© offrent une rĂ©ponse passionnante et fichtrement intelligente Ă un problĂšme de sociĂ©tĂ© » Si jâĂ©tais Ă la place de Madame Najat Vallaud-Belkacem âŠ, jâengagerais en complĂ©ment des campagnes officielles sur le sujet des violences scolaires et du cyber-harcĂšlement, une large diffusion de cross ou la fureur de vivre ». Selim El Atrache, MOUVEMENTManytranslated example sentences containing "provoquĂ© la fureur" â English-French dictionary and search engine for English translations.
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Sâil y a bien un rĂ©seau au monde qui a accumulĂ© des dĂ©cennies de vitesse folle et incontrĂŽlĂ©e, câest bien le rĂ©seau britannique des annĂ©es 1880 Ă 1900, qui, pour des raisons de pure compĂ©tition commerciale entre compagnies rivales, se laisse aller Ă la folie de la vitesse pure, sans aucune retenue â du moins jusquâĂ ce que les pouvoirs publics, alarmĂ©s, nây mettent un point dâorgue pĂ©remptoire et dĂ©finitif. Le point culminant de cet acharnement inconsidĂ©rĂ© est la course quotidienne entre Londres et Edimbourg par les deux lignes concurrentes de la cote est et de la cote ouest. Les book-makers » de Londres prennent, tous les jours, les paris et lâarrivĂ©e Ă Edimbourg du premier des deux trains concurrents est officiellement chronomĂ©trĂ©e ! Mais dâautres compagnies se livrent au mĂȘme genre de hobby », faisant rouler Ă des vitesses insensĂ©es des locomotives Ă roues immenses entraĂźnant vers une perte probable de fragiles rames de voitures Ă caisse en bois sâĂ©crasant les unes contre les autres sur des junctions » complexes aux aiguilleurs stressĂ©s courant dâun levier Ă un autre Ă la derniĂšre minute pour donner la prioritĂ© aux mĂ©caniciens les plus audacieux. Bref⊠frissons, whisky et thĂ© garantis, dans la dignitĂ© pour montrer que lâon savait vivre et mourir, mĂȘme en train. Putain, la classe, quoi » dirait-on aujourdâhui.. Vitesses vertigineuses, bifurcations dĂ©lirantes, potences de signalisation ressemblant Ă des partitions musicales ici, Ă la sortie de la gare de Newcastle, tout est rĂ©uni pour effrayer ou enthousiasmer le mĂ©canicien et les voyageurs du Flying Scotsman ». Les trains entrent en gare ou en sortent, et se frĂŽlent et se croisent sur ce damier oblique gĂ©ant digne dâun dĂ©fi kafkaĂŻen. Big Ben sonne et donne le dĂ©part. Pendant plusieurs dĂ©cennies, quand lâhorloge de Big Ben sonne, dans la brume matinale, les dix coups de dix heures, dĂšs le premier coup, trois trains prestigieux sâĂ©lancent des gares Londoniennes sur les rails britanniques en direction de lâEcosse, et au dixiĂšme coup le quai est vide. Dans le Royaume-Uni victorien, la vitesse et la prĂ©cision des trains est non seulement Ă lâordre du jour, mais câest pratiquement un devoir national⊠Les compagnies de chemin de fer se prennent au jeu du Rule Britannia », au service dâun pays dominant le monde, avec son empire sur lequel le soleil ne se couche jamais. Le modĂšle du premier pays du monde doit ĂȘtre respectĂ© jusque dans la qualitĂ© de lâensemble de ses services publics et de ses transports. LâarmĂ©e, la marine, les chemins de fer tout comme les Ă©coles ou les hĂŽpitaux doivent ĂȘtre dâune perfection rigoureuse. Discipline, tenue, rigueur devant tant de qualitĂ©s rĂ©unies, il ne reste aux chemins de fer que de briller aussi par la vitesse. Mais il ne faut pas oublier que lâesprit britannique est aussi fait de dĂ©fi et dâaudace, et parfois jusquâĂ la dĂ©raison. Câest sans doute ces qualitĂ©s, dĂ©ployĂ©es par les ingĂ©nieurs et les mĂ©caniciens des deux lignes concurrentes de la course vers lâEcosse qui obligeront, en 1888, les pouvoirs publics Ă serrer les freins⊠à siffler la fin de la partie, et Ă remettre les pendules Ă lâheure, nâen dĂ©plaise Ă Big Ben. La gare de Londres du Great Northern vers 1850, avant que ne commence la fureur de vivre sur la ligne de la cĂŽte est. La gentry » bourgeoisie londonienne attend, dĂ©jĂ , des performances. Façade de la gare de Kings Cross construite en 1890. Vue actuelle. La gare de St-Pancras, Ă Londres, vers la fin du XIXe siĂšcle. Desservant le Midland, elle ne participe pas encore Ă la compĂ©tition vers lâEcosse. Mais les belles locomotives rouges vont se lancer dans la course quand, en 1923, le LMS sera créé. Vue extĂ©rieure de la gare de St-Pancras, construite en 1868. Le style gothique, mais pas vraiment celui du moyen-Ăąge, a envahi Londres. La gare de Euston en 1855, vue extĂ©rieure. Le voyageur, selon la mode de lâĂ©poque, doit passer sous un arc de triomphe dĂ©diĂ© au chemin de fer. Cette gare est le point de dĂ©part pour lâEcosse par la cĂŽte Ouest et par le London & North Western Railway. A lâautre extrĂ©mitĂ© de la ligne, les approches de la gare de Waverley station Ă Edimbourg. Les signaux, rangĂ©s en partition musicale sur leur interminable passerelle, et la cabine dâaiguillage avec son style trĂšs manoir, sont so british ». Nous sommes en 1910. En effet, si les trains britanniques se mettent Ă rouler Ă des vitesses incroyables sur lâensemble des grandes lignes du Royaume-Uni entre 1850 et 1890, le summum de cette conquĂȘte irraisonnĂ©e de la vitesse a pour théùtre principal deux des trois lignes reliant lâAngleterre et lâEcosse. Entre 1895 et 1902 par exemple, les locomotives type 211 dites single driver » Ă roues libres du Great Northern, les fameuses merveilles dessinĂ©es par Stirling, timbrĂ©es Ă 12,3 kg/cm2, Ă mouvement intĂ©rieur, avec des cylindres de 460 mm de diamĂštre et dâune course de 711 mm, pesant 40 tonnes et dont les roues motrices ont un diamĂštre de 2490 mm, atteignent en service courant, avec des charges de 220 tonnes, des vitesses de 130, 135 et mĂȘme 140 km/h. Les premiĂšres locomotives de vitesse, toujours dans la traditionnelle disposition dâessieux type 111, sont ces fameuses Problem Class » construites par lâingĂ©nieur Ramsbottom en 1859. Elles participeront, pour le compte du London & North Western, Ă la compĂ©tition et sur la cote ouest, mais devront cĂ©der la place Ă des machines plus puissantes vers 1870. La single driver » machine Ă roues libres de lâingĂ©nieur Patrick Stirling, dâune Ă©lĂ©gance trĂšs remarquĂ©e, mais aussi trĂšs performantes. Construites Ă partir de 1870, elles introduisent la grande vitesse sur le sol britannique. Cheminots et amateurs, admirateurs de la Stirling » sur les quais de Kings Cross Ă Londres vers 1890. Single driver » du Midland, avec son luxueux train formĂ© de voitures Ă bogies, assurant, plus paisiblement sans doute, le service de lâEcosse par le centre de lâAngleterre ? Dâautres locomotives, du type 211 du North Eastern Railway, sont construites en 1895, et sont timbrĂ©es Ă 12,3 kg/cm2. Avec une surface de grille de 2 m2 et des cylindres intĂ©rieurs dâun diamĂštre de 480 mm et dâune course de 610 mm, et des tiroirs cylindriques, ces brillantes locomotives sont montĂ©es sur des roues de 2330 mm, et parviennent Ă dĂ©velopper la puissance extraordinaire pour une telle machine de 1200 ch., ceci Ă une vitesse qui atteint couramment 140 km/h. Les premiĂšres locomotives construites, datant de 1889-1890, sont compound Ă deux cylindres avec tiroirs plans verticaux extĂ©rieurs, ces cylindres ayant un diamĂštre de 510 mm pour les haute pression et de 710 mm pour les basse pression, et les pistions travaillant sur une course de 610 mm. Elles remorquent des trains de 90 Ă 100 tonnes, et elles atteignent, entre Leeds et Scarborough par exemple, la vitesse de 136 km/h. Pour aller aussi vite, mais sans patiner le passage Ă deux essieux moteurs. MalgrĂ© les indĂ©niables qualitĂ©s des locomotives Ă grande vitesse et Ă roues libres, leur insuffisance en adhĂ©rence conduit les rĂ©seaux anglais Ă doubler lâessieu moteur et Ă faire construire des machines du type 120 et le plus souvent du type 220, les premiĂšres respectant la tradition anglaise de la disposition Ă cylindres intĂ©rieurs, les autres adoptant plutĂŽt la disposition nouvelle Ă cylindres extĂ©rieurs. Les premiĂšres locomotives Ă deux essieux moteurs, type 120, engagĂ©es Ă partir de 1870 par le London & North Western pour le service par la cĂŽte Est. Noter que la tradition anglaise de la double traction est dĂ©jĂ Ă lâordre du jour. Les voyageurs viennent admirer la locomotive avant de monter dans le train une tradition guĂšre respectĂ©e aujourdâhui, y compris sur le rĂ©seau SNCF⊠Une 120 du Midland Railway. Les machines Ă essieux accouplĂ©s attirent la mĂ©fiance et la suspicion des ingĂ©nieurs de lâĂ©poque, par crainte des oscillations et mouvements parasites engendrĂ©s par les bielles de liaison. Les 121 du London and North Western Railway un des participants de la course par la cĂŽte ouest sont des locomotives compound Ă trois cylindres, dont deux de 381 mm en haute pression, et un de 760 mm en basse pression, montĂ©es sur des roues de 2160 mm de diamĂštre, comportant une surface de grille de 1,90 m2, et pesant 53 t, dont 31 t de poids adhĂ©rent sur les roues motrices. En tĂȘte des trains rapides dâEcosse, ces machines roulent frĂ©quemment Ă 130 km/h en pente de 5 pour mille, du moins quand elles veulent bien dĂ©marrer en effet les deux essieux moteurs, systĂšme Webb, ne sont pas couplĂ©s, chacun formant un ensemble sĂ©parĂ© avec ses propres cylindres. Ce sont, en quelque sorte, des doubles machines Ă roues libres. Mais il arrive que, au dĂ©marrage, un essieu patine et pas lâautre, ou, pis encore, un essieu tourne en sens inverse de lâautre Ă la grande joie des fanatiques loco-spotters » littĂ©ralement compteurs de locomotives » et amateurs de sensations fortes postĂ©s sur le quai, et Ă la grande honte du mĂ©canicien. Les Ă©tonnantes machines compound de mâingĂ©nieur Francis Webb, Ă deux essieux indĂ©pendants, donc non accouplĂ©s. Seul le premier essieu Ă cylindre HP avait une distribution commandĂ©e par le mĂ©canicien, le deuxiĂšme essieu Ă cylindres BP Ă©tant censĂ© suivre » le premier au moment du dĂ©part. Parfois le hasard faisait que le deuxiĂšme essieu, positionnĂ© pour partir en arriĂšre et recevant plus de vapeur que le premier, tournait alors en sens inverse, et la locomotive faisait du surplace ! La disposition Webb Ă deux essieux indĂ©pendants des dĂ©marrages parfois laborieux, le deuxiĂšme essieu choisissant de contrarier le premier ! Les lignes britanniques de la fin du XIXe siĂšcle des pistes de vitesse pure. Il faut dire que, sans une ligne parfaitement tracĂ©e et nivelĂ©e, il est impossible de pratiquer des hautes vitesses dans le monde ferroviaire, exactement comme dans celui des voitures de formule 1⊠Il nây a pas de nids de poule sur le circuit du Mans, et il nây a pas de dĂ©fauts dâalignement ou de nivellement sur les voies de la ligne de Londres Ă Edimbourg, surtout en cette fin du XIXe siĂšcle oĂč le Royaume-Uni veut un rĂ©seau ferroviaire parfait et consacre tous les moyens nĂ©cessaires Ă ce but. Sur le terrain on dĂ©nombre bien trois lignes conduisant de Londres Ă Ădimbourg dâabord celle de la cĂŽte Est, qui emprunte les rĂ©seaux du Great Northern Railway, du North Eastern Railway et du North British Railway. Ensuite, il y a en face la concurrente, celle de la cĂŽte Ouest, par les rĂ©seaux du London & North Western Railway et du Caledonian Railway Ă©cossais. Enfin, coincĂ©e entre les deux, une ligne intermĂ©diaire ou centrale par le Midland Railway et le North British Railway, moins exposĂ©e, elle, Ă la gloire mĂ©diatique et handicapĂ©e par un tracĂ© et un profil moins favorables Ă la vitesse. La lutte se fait surtout par les lignes des cĂŽtes, la ligne centrale du Midland Ă©tant moins propice Ă la vitesse. Mais lâancienne compagnie du Midland, nâa pas dit son dernier mot quand elle devient, en 1923 avec le Grouping act », le redoutable London, Midland & Scottish Railway LMS en absorbant le London & North Western Railway. Alors, elle reprend le flambeau Ă son compte puisquâelle possĂšde et exploite intĂ©gralement la ligne de la cote Ouest. En face dâelle, créée aussi en 1923 et toujours par le Grouping act », la compagnie du London & North Eastern Railway LNER, hĂ©ritiĂšre du North Eastern Railway et du Great Northern Railway, est donc la concurrente directe du LMS, et la lutte continuera, mais sous une autre forme, celle du confort et des services. La fusion de plus de 75 petites compagnies en 4 grandes, lors du Grouping act » de 1923, est loin de faire cesser la concurrence entre les deux nouvelles London, Midland & Scottish cĂŽte est, en rose et London & North Eastern cĂŽte ouest, en violet. Le LMS est dĂ©jĂ bien implantĂ© en Ecosse, ayant reçu lâancien Caledonian Railway. Lâ Express Train » victorien, genre et genrĂ© dĂ©jantĂ©. Mais revenons Ă la fin du XIXe siĂšcle. La pratique, Ă lâĂ©poque, du train dit express train» au Royaume-Uni, demande une vitesse commerciale dâau moins 40 mph environ 64 km/h pour mĂ©riter le label, ce qui est le cas pour la plupart des express trains » desservent les trois lignes en question. Les express trains » les plus rapides partent des deux points extrĂȘmes Ă 10 h. du matin â sauf, initialement, Ă 10 h. 30 sur le Midland qui, hors course, peut provisoirement affecter dâĂȘtre diffĂ©rent et de prendre son temps, avant de faire comme les deux concurrents et de pratiquer, lui aussi, le fameux dĂ©part Ă dix heures sonnantes Ă lâheure de Big Ben. Trois trains, donc, sâĂ©lancent chaque matin de Londres. Les performances entre les trois trains ne sont pas Ă©quivalents, toutefois, car lâexpress de 10 h. fait le trajet eu neuf heures par la route de lâEst et en dix heures par celle de lâOuest, et en plus de dix heures par celle du centre. Sur la premiĂšre de ces lignes, le train ne comprend que des voitures offrant des places de premiĂšre et de deuxiĂšme classes, alors quâil y a des voitures des trois classes sur les deux autres lignes. La marche en neuf heures du train de la route orientale est dĂ©jĂ remarquable par sa vitesse. Mais cela ne suffit pas non point aux yeux des voyageurs qui se satisfont de ces performances exceptionnelles, mais aux yeux des dirigeants des compagnies concurrentes pour qui lâhonneur, lâimage de marque, et le profit se doivent de progresser. Les techniques, notamment de la voie, le permettant, la carte de la vitesse sera jouĂ©e. La lutte Ă la seconde prĂšs, du moins jusquâau 31 aoĂ»t 1888. Vers la fin de 1887, les Compagnies exploitant la ligne de la cĂŽte Est ajoutent des voitures de troisiĂšme classe Ă leur train de 10 h. Puis, pendant lâĂ©tĂ© de 1888, câest lâaccroissement de la vitesse de lâexpress qui part Ă 10 heures du matin sur les deux lignes des cotes Est et Ouest. On arrive ainsi, des deux cĂŽtĂ©s, Ă tracer sur les graphiques du mois dâAoĂ»t 1888 une marche en huit heures de Londres Ă Edimbourg. Il faut noter que la distance est de 632 km. par la ligne de la cĂŽte Est, et de 645,5 km. par lâautre ligne, ce qui donne un avantage sur lâEst et une obligation Ă faire une marche plus rapide sur lâOuest. Les trains effectuant le mĂȘme service en sens inverse sont un peu moins rapides et mettent huit heures et demie pour faire le trajet. Enfin le rĂ©seau du Midland, toujours un peu hors course, pratique des accĂ©lĂ©rations dâhoraires trĂšs mesurĂ©es, laissant aux deux autres concurrents la clientĂšle qui voyage lâĆil sur la trotteuse de leur montre. Ce sont donc bien les deux trains des deux cĂŽtes, partant de Londres pour Edimbourg Ă dix heures du matin, lâun de la gare de Kingâs Cross, du Great Northern Railway, et lâautre de celle de Euston, du London & North Western Railway, qui sont en lice pour gagner cette course de vitesse. Le premier est rĂ©glĂ© par lâhoraire qui indique un dĂ©part de Londres Kings Cross Ă dix heures du matin et une arrivĂ©e Ă Edimbourg Ă six heures du soir, comprenant un arrĂȘt de 20 minutes pour le lunch » pris Ă grande vitesse au buffet de la gare de York sans doute le jambon local permet un repas plus que rapide. A ce prix, la vitesse commerciale est de 79 km/h, et, en dĂ©duisant les 30 minutes pour les trois arrĂȘts de Grantham, York et Newcastle, on a une vitesse moyenne de marche de 84 km/h. Mais on ne se contente pas de rester dans le cadre de cet horaire on cherche Ă gagner le plus de temps possible sur la marche normale, de maniĂšre Ă faire tomber le temps de trajet en dessous du seuil psychologique de huit heures. Câest ainsi que la durĂ©e du parcours de York Ă Newcastle, au lieu dâĂȘtre de 93 minutes, devient en moyenne, pour tous les trains accĂ©lĂ©rĂ©s, de 86,2 sic minutes, dont 2,6 minutes sont accordĂ©es pour ĂȘtre perdues aux signaux ou pour des ralentissements. Le trajet de 199 km. de Newcastle Ă Edimbourg, au lieu de demander 152 minutes, nâen prend en moyenne que 141 dont, toujours, 2 minutes prĂ©vues pour les arrĂȘts aux signaux. La marche la plus rapide est celle du 31 AoĂ»t 1888, car tout est chronomĂ©trĂ© Ă la seconde prĂšs chaque jour la durĂ©e totale du trajet a Ă©tĂ© de sept heures et 27 minutes au lieu de huit heures, bien que les arrĂȘts ont durĂ© 39 minutes au lieu de 30. On obtient ainsi une vitesse commerciale de 85km. Ă lâheure, et une vitesse moyenne de marche de 93 km/h, donnant un remarquable 123 km/h soutenu sur 6 kilomĂštres et dument enregistrĂ©. Il faut dire que le 31 aoĂ»t 1888 est la derniĂšre journĂ©e de vitesse libre pour les deux compagnies concurrentes qui tiennent donc Ă faire un baroud dâhonneur et Ă aller jusquâau bout, car dĂšs le 1er septembre 1888 cette lutte de vitesse est interrompue par les pouvoirs publics, la durĂ©e du trajet Ă©tant dĂ©sormais fixĂ©e Ă 8h30 dans les deux sens et sur les deux lignes concurrentes. Les bookmakers » devront cesser dâencaisser des paris et devront se tourner vers dâautres 1888 donc, sur la ligne occidentale, lâhoraire prĂ©voit un dĂ©part de Londres Ă 10 heures et une arrivĂ©e Ă Edimbourg Ă 17h27. Sur cette route, il nây a que trois arrĂȘts, deux de 5 minutes et un de 20 minutes pour le lunch » pris tard dans lâaprĂšs-midi entre 14h 03 et 14h 23 Ă Preston. Le premier de ces arrĂȘts est Ă Crewe, Ă 255 km. de Londres. Comme sur la route Est, on essaie de faire mieux encore, et le train est frĂ©quemment en avance. Par exemple, le 28 AoĂ»t 1888, le train est arrivĂ© Ă Crewe Ă 12h 57, malgrĂ© un arrĂȘt dâune minute devant un signal Ă Rugby câest une vitesse moyenne de marche de 87 km. Ă lâheure. Parti de Crewe Ă 13h 03, le train est Ă Carlisle Ă 15h 57 au lieu de 16h 03 avec 22 minutes dâarrĂȘt Ă Preston la vitesse moyenne de marche est de 89 km/h sur une section Ă fortes rampes. Enfin le train, ce 28 aoĂ»t, est arrivĂ© Ă Edimbourg 17h55, aprĂšs avoir parcouru les 164 km depuis Carlisle en 1h 52 minutes, soit Ă la vitesse moyenne de 88 km/h sur une section Ă©galement assez difficile. La durĂ©e totale du trajet a Ă©tĂ© de 7h55, avec 35 minutes dâarrĂȘt câest une vitesse commerciale de 81,5 km/h qui est signĂ©e lĂ , et Ă une vitesse moyenne de marche de 88 km/h. Jusquâau lendemain de la PremiĂšre Guerre mondiale, on ne fera guĂšre mieux au Royaume-Uni et en Europe. Train rapide du Midland, vers 1870. Les voitures Ă caisse en bois sont encore Ă trois essieux. Vers 1910, le Midland joue la carte du confort, plutĂŽt que celle de la vitesse Ă tout prix, et engage des voitures lourdes, spacieuses, Ă bogies et Ă couloir sur lâensemble de ses trains, y compris vers lâEcosse et ici sur le Scotch express ». Les single drivers » sont moins brillantes et commencent Ă peiner et Ă patiner. DĂšs 1902, l Midland Railway engage ses brillantes 220 dites Midland compound » en tĂȘte de ses trains rapides, comme ici sur le Manchester Express. IL sâagit non de gagner en vitesse, mais de la maintenir en face de lâaccroissement du poids des trains. Les conditions techniques de lâexploit dâabord des lignes Ă profil favorable. La marche des trains est extrĂȘmement remarquable pour lâĂ©poque, et les place en tĂȘte des records mondiaux en service courant. A considĂ©rer la vitesse seulement, cet effet obtenu dĂ©note la perfection du systĂšme britannique. La ligne orientale, dite de lâEast Coast, prĂ©sente une succession de rampes et de pentes ne dĂ©passant pas en gĂ©nĂ©ral 5 pour mille, et plusieurs des rampes de 5 pour mille sont assez longues, lâune dâelles atteignant mĂȘme 21 km. A la sortie mĂȘme de la gare de Kingâs Cross, Ă Londres, les trains ont Ă franchir une rampe de 9 pour mille, longue de 1 km., et une autre rampe de 13 pour mille, en arrivant Ă Edimbourg. Enfin prĂšs dâEdimbourg, il y a une pente de 10,4 pour mille sur 7 km qui, certes, ne ralentit pas le train mais lâaccĂ©lĂšre plutĂŽt et demande un bel exercice de freinage Ă lâarrivĂ©e⊠On peut donc dire que ce profil est facile pour les trains express, mais pas exceptionnellement facile, selon les ingĂ©nieurs de lâĂ©poque. Double traction effrĂ©nĂ©e et petites locomotives, bacs de prise en marche dâeau pour ne pas perdre une seconde, lignes Ă quatre voies dont les deux centrales sont des pistes de course rĂ©servĂ©es aux express, voilĂ les ingrĂ©dients rĂ©unis sur le London & North Western pour une course folle quotidienne. Sur la ligne occidentale, dite du West Coast, au contraire, on commence par manger son pain blanc la ligne est facile. Les rampes sont de modestes 3 pour mille jusquâĂ Tring, et on roule ensuite jusquâĂ Crewe sur une succession de dĂ©clivitĂ©s douces, avec pour seul souci une autre rampe de 3 pour mille dâune dizaine de kilomĂštres, et une de 4,4 pour mille sur 15 km. Mais de Crewe Ă Edimbourg le profil est trĂšs accidentĂ©. Ce sont dâabord des rampes et des pentes de 10 pour mille entre Wigan et Preston, puis, entre Preston et Carlisle, une grande rampe sur 32 km., avec des valeurs de 6, 8, 10 pour mille, et enfin de 13,3 pour mille sur entre Tebay et Shap. La vitesse atteinte au passage Ă Shap restera une rĂ©fĂ©rence pour les trains de la cĂŽte Ouest, mĂȘme au temps des Pacific du London, Midland & Scotland Railway. Entre Carlisle et Edimbourg, on franchit encore un passage trĂšs Ă©levĂ©, avec 15 km. de rampes dont les valeurs atteignent jusquâĂ 13 pour mille. Des vitesses moyennes de 88 km. sur des montagnes russes aussi accidentĂ©es sont tout Ă fait Ă©tonnantes. Elles sont obtenues grĂące surtout Ă la rapiditĂ© de la marche sur les rampes qui ne dĂ©passent pas 5 ou 6 pour mille oĂč lâon parvient Ă maintenir la vitesse du palier qui les prĂ©cĂšde avec lâĂ©lan accumulĂ©. La vitesse souffre, on sâen doute, avec les autres rampes on tombe aussi bas quâun dĂ©solant 50 km/h sur les rampes dĂ©passant 13 pour mille. La vitesse maximale toutefois reste plafonnĂ©e techniquement Ă 115 km/h, une vitesse qui est par ailleurs trĂšs souvent atteinte par un grand nombre de dâautres express trains » en Angleterre lâexploit de ces trains de la ligne dâEdimbourg est-il, tout compte fait, si exceptionnel ? Oui, si lâon tient compte du maintien de la vitesse sur de longues distances et pendant de longues heures de marche, car les autres trains qui affichent des vitesses spectaculaires au Royaume-Uni ne les assurent que sur des parties de trajets favorables et souvent trĂšs courts. Les services de lâexploitation des rĂ©seaux concernĂ©s, on sâen doute, font tout pour que les ralentissements soient rares, faute dâĂȘtre inexistants pour de nombreuses raisons techniques. Les grandes gares en cours de route, avec leurs dĂ©dales bien britanniques dâappareils de voies en tous sens, imposent des limitations sĂ©vĂšres, tout comme le franchissement des joints des ponts pivotants sur les estuaires, surtout sur la route de la cĂŽte est. Un ingĂ©nieur français note Ă lâĂ©poque dans la Revue GĂ©nĂ©rale des Chemins de Fer RGCF que lâemploi pour ce service de locomotives dĂ©jĂ anciennes prouve que, pour remorquer Ă trĂšs grande vitesse des trains lĂ©gers, les machines plus rĂ©centes ne dĂ©passent pas les anciennes au contraire mĂȘme, elles conviennent, en gĂ©nĂ©ral, mieux pour enlever des trains plus lourds Ă des vitesses plutĂŽt moindres. Cependant, sur le North Eastern Railway, les locomotives compound Worsdell ont fait, avec grand succĂšs, la rĂ©putation de vitesse de ces trains. Ensuite des trains lĂ©gers. Le matĂ©riel roulant des deux trains en concurrence appartient en commun aux diverses compagnies exploitant la ligne. Ce matĂ©riel est dotĂ© des deux systĂšmes de freinage utilisĂ©s au Royaume-Uni Ă lâĂ©poque le type Westinghouse et le type dit frein Ă vide automatique. Chacun des deux trains forme un ensemble au mĂȘme gabarit en hauteur et en largeur, ce qui permet dâoffrir moins de rĂ©sistance Ă lâair on est loin de la composition hĂ©tĂ©roclite de voitures Ă gabarit variĂ© comme on en trouve sur les autres rĂ©seaux europĂ©ens Ă lâĂ©poque, notamment en France ou en Allemagne. Les compartiments de premiĂšre classe sont munis de cabinets particuliers Ă chaque compartiment, avec WC et toilettes. Dans les voitures de la ligne de la cĂŽte Est, plusieurs des compartiments de seconde classe sont des coupĂ©s Ă quatre places avec un accoudoir mobile, tout Ă fait analogues aux coupĂ©s du matĂ©riel français contemporain, mais eux aussi dotĂ©s de leur cabinet de toilette particulier. Compartiment de 1re classe dâune voiture Ă bogies du London & North Western Railway. Dans un salon de thĂ© dâun train du London & North Western Railway vers 1910. Sur la locomotive, cela doit ĂȘtre moins calme. Le poids des trains, pour permettre de telles vitesses, est rĂ©duit. Les deux compagnies ont dĂ©cidĂ©, au dĂ©but des annĂ©es 1880 et sur les deux lignes, de faire deux trains au lieu dâun pour gagner du poids, lâun allant Ă Ădimbourg, lâautre Ă Glasgow, les deux remplaçant le train unique desservant successivement les deux villes. Le premier train est celui dâEdimbourg et le second train, celui de Glasgow ce dernier part trois minutes aprĂšs le premier, et lâĂ©cart sâaccroit pendant le trajet. Le train dâĂdimbourg, sur la ligne de la cĂŽte Est, qui ne portera le nom de Flying Scotsman » quâaprĂšs 1923, se compose de sept voitures Ă trois essieux et refuse donc, pour des questions de poids, le lourd bogie. Il y a deux voitures de premiĂšre classe pesant 31,3 tonnes Ă vide, deux voitures mixtes pesant 30,1 tonnes, une voiture de troisiĂšme classe pesant 13,1 tonnes, et deux fourgons pesant 26 tonnes. Le poids total du train Ă vide est de 100,5 tonnes, et lâon estime que le poids des voyageurs et des bagages avoisine les 9,5 tonnes câest donc un train dâenviron 110 tonnes qui est placĂ© derriĂšre la locomotive. Le poids total est de lâordre de 180 tonnes. Sur la plus longue et plus difficile ligne de la cote Ouest, le train se compose de quatre voitures Ă bogies offrant un meilleur espace et un plus grand confort de roulement, bien que leur longueur soit limitĂ©e Ă 12m, 600. Chaque voiture comprend des compartiments des trois classes et des compartiments Ă bagages et pĂšse, vide, 20 tonnes. Le nombre des voyageurs ne dĂ©passe guĂšre la cinquantaine vu le prix du billet, et on peut donc estimer leur poids, avec les bagages, Ă quatre ou six tonnes, ce qui donne un train de 85 tonnes environ Ă remorquer et un poids total de lâordre de 150 tonnes. Sur la route de lâEst, le train est pris en charge successivement par quatre locomotives, qui sont donc changĂ©es Ă chaque arrĂȘt. Les deux premiers relais sont faits par les locomotives Stirling Ă roues libres du Great Northern Railway, et dont les caractĂ©ristiques techniques sont donnĂ©es plus haut. Le troisiĂšme changement de traction, de York Ă Newcastle, tout comme le quatriĂšme de Newcastle Ă Edimbourg, est fait soit par des locomotives Ă grande vitesse Ă deux essieux couplĂ©s. Soit on a une machine avec des roues de 2140 mm et des cylindres de 457rnm de diamĂštre sur 610 mm de course, pesant avec le tender, au dĂ©part, 71 tonnes, soit une machine compound Worsdell Ă roues de 1980 mm, avec deux cylindres, lâun dâun diamĂštre de 457mm et lâautre de 660 rnm avec une course commune de 610mm, et un poids total de la machine et du tender en charge de 81 tonnes. Le dernier trajet de Newcastle Ă Edimbourg est le plus long, reprĂ©sentant 199 km parcourus sans arrĂȘt. Le tender ne contient que litres, ce qui peut suffire si la consommation de la machine ne dĂ©passe pas 68 litres par kilomĂštre, sinon lâart britannique trĂšs maitrisĂ© de la prise dâeau en marche vient remĂ©dier Ă la situation. La gare de York, en 1910, sur le trajet par la cĂŽte est. Avec Newcastle, York est un important relais traction. Les lignes et les gares sont richement dotĂ©es en voies nombeuses assurant un dĂ©bit maximal et des dĂ©parts rapprochĂ©s les cadences sont serrĂ©es. La gare est connue pour sa grande verriĂšre en courbe, trĂšs majestueuse. Sur la cĂŽte ouest, avec lâĂ©lĂ©gant matĂ©riel roulant violet et crĂšme, du London & North Western Railway les couleurs vives des trains ont beaucoup comptĂ© en faveur de lâimage de marque des compagnies. Comme pour les chevaux de course, les parieurs avaient leurs couleurs » prĂ©fĂ©rĂ©es. Sur la ligne occidentale, il faut trois changements de traction pour assurer le service de Londres Ă Edimbourg. On affronte dâabord un trajet de 255 km. sans arrĂȘt et qui est assurĂ©, aussi incroyable que cela paraisse, encore par dâanciennes locomotives type 111 Ă essieux indĂ©pendants et Ă cylindres extĂ©rieurs, construites un quart de siĂšcle plus tĂŽt par Ramsbottom, les bien connues petites locomotives du type Problem Class dont la Lady of the lake» est le premier exemplaire. La prise dâeau en marche, grande pratique anglaise Ă lâĂ©poque, est abondamment utilisĂ©e, vue la faible contenance du tender de ces petites machines et une Ă©tape de 255 km il faut croire que le tender nâemporte presque que du charbon⊠Le second relais de traction conduit le train sur la section accidentĂ©e de Crewe Ă Carlisle, avec un arrĂȘt Ă Preston ici câest au tour dâune locomotive Ă grande vitesse ordinaire, Ă deux essieux couplĂ©s, avec roues de 2000 mm environ, et cylindres intĂ©rieurs de 432 mm de diamĂštre et de 610 mm de course. Elle pĂšse 59 tonnes en charge, tender compris. Enfin, sur le troisiĂšme relais de traction de 164 km., entre Carlisle et Edimbourg, câest une des nouvelles locomotives Ă essieux indĂ©pendants du Caledonian Railway qui affronte les fortes rampes du parcours. Cette locomotive est montĂ©e sur des roues est de 2140 mm, et comporte des cylindres dâun diamĂštre de 457mm et avec une course de 660 mm. La machine pĂšse 42 tonnes en ordre de marche, et le tender 33,5 tonnes. Le poids total, avec le train de 85 tonnes est donc, sur cette section, de 160,5 tonnes. Double traction avec locomotives type 120 du Midland Railway en gare de Carlisle, vers 1890, trajet par la cĂŽte ouest. Un systĂšme ferroviaire au point. Pour permettre Ă des trains Ă dâaussi grandes vitesses et avec sĂ©curitĂ©, il faut une voie parfaitement construite et trĂšs bien entretenue. Il faut aussi un excellent matĂ©riel. Ces deux conditions Ă©tant remplies, le trajet se fait de la maniĂšre la plus agrĂ©able et la moins fatigante pour les voyageurs, comme le remarquent les observateurs Ă©trangers Ă lâĂ©poque. A aucun instant on nâĂ©prouve dans ces trains des oscillations inquiĂ©tantes ou simplement gĂȘnantes, Ă aucun moment on nâa lâimpression que la vitesse est exagĂ©rĂ©e. Les machines roulent bien droit devant elles et sans cahot anormal. Les voyageurs Ă©trangers remarquent lâaisance apparente avec laquelle on fait ce service extraordinaire. ArrivĂ© Ă Edimbourg, on est tout surpris dâavoir fait en si peu de temps et si facilement un aussi long voyage de 632 km. Lâexcellent systĂšme des signaux britanniques, simple et clair, favorise, Ă lâĂ©poque, la vitesse et permet des dĂ©cisions rapides. Il donne toute confiance aux mĂ©caniciens pour la conduite des trains. Les ingĂ©nieurs britanniques prennent beaucoup de soins pour que les signaux soient toujours trĂšs facilement visibles, et visibles de loin autant que possible quitte Ă construire des chandeliers de trĂšs grande hauteur, ils font que ces signaux se dĂ©tachent sur le ciel. Les sĂ©maphores ont lâĂ©norme avantage de donner une indication aussi visible quand la voie est libre que lorsquâelle est fermĂ©e et le systĂšme britannique est que, tous les signaux Ă©tant normalement Ă lâarrĂȘt, le signal Ă voie libre ordonne bien la marche en avant. Enfin, si les signaux sont extrĂȘmement multipliĂ©s dans certaines grandes gares anglaises, la pratique indispensable pour conduire un train, comme pour tout autre travail difficile. apprend aux agents, bien plus vite quâon ne le croit souvent, quels sont les signaux qui les intĂ©ressent dans chaque cas. Tous les signaux de pleine voie sont dâailleurs de deux sortes seulement avec des signaux dâavertissement dits distant signals » et des signaux dâarrĂȘt absolu dit home signals ». Aujourdâhui Boris John dit No, sir » au projet de LGV par la cĂŽte Est, et ne garde que celle de la cĂŽte ouest. Toute honte bue, toute gloire Ă©vanouie, sic gloria transit mundi » comme on dit dans les manoirs de la high society » la gloire ferroviaire britannique dĂ©cline et disparaĂźt. Aujourdâhui le souvenir des anciennes compagnies nâest plus cultivĂ© que chez certains lords passĂ©istes, dĂ©pitĂ©s, et modĂ©listes ferroviaires. Le fringant, volubile, et europhone Bojo vient de donner le coup de grĂące. Le projet de lignes nouveles devant crĂ©er une liaison Ă grande vitesse Londres-Edimbourg se rĂ©duit comme une peau de chagrin et abandonne une des deux lignes reliant Londres au nord du pays. Boris Johnson vient dâabandonner un plan de quelques 96 milliards de livres concernant la construction dâune ligne Ă grande vitesse par la cĂŽte est, mais conserve le projet par la cĂŽte ouest. Une fois encore les fantĂŽmes des anciennes compagnies reviennent et ceux du London, Midland & Scottish » LMS et du London & North Easternâ LNER se sont affrontĂ©s, et, comme dâhabitude, le LMS a gagnĂ©. Pour faire passer la pilule, le gouvernement souligne lâampleur historique » ah bon ? de sa stratĂ©gie intĂ©grĂ©e » pour le rail Câest lâun des plus gros efforts de rééquilibrage entre le sud et le nord du pays dans lâhistoire de tous les gouvernements britanniques », dit le ministre des Transports, Grant Shapps. Boris Johnson a vantĂ© un programme monumental » et des gains massifs pour les usagers des Midlands et du nord du pays » et pour la premiĂšre fois, une liaison Ă grande vitesse reliera Birmingham Ă Nottingham ». Le théùtre des opĂ©rations et du combat est bien le HS2 » pour High Speed 2 », ligne type LGV qui reliera Londres au nord de lâAngleterre. Le dĂ©gĂąt collatĂ©ral concerne un embranchement vers Leeds, qui finalement est supprimĂ©. Seul le trajet traditionnel par la cĂŽte ouest reliant Londres Ă Manchester via Birmingham avec une LGV est maintenu et il est Ă noter que les travaux ont commencĂ© en avril 2020 donc on ne va pas jusquâĂ effacer » le chantier et gommer ce qui est dĂ©jĂ fait. Ce nâest pas tout une LGV de Leeds Ă Manchester, via Bradford dite HS3 » est aussi abandonnĂ©e il est question dĂ©sormais de simple mise Ă niveau de lignes Âexistantes. Depuis son arrivĂ©e au pouvoir en dĂ©cembre 2019, Boris Johnson veut tenir ses promesses faites aux rĂ©gions du centre et du nord et de lâAngleterre, considĂ©rĂ©es comme moins bien dotĂ©es en infrastructures, et il sâagit donc de mieux les relier au Sud-Est du pays qui est restĂ© un leader » Ă©conomique. Lâavenir britannique sera radieux. Les lendemains vont chanter. Promis. JurĂ©, puisque lâ Establishment » conservateur le dit.