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GRÈCEANTIQUE (Histoire) - La GrĂšce antique jusqu'Ă  Constantin. Écrit par Claude MOSSÉ, Nicolas SVORONOS ‱ 11 756 mots ‱ 6 mĂ©dias Rien ne semblait a priori destiner la pĂ©ninsule grecque Ă  ĂȘtre le centre d'une des plus brillantes civilisations de l'histoire, de la premiĂšre surtout qui sut poser les problĂšmes auxquels l'homme n'a pas encore fini de chercher des rĂ©ponses.
RĂ©sumĂ© Plan Texte Notes Citation Auteurs RĂ©sumĂ©s Le premier martyr de la cause protonationale grecque, Rigas Velestinlis, exĂ©cutĂ© Ă  Belgrade par les Ottomans en 1798, a rĂ©alisĂ© en 1797 Ă  Vienne la premiĂšre carte moderne en grec de la GrĂšce. Cette carte est un manifeste politique, oĂč Rigas tente de visualiser l’espace sur lequel il veut crĂ©er un État hellĂ©nique Ă  la fois unitaire et supranational, comprenant tous les Balkans, les principautĂ©s danubiennes et la GrĂšce d’Asie mineure. La mise en Ă©vidence du caractĂšre hellĂ©nique de cet Ă©norme espace se fait par le recours Ă  l’histoire la carte dresse l’état des lieux oĂč la prĂ©sence grecque est attestĂ©e par la mythologie et l’histoire depuis les temps les plus anciens. À l’heure oĂč les Habsbourg et les Russes affirment leurs prĂ©tentions Ă  la succession de l’Empire ottoman, Rigas, encouragĂ© par la prĂ©sence française dans les Ăźles Ioniennes, annonce la candidature de la GrĂšce Ă  cette succession. Rigas’s Map of Greece and the Name of GreeceThe first martyr of the protonationalist Greek cause, Rigas Velestinlis, executed in Belgrade by the Ottomans in 1798, drew up the first modern map of Greece in Greek at Vienna in 1797. This map is a political manifesto, in which Rigas attempted to visualize the space in which he yearned to create an Hellenic state both unified and supranational, comprising all the Balkans, the Danube princedoms and the Greek lands of Asia Minor. The Hellenic character of this vast territory is underscored by historical reference, the map showing all the places where a Greek presence is attested by mythology or history since the earliest times. At a period when the Hapsburgs and the Russians were asserting their claims to the succession of the Ottoman Empire, Rigas, encouraged by the presence of the French in the Ionian islands, announced that Greece too was a candidate to this succession. La carta della Grecia e il nome della GreciaIl primo martire della causa nazionale greca, Rigas Velestinlis, giustiziato a Belgrado dagli Ottomani, ha realizzato nel 1797 a Vienna la prima carta moderna della Grecia. Questa carta Ăš un manifesto politico nel quale Rigas tenta di visualizzare lo spazio sul quale vuole creare uno Stato ellenico nello stesso tempo unitario e supranazionale che includa gli interi Balcani, i principati danubiani e la Grecia d’Asia Minore. La messa in evidenza del carattere ellenico di quell’enorme area avviene mediante la storia la carte elenca i luoghi dove la presenza greca Ăš attestata dalla mitologia e dalla storia dai tempi piĂč remoti. Nell’ora in cui gli Asburgo e i Russi ribadiscono le loro pretese alla successione dell’Impero Ottomano, Rigas, incoraggiato dalla presenza francese nelle isole ionie, annuncia la candidatura della Gecia a questa successione. El primer mĂĄrtir de la causa protonacionalista griega, Rigas Velestinlis, matado en Belgrado por los otomanes en 1798, realizĂł en Viena la primera mapa de Grecia en Griego. Este mapa aparece como un manifiesto polĂ­tico, donde Rigas intenta una visualizaciĂłn del espacio donde quiere crear un estado helenĂ­stico a la vez unitario, supranacional, incluyendo los Balkans, los principados danubianos y la Grecia de Asia menor . El carĂĄcter helenistico de este importante espacio se justifica por la historia el mapa identifica los sitios donde la presencia griega esta atestada por la historia y la mitologĂ­a desde los tiempos los mĂĄs antiguos. Incitado por la presencia francesa en las islas jonias, Rigas afirma las pretensiones de Grecia cuando los Habsbourg y los rusos pretenden a la sucesiĂłn del imperio otoman. Rigas’ Karte von Griechenland und der Name erste MĂ€rtyrer der protonationalen griechischen Sache, Rigas Velestinlis, der 1798 in Belgrad von den Ottomanen erschossen wurde, hat 1797 in Wien die erste moderne in Griechisch verfaßte Karte Griechenlands verfertigt. Diese Landkarte ist ein politisches Manifest, wo Rigas versucht, den Raum sichtbar zu machen, auf dem er einen hellenischen, einheitlichen sowie supranationalen Staat grĂŒnden will Dieser soll den ganzen Balkan, die DonaufĂŒrstentĂŒmer und das Griechenland Kleinasiens einschließen. Um den hellenischen Charakter dieses Riesenraums offenbar zu machen, bedient sich Rigas der Geschichte Seine Karte verzeichnet alle Orte, wo die Anwesenheit der Griechen seit den Ă€ltesten Zeiten durch die Mythologie oder die Geschichte bezeugt ist. Zu einer Zeit, als die Habsburger und die Russen Anspruch auf die Erbschaft des ottomanischen Reiches erhehen, zeigt Rigas, durch die französische PrĂ€senz auf den ionischen Inseln ermutigt, daß sich auch Griechenland um diese Erbfolge de page Texte intĂ©gral 1En 1998, la GrĂšce a commĂ©morĂ© avec Ă©clat le bicentenaire de l’exĂ©cution par les Ottomans, le 25 juin 1798, de Rigas, premier martyr de la cause protonationale grecque1. Comme l’avait montrĂ© le trĂšs riche colloque d’AthĂšnes de 1987 sur La RĂ©volution française et l’hellĂ©nisme moderne2, le mouvement qui a abouti en 1830 Ă  l’indĂ©pendance de la GrĂšce rĂ©sulte d’une prise de conscience qui monte en puissance dans les trois derniĂšres dĂ©cennies du xviiie siĂšcle. Par sa formation et sa vie, Rigas en tĂ©moigne particuliĂšrement. 2Ce qui nous retiendra ici, c’est le fait que, parmi les nombreux documents que Rigas avait rĂ©alisĂ©s avec ses amis de la bourgeoisie grecque de Vienne [l’un des hauts lieux de la conscience hellĂ©nique Ă  cette Ă©poque3] afin de prĂ©parer un soulĂšvement en GrĂšce, il y a une carte, qui est un vĂ©ritable manifeste politique. C’est Ă  notre connaissance un cas unique exprimer par une carte un programme de libĂ©ration4. C’est ce programme que nous allons analyser. Cartouche de la carte de Rigas Charta tĂšs Ellados PrĂ©sentation 3Au milieu du xvie siĂšcle sans doute avant 1543, le Grec Nicolaos Sophianos rĂ©alise la premiĂšre carte de GrĂšce dessinĂ©e par un Grec, Totius Graeciae Descriptio. Comme son nom l’indique, cette carte est en latin, mais le cartouche comporte le mot Ellas. 250 ans plus tard, Rigas est le deuxiĂšme Grec Ă  rĂ©aliser une carte de la GrĂšce, qui cette fois est en grec, et qui s’intitule Charta tĂšs Ellados Rigas met le mot carte au fĂ©minin, ce qui est inhabituel en grec. 4L’aire de la carte de Sophianos est nettement plus vaste que celle de la GrĂšce propre, qui comprenait le PĂ©loponnĂšse, l’Attique, la Thessalie, l’Épire et les Ăźles de la mer ÉgĂ©e et Ioniennes ainsi que les colonies. Celle de Rigas est la mĂȘme, mais y ajoute les pays au nord du Danube. 5Dans sa communication au colloque de Delphes5, qu’il a trĂšs aimablement mise Ă  notre disposition, Georges Tolias distingue trois temps celui de Sophianos, celui de Rigas, et un troisiĂšme dans la pĂ©riode 1875-1915, concernant les cartes de GrĂšce de l’Association pour la diffusion des lettres grecques. Ce troisiĂšme temps correspond Ă  la poussĂ©e maximale de la Grande IdĂ©e Megali Idea, rĂȘve de reconstitution de l’Empire byzantin, en rĂ©alitĂ©, rĂȘve de l’unification des Balkans sous la domination des Grecs, dont la carte de Rigas est une expression en termes rĂ©volutionnaires6. Les trois phases correspondent Ă  des mouvements de diaspora, trait dont nous verrons l’importance. 6Qui est Rigas ? On le trouve nommĂ© Rigas ou Rhigas Velestinlis, de son village natal de Velestino Thessalie, ou Rigas Pheraios, du nom de la ville antique de PhĂšres, situĂ©e sur l’emplacement de Velestino. L’un des neuf plans de villes qu’il a mis sur sa carte est celui de PhĂšres le seul plan qu’il ait dessinĂ© lui-mĂȘme, juste Ă  cĂŽtĂ© du cartouche et au-dessus de celui d’AthĂšnes. 7Rigas est donc un Thessalien, nĂ© vers 1757 on en fait parfois un Valaque7. AprĂšs avoir enseignĂ© dans sa rĂ©gion natale, il se rend Ă  Constantinople, s’occupe de commerce, apprend le français, l’allemand et l’italien, et entre dans les milieux phanariotes. En 1785, il est au service d’Alexandre Ypsilanti et sĂ©journe Ă  Iassi, puis Ă  Bucarest. En aoĂ»t 1796, il s’installe Ă  Vienne et y demeure jusqu’à son dĂ©part pour Trieste en dĂ©cembre 1797. C’est dans cette pĂ©riode qu’il rĂ©alise sa carte. MĂȘme si elle a bĂ©nĂ©ficiĂ© de travaux prĂ©paratoires dans les PrincipautĂ©s Ă  Iassi et Bucarest, Rigas avait travaillĂ© Ă  des cartes de Moldavie et de Valachie, elle a cependant Ă©tĂ© faite trĂšs vite. Ce qui peut expliquer la prĂ©cipitation de ses travaux et son dĂ©part de Vienne, c’est la prĂ©sence française en Italie et dans les Ăźles Ioniennes les espoirs grecs entretenus depuis les annĂ©es 1770 par les Russes, ainsi que par les Habsbourg, ont Ă©tĂ© déçus et sont en train de se reporter sur les Français. 8Rigas quitte Vienne pour aller en GrĂšce avec un matĂ©riel destinĂ© Ă  prĂ©parer un soulĂšvement [carte, constitution, manuel militaire, portrait d’Alexandre, Thourios8]. DĂ©noncĂ© Ă  Trieste, il est arrĂȘtĂ© par les Autrichiens qui en mai 1798 le remettent aux autoritĂ©s ottomanes de Belgrade. Dans la nuit du 24 au 25 juin, Rigas et six de ses compagnons sont exĂ©cutĂ©s et jetĂ©s dans le Danube. L’évĂ©nement est connu – le Moniteur parle de l’arrestation9 –, Rigas est le premier martyr de la cause grecque moderne, et reconnu comme tel jusqu’à nos jours10. 9Le plan de Constantinople premiĂšre feuille, sortie Ă  Vienne en aoĂ»t 1796, la Thessalie et les PrincipautĂ©s danubiennes, surtout la Valachie autour de Bucarest, sont les points forts de la carte, liĂ©s Ă  sa propre vie. Deux de ces espaces, Constantinople et la Valachie, sont excentrĂ©s par rapport Ă  la GrĂšce proprement dite, celle de l’AntiquitĂ©, qui par les noms figurant sur la carte est son thĂšme central. 10Cette importance donnĂ©e Ă  des espaces pĂ©riphĂ©riques correspond Ă  l’idĂ©ologie des Phanariotes. Ils vivent au Phanar, quartier grec d’Istanbul, occupent le poste de grand drogman interprĂšte de la Porte dĂšs la fin du xviie siĂšcle, jouant ainsi un rĂŽle clef dans la politique extĂ©rieure de l’Empire ottoman, sont fortement liĂ©s au patriarcat qui rĂšgne sur l’orthodoxie dans l’Empire, et Ă  partir du dĂ©but xviiie sont hospodars gouverneurs des PrincipautĂ©s danubiennes – Valachie et Moldavie. Jusqu’aux annĂ©es 1810, douze familles se partagent l’hospodariat, dont neuf grecques, deux roumaines et une albanaise. Ces princes phanariotes sont liĂ©s Ă  la Russie et mĂšnent un double jeu, servant les projets grecs des tsars, surtout CatherineII ses petits-fils sont prĂ©nommĂ©s Alexandre et Constantin dans les annĂ©es 1770-1790. La Russie caresse alors l’idĂ©e d’un empire grec orthodoxe prenant la suite des Ottomans. C’est le cadre de la formidable extension donnĂ©e par Rigas Ă  l’espace hellĂ©nique sur lequel il envisage d’établir un État. Cet État dĂ©borde mĂȘme l’aire des Phanariotes, puisqu’il comprend la Bosnie, la Serbie et l’Albanie. 11Pour comprendre les buts de Rigas et introduire Ă  l’analyse de sa carte, il faut dire un mot de son projet d’État d’aprĂšs sa constitution, qui est le dĂ©calque des constitutions françaises de 1793 et 179511. C’est un État hellĂ©nique terme sur lequel on reviendra, dans lequel tous les citoyens sont Ă©gaux indĂ©pendamment de leur appartenance ethnique, de leur langue, de leur religion. C’est un État unitaire, un et indivisible. C’est l’idĂ©e d’un État qui comprend tout ce qu’on appelle les Balkans plus la future Roumanie. Cependant l’élĂ©ment grec y est dominant, aussi bien quant Ă  l’appartenance ethnique tout Grec, oĂč qu’il vive, est citoyen potentiel et Ă  la langue, qui sera celle de l’État et de la culture12. Aussi l’essentiel de cette carte, le cƓur de son message, est le fait qu’elle soit en grec et privilĂ©gie massivement le vocabulaire grec, les noms propres grecs et l’histoire grecque antique, la seule histoire – avec quelques Ă©lĂ©ments d’histoire romaine – prĂ©sente sur la carte avec une exception notable la dĂ©faite des Serbes Ă  la bataille du champ des Merles au Kossovo en 1389, transformĂ©e en victoire avec la mention du tombeau du sultan Mourad, parce que le chef des ennemis y a Ă©tĂ© tuĂ©. 12Le but de Rigas, c’est de transformer cet espace en territoire. Et cette transformation, il la tente par le dĂ©tour du passĂ©, du recours Ă  l’AntiquitĂ© grecque glorieuse. Nous ne pouvons donner ici que de brĂšves indications sur ce recours Ă  l’AntiquitĂ©, en soulignant que pour l’essentiel elle est due aux LumiĂšres françaises, notamment dans les PrincipautĂ©s danubiennes, oĂč l’enseignement de la langue et de la littĂ©rature française se dĂ©veloppe fortement dans la seconde moitiĂ© du xviiie siĂšcle. 13Mais surtout il y a la cartographie française. L’association ancien-moderne est un trait capital du xviiie siĂšcle français cela avait commencĂ© au xviie et mĂȘme au xvie. Comme l’a soulignĂ© Mireille Pastoureau, d’Anville considĂšre qu’une bonne carte moderne est une Ă©tape vers une bonne carte historique13. Comme nous le verrons, l’original de la carte de Rigas est Ă  chercher chez Guillaume Delisle. Mais plus prĂšs de Rigas, il y a une source directe et essentielle c’est l’édition en 1788 du Voyage du jeune Anacharsis, de l’abbĂ© BarthĂ©lemy, l’un des plus gros succĂšs de la fin du siĂšcle et du xixe14, dont Rigas Ă  Vienne traduit l’un des volumes sept en tout. Officiellement, la carte est faite pour illustrer cet ouvrage c’est indiquĂ© sur le cartouche. Rappelons que c’est le voyage d’un Scythe donc un Barbare, Anacharsis, en compagnie d’un noble thĂ©bain devenu esclave Ă  la suite d’une guerre, mais affranchi ; ils partent en 363 et reviennent en 338, date remarquable ChĂ©ronĂ©e, victoire de Philippe sur AthĂšnes-ThĂšbes, fin de la GrĂšce propre indĂ©pendante. L’itinĂ©raire dĂ©marre en CrimĂ©e, passe par Constantinople, la Thessalie, l’Épire, l’Attique, le PĂ©loponnĂšse et l’Asie Mineure donc exclut les PrincipautĂ©s, la MacĂ©doine, et les rĂ©gions Ă  l’ouest et au sud de Belgrade. Comme illustrateur en cartes du Voyage, il y a BarbiĂ© du Bocage, qui par son travail cartographique joue un rĂŽle clef dans l’émergence de la GrĂšce ancienne-moderne15. 14La carte de Rigas n’a guĂšre jouĂ© de rĂŽle aprĂšs sa publication, car elle a Ă©tĂ© victime de la rĂ©pression de 1798. Pourtant, les Grecs de Vienne y tenaient puisque Antime Gazi, desservant d’une paroisse orthodoxe de Vienne, en donne en 1800 une version simplifiĂ©e, mais avec la Grande GrĂšce et Chypre G. Tolias indique que c’est la premiĂšre fois que Chypre figure sur une carte de GrĂšce. Ce qui est curieux, c’est que BarbiĂ©, trĂšs liĂ© Ă  des gĂ©ographes grecs [dont Daniel PhilippidĂšs16] a eu connaissance de la carte d’Antime Gazi17, qui en est la copie, mais pas de celle de Rigas. 15RĂ©sumons les Ă©lĂ©ments de la question. 161 Une conscience hellĂ©nique de plus en plus vive depuis les annĂ©es 1770. D’abord liĂ©e aux Russes et aux Autrichiens, elle se tourne vers les Français, surtout lorsqu’ils prennent pied dans l’espace grec Ă  l’étĂ© 1797, avec l’expĂ©dition envoyĂ©e de Venise par Bonaparte pour prendre les Ăźles Ioniennes. 172 Une forte prĂ©sence des Grecs, mais Ă  la pĂ©riphĂ©rie de la GrĂšce propre. Constantinople, Bucarest, Iassi, Vienne, Trieste, Odessa, Marseille, etc. Il y a eu une Ă©norme Ă©migration de Thessalie et de MacĂ©doine au cours des xviie-xviiie siĂšcles. Constantinople Ă  la fin du xviiie siĂšcle a 700000 habitants, dont seulement 200000 Turcs. À cette Ă©poque AthĂšnes a entre 6000 et 8000 habitants. Salonique n’aura 72000 habitants qu’au milieu du xixe. Ces Grecs diasporiques s’enrichissent la marine de commerce se dĂ©veloppe fortement18, et l’inspiration intellectuelle puis politique française avive leur dessein de s’émanciper. 183 Quel sera le cadre de cette Ă©mancipation ? Au temps de Rigas, c’est celui de la conscience phanariote, c’est-Ă -dire celui de l’Empire ottoman qui n’est donc pas rĂ©pudiĂ© mais vouĂ© Ă  passer sous la direction des Grecs. Car les autres, Slaves et Roumains, sont peu avancĂ©s et alors peu connus en Europe occidentale mais au moment oĂč Rigas conçoit son projet d’État balkanique, la situation est en passe de changer les Serbes vont entrer en insurrection en 1804 et au dĂ©but du xixe siĂšcle les Phanariotes perdent la direction des PrincipautĂ©s danubiennes au profit d’autochtones, sous contrĂŽle russe. 19Ce que cherche donc Rigas, c’est Ă  signifier et Ă  spĂ©cifier comme hellĂ©nique un espace qui comprend bien d’autres Ă©lĂ©ments. Voyons comment la carte traduit ce projet. Carte de Rigas dimensions rĂ©elles – Partie centrale de la feuille 5 l’ouest de la Thessalie 1. L’Olympe – 2. Les Lapithes – 3. Les Centaures avec le nom des Karagounes – 4. L’Ossa avec la vallĂ©e du TempĂ© au-dessus – 5. Pharsale en dessous oĂč CĂ©sar a vaincu PompĂ©e » – 6. PhĂ©ra-Velestinos – 7. Le PĂ©lion – 8. Mileai ville natale de Gazi – 9. La localitĂ© de Hellas Les neuf points sont sĂ©lectionnĂ©s par les auteurs de l’article et n’ont qu’une valeur illustrative. Analyse de la carte 20Cette carte est un monument de 4 mĂštres carrĂ©s, divisĂ©e en douze feuilles19. Elle se prĂ©sente comme profuse et confuse. Son Ă©tude gĂ©ographique et historique dĂ©concerte mais permet de passer Ă  une lecture au second degrĂ© et d’avancer une problĂ©matique. On vient de dire que Rigas veut unifier ce qui ne l’est pas, et il apparaĂźt en effet que avec cette carte, exceptionnelle par sa surcharge, Rigas veut dĂ©montrer que cet espace est homogĂšne. Notre travail sera donc de dĂ©cortiquer » ce riche ensemble pour dĂ©gager les procĂ©dĂ©s qui veulent convaincre, et la volontĂ© politique qui est derriĂšre. Nous le ferons Ă  travers cinq Ă©clairages. Les Ă©lĂ©ments gĂ©nĂ©raux de la carte 21Si Rigas a pu faire en six mois un tel travail, c’est qu’il a pris comme matrice deux cartes de Guillaume Delisle20, intitulĂ©es Graeciae Antiquae tabula nova septentrionalis et meridionalis 170721. La simple comparaison des cartes de Delisle et de celle de Rigas le montre amplement22 et BarbiĂ© du Bocage nous le confirme. Dans un article du Magasin encyclopĂ©dique de 1801, il prĂ©sente avec sympathie au public français les travaux des gĂ©ographes grecs23 et il Ă©crit 
 En gĂ©ographie, ils ont dĂ©jĂ  fait plus que traduire des livres, ils ont traduit des cartes
 ». On y voit exprimĂ© tout ce que fournit la GĂ©ographie de Meletius24. Malheureusement le plan de cette carte est devenu un peu ancien c’est celui de la carte de Delisle auquel on a ajoutĂ© les parties septentrionales de la Turquie. » 22Sa phrase s’applique Ă  l’Ɠuvre de Rigas par Gazi interposĂ©. Retenons donc les aides qu’il prĂȘte Ă  Rigas Delisle et la GĂ©ographie de Meletius, que BarbiĂ© posssĂšde dans sa bibliothĂšque. Quant Ă  nous, nos fils conducteurs sont Meletius, l’abbĂ© BarthĂ©lemy, le dictionnaire de Bruzen de La MartiniĂšre25, et plus encore Delisle lui-mĂȘme. 23Puisque traducteurs il y a, cette fonction implique libertĂ©. Rigas puise Ă  pleines mains mais pour servir ses propres buts. D’oĂč quelques remarques. 24Premier point. La carte de Delisle indique un grand nombre de peuples anciens, que Rigas reprend tous, soit un total de 159 122 sur Delisle, plus 37 pour les feuilles du haut. Cette implantation cartographique permet mieux qu’un commentaire nourri de littĂ©rature ancienne de les juxtaposer Ă  Ă©galitĂ©, sans souci de leur rĂ©putation de civilisĂ©s ou de barbares au sens que les Grecs donnent au mot. Rigas utilise cependant souvent, en plus, le cadre administratif moderne. 25DeuxiĂšme point. Rigas agrandit Delisle antique en latitude et lui fait gagner trois degrĂ©s vers le nord, ce qui Ă©tend l’espace qu’il veut signifier comme hellĂ©nique. Sa longitude est celle de la GrĂšce moderne de Delisle. 26TroisiĂšme point. Ses intentions sont annoncĂ©es dans le cartouche. Pourquoi l’a-t-il partiellement modifiĂ© ? Ceux des cartes de la fin du xviiie siĂšcle montrent une GrĂšce esclave et enchaĂźnĂ©e26, celle de Delisle donne une GrĂšce plus glorieuse, personnifiĂ©e sous les traits de la Science EpistĂ©mĂ© qui prĂ©sente ses villes, ses flottes, signes de petits États indĂ©pendants, mais aussi ses jeux, lieux de rassemblement et de paix. Rigas figure Deucalion et Pyrrha, hĂ©ros de la rĂ©gion de PhĂšres, et surtout, Ă  la place des deux philosophes de Delisle, il met HĂ©raklĂšs, brandissant sa massue pour massacrer HippolitĂ©, reine des Amazones. Ce combat mythique se situe en Cappadoce, illustration de l’hellĂ©nisme en lutte contre les peuples de l’Orient, idĂ©e constante de la carte. 27L’extension du territoire mentionnĂ© sur le cartouche va jusqu’à l’Unna, le Danube et la Save, la GrĂšce et une partie de ses nombreuses colonies ». Rigas utilise le mot apoikia. C’est un mot que l’abbĂ© BarthĂ©lemy avait longuement commentĂ©27, Ă  propos d’une GrĂšce pauvre, qui avait besoin d’espace – ce que Rigas actualise au maximum dans sa visĂ©e phanariote. Apoikia suggĂšre des États indĂ©pendants, diffĂ©rents des clĂ©rouquies », les colonies de l’empire athĂ©nien. 28QuatriĂšme point. La carte est bordĂ©e, en haut et en bas, d’une liste de noms de souverains. C’est un subtil ajout personnel de Rigas, qui comporte 270 noms. 114 concernent la GrĂšce indĂ©pendante, dans l’ordre alphabĂ©tique hĂ©ros mythiques, Ă©crivains, gloires militaires sans oublier Jason, tyran de PhĂšres. Ils sont intrinsĂšquement liĂ©s Ă  la carte la plupart se retrouvent dans les phrases de commentaires qui la parsĂšment28. Puis, comme le dit Rigas sur la carte, viennent ceux qui ont effectivement rĂ©gnĂ© sur la GrĂšce » Alexandre et les quatorze PtolĂ©mĂ©es, la derniĂšre Ă©tant ClĂ©opĂątre. C’est a priori surprenant, puisque seul le fondateur de cette dynastie qui a rĂ©gnĂ© sur l’Égypte est MacĂ©donien. Puis avec une croix latine il introduit Rome, mais seulement avec Auguste, en -31 la conquĂȘte romaine est escamotĂ©e. Trente-six empereurs romains succĂšdent Ă  Auguste. L’empire d’Orient puis l’empire byzantin en prĂ©sentent quatre-vingt-un. On continue avec le Croissant, aprĂšs une ligne qui Ă©voque le jour de deuil des Grecs Ă  propos du sultan MĂ©hĂ©met, celui qui a ravagĂ© la Ville » en 1453. Il est suivi de vingt-trois sultans jusqu’à SĂ©lim III, le contemporain de Rigas. 29La phrase que nous venons de citer est reprise en Ă©cho triste sur le plan de Constantinople. Sous le Lion, qui reprĂ©sente la puissance ottomane comme le faisceau d’armes et le turban, il y a une piĂšce Ă  l’effigie de Constantin PalĂ©ologue, le dernier empereur grec, puis un mot Et nous fĂ»mes asservis ». 30Nous avons dit Ă  propos du cartouche et du cadre les intentions sont annoncĂ©es ». Elles nous ont conduit Ă  un message politique aussi fort qu’il est implicite, et masquĂ© par la profusion de la carte. La Thessalie 31Ce n’est pas la rĂ©gion la plus cĂ©lĂšbre de la GrĂšce dans nos souvenirs de l’AntiquitĂ©. Mais Rigas est thessalien et il nous offre une Thessalie porteuse de germes il y place un maximum d’informations historiques et mythologiques29, pour mettre en Ă©vidence le lien indissoluble entre un passĂ© glorieux et un prĂ©sent Ă  transformer en continuitĂ© avec l’ancien. 32Elle est bien dĂ©limitĂ©e, comme chez Delisle. Elle couvre les deux-tiers de la feuille 5 qui est en position centrale sur la carte, avec son cadre de montagnes le Pinde, l’Olympe, le PĂ©lion, l’ƒta, et la vallĂ©e paradisiaque du TempĂ©. 33Elle rassemble 14 peuples, qui permettent de retrouver les strates de la longue histoire qui caractĂ©rise ce pays. DĂ©jĂ  Pline avait remarquĂ© que la Thessalie changeait constamment de nom selon les rois qui la gouvernent ». La MartiniĂšre confirme Aux Thessaliens on donne le nom de Centaures, puis une succession de noms Æmonia HĂ©monie quand elle est envahie par les PĂ©lasges, Hellas, Argos, Dryopia ». Or tous ces noms sont lĂ  sur la carte – encore une fois comme Ă  Ă©galitĂ© –, Ă©vocateurs du soubassement lĂ©gendaire grec. 34Rigas fait sortir de sa Thessalie un passĂ© mythologique/historique les Centaures et les Lapithes ; deux gĂ©nĂ©alogies qui culminent sur Hellen et Hellas ; les Argonautes, que Jason emmĂšne chercher la toison d’or en Colchide encore un symbole de l’hellĂ©nisme conquĂ©rant et mythique, puisque OrphĂ©e est l’un des rameurs de la barque des Argonautes ; la patrie d’Achille, roi des Myrmidons, est en AchaĂŻe, façon de rĂ©fĂ©rer Ă  la guerre de Troie ; LĂ©onidas aux Thermopyles, bataille des guerres mĂ©diques, renforcĂ©e par un plan tirĂ© du Jeune Anacharsis mais sans citer BarbiĂ© ; Philippe est lĂ  aussi, Rigas indique MĂ©thone oĂč Philippe reçut dans l’Ɠil la flĂšche qui le rendit borgne », sans faire allusion au siĂšge qu’il fit de cette ville en -353 ; la bataille de Pharsale oĂč CĂ©sar a abattu PompĂ©e » puisque c’est une bataille entre Romains, Rigas peut la figurer. 35Il Ă©voque aussi le prĂ©sent au pied du PĂ©lion, il met les Karagounes, peuple moderne, sĂ©dentaire, grĂ©cophone, en contact avec les bergers valaques plus nomades. Au pied de l’ƒta, il met les Lidoriki et les Krabari, qui sont aussi des donnĂ©es actuelles. Il y a une rĂ©fĂ©rence aux hauts lieux de l’orthodoxie les monastĂšres des MĂ©tĂ©ores30 et du mont Athos. 36Un Thessalien se devait d’ĂȘtre complet sur sa propre rĂ©gion, dĂ»ment prĂ©sentĂ©e comme matrice de la GrĂšce assurĂ©ment, il l’a Ă©tĂ©. Avec mĂȘme une pointe de patriotisme local, il fait figurer dans la liste du haut de la carte les deux Jason, celui des Argonautes et le tyran de PhĂšres qui, quarante ans avant Philippe, a voulu unir les Grecs contre les Perses. La MacĂ©doine et le problĂšme des montagnes 37Ces montagnes de la MacĂ©doine en PĂ©onie et de la Thrace le Balkan sont un endroit stratĂ©gique essentiel pour Rigas, car elles l’obligent Ă  affronter le difficile problĂšme de la jonction entre l’espace grec et l’espace danubien. Les cartes imposaient depuis le xve siĂšcle une Catena Mundi, chaĂźne continue barrant l’espace de la cĂŽte dalmate Ă  la mer Noire, donnant l’impression d’une puissante coupure par rapport au reste de l’Europe31. Avec ses noms de l’AntiquitĂ©, cette chaĂźne figure sur les cartes de Sophianos et de Delisle. À partir d’un nƓud orographique le Scardus, la branche orientale va vers la mer Noire par les monts Orbelus, Scomius, Hemus avec en annexe vers le sud les monts Berthiscos, le PangĂ©e, l’énorme Rhodope. La branche occidentale arrive Ă  la cĂŽte dalmate par les monts KrĂŽton et BorĂ©e. 38Rigas reprend ce schĂ©ma, mais d’une maniĂšre plus confuse et significative, car il lui faut supprimer cette barriĂšre. Il va morceler la chaĂźne infranchissable Ă  l’aide de noms diffĂ©rents, et Ă©largir les vallĂ©es. Il est aidĂ© en cela par les tendances qui Ă©mergent dans la gĂ©ographie du temps, celle des bassins de Buache32. Allant dans le mĂȘme sens, La MartiniĂšre exprime en 1768 des positions thĂ©oriques intĂ©ressantes. Voyons briĂšvement deux de ses citations 39L’Hemus Les modernes ne conviennent pas sur le nom que porte actuellement cette montagne de Thrace. Laonic la nomme Prasovo, les Italiens, d’aprĂšs Pinet, Catena del mondo et Monte Argentaro. Les Turcs l’appellent le Balkan, et les Esclavons Cumowicz. Le mĂȘme Pinet, dans sa traduction de Pline, dit aussi monts de Castegnas ». De sorte qu’à l’unique Hemus de Delisle se substituent quatre noms alignĂ©s par Rigas l’Hemus antique, le Kostegnas de Pinet, le Balkan des Turcs et le Kumanitza des Esclavons. La barriĂšre commence Ă  s’ouvrir ! 40L’Orbelius La MartiniĂšre donne la localisation traditionnelle au nord de la MacĂ©doine, entre PĂ©onie au midi, Scordisques au nord, DentĂ©lĂštes Ă  l’orient », et en propose une seconde ou pour s’exprimer de façon moins sujette aux rĂ©volutions, entre l’Axius au couchant, le Strymon au levant, Ă  l’orient d’Uscupia ». Le terme de rĂ©volution fait ici rĂ©fĂ©rence aux dĂ©bats entre cartographes classiques, qui Ă©tablissent la topographie cartographique Ă  partir des lectures de PtolĂ©mĂ©e, HĂ©rodote, Strabon et autres, et les efforts modernes pour Ă©tablir un critĂšre de fixitĂ© gĂ©ographique, qui serait donnĂ© par les fleuves comme facteurs naturels d’oĂč l’importance de la thĂ©orie de Buache33. C’est bien ce que feront Humboldt et Ritter. En somme, le grand intuitif qu’était Rigas avait Ă  sa maniĂšre anticipĂ© la connaissance qu’apportera le xixe siĂšcle 41Rappelons quelques jalons de la connaissance de l’orographie de la rĂ©gion, en nous rĂ©fĂ©rant Ă  la GĂ©ographie universelle de Vidal de la Blache tome VII, 2e partie. Le nom moderne de Balkan se trouve dĂ©jĂ  en 1757 dans le Grand Atlas de Robert de Vaugondy. Gatterer, historien et gĂ©ographe, prĂ©curseur de l’école allemande moderne, est l’auteur d’un TraitĂ© de gĂ©ographie, paru en 1775 Ă  Göttingen, oĂč il cherchait dans la gĂ©ographie physique les divisions naturelles du globe, particuliĂšrement dans les lignes du relief. Il obtint une pĂ©ninsule pyrĂ©nĂ©enne », une alpine », une pour les pays au nord et au sud de l’Hemus. C’est le gĂ©ographe allemand Zeune qui le premier, en 1808, employa l’expression pĂ©ninsule des Balkans », dont il dĂ©tache un Karpatenland, division qui ne sera pas retenue par la suite. En 1828, les Russes s’y aventurent pour la premiĂšre fois ; en 1840, Ami BouĂ© en commence l’étude scientifique ; en 1867-1869, le voyageur cartographe Guillaume Lejean34 mĂšne trois campagnes ; de 1860 Ă  1881, l’Autrichien Kanitz35, son ami plus heureux, en fait dix-huit, pour constater qu’il n’y pas de chaĂźne centrale, mais un axe formĂ© par les deux vallĂ©es de la Morava et du Vardar ex-Axius, oĂč l’on peut faire passer un chemin de fer. À la fin du siĂšcle, on passera du Balkan, montagne au sud du Danube, aux Balkans, dĂ©signation de l’ensemble de la pĂ©ninsule36. 42AprĂšs la gĂ©ographie physique qui a tendance Ă  se moderniser, la gĂ©ographique historique fonctionne Ă  plein chez Rigas dans cette zone difficile et pourtant dĂ©cisive jusqu’à nos jours. Quelle tentation de sortir de ces plaines minuscules et de ces montagnes pour aller vers les vastes plaines du monde danubien ! Or Rigas doit absolument remplir cet espace qui fait jonction entre sa Thessalie et sa Valachie. Que lui apporte l’histoire ? Un espace amĂ©nagĂ© au sud par les Grecs, au nord par les Romains et mille fois envahi dans l’histoire. AprĂšs avoir sur le plan gĂ©ographique tentĂ© de mettre en Ă©vidence la continuitĂ©, il faut maintenant prouver l’unitĂ©. On trouve la clef de sa dĂ©marche sur la feuille 5, en BĂ©otie, dans une phrase-message ChĂ©ronĂ©e oĂč a vĂ©cu Plutarque ». Or ChĂ©ronĂ©e, c’est surtout la victoire de Philippe en 338 sur les Grecs trop tard unis. C’est lĂ  qu’Anacharsis rebrousse chemin vers sa Scythie, plutĂŽt que de voir une GrĂšce Ă©crasĂ©e
 Rigas prĂ©fĂšre donc Ă©voquer Plutarque, l’auteur des Vies parallĂšles des hommes illustres de la GrĂšce et de Rome. Rigas fait sa dĂ©monstration sur deux plans 43–Il aligne une quarantaine de peuples barbares » qu’il trouve chez Delisle, qui ne semblent pas avoir d’histoire. Sauf un les Graii, entre Scomios et PangĂ©e, dont il faut apprĂ©cier l’intĂ©rĂȘt Ă©tymologique. Ce nom trĂšs rare, et pour cause, dans la littĂ©rature grecque il est tardivement attestĂ© en grec, est pourtant celui qui a Ă©tĂ© empruntĂ© par les Romains pour donner Graecus, Graecia. Il a subsistĂ© dans toutes les langues romanes37. Ni Meletius, dans la prĂ©face de sa GĂ©ographie, ni les Grecs actuels ne semblent aimer le poids qu’il a pris. Delisle le mettait, Rigas le tolĂšre. 44–Il oublie volontairement beaucoup de choses. Les MacĂ©doniens sont-ils des Grecs ? Sa rĂ©ponse est donnĂ©e par le fait qu’il oublie » ChĂ©ronĂ©e. Que fait-il de la conquĂȘte romaine ? Nous avons vu qu’elle n’apparaĂźt pas dans le cadre chronologique. Sur la carte, il faut bien chercher pour en trouver un indice assez glorieux » pour ĂȘtre acceptable les quatre Basileia ». Dans la grande MacĂ©doine englobant la moitiĂ© de l’Illyrie Ă  l’ouest, la moitiĂ© de la Thrace Ă  l’est, et influençant le sud de la pĂ©ninsule, c’est-Ă -dire celle des conquĂȘtes de Philippe, jusqu’au malheureux PersĂ©e vaincu par Paul Émile en -168, Rome dĂ©coupe quatre Regio »38. C’est le terme qui figure chez Delisle. Elles deviennent quatre Basileia chez Rigas, avec leur autonomie et chacune une capitale. Peu importe pour lui qu’en -148 une rĂ©volte les ramĂšne au rang de provinces romaines. Ces Ă©phĂ©mĂšres basileia sont donc une maniĂšre dĂ©licate, minimale, d’évoquer la conquĂȘte, de la suggĂ©rer. Rome ensuite franchit le Scardus et l’Orbelius, et Ă©crase les Scordisques. Il faudra encore une centaine d’annĂ©es pour achever sous Auguste la maĂźtrise de cet espace. Mais toutes ces pĂ©ripĂ©ties sont gommĂ©es, l’histoire est lissĂ©e, la conquĂȘte romaine est transformĂ©e en un mouvement qui porte l’hellĂ©nisme en MĂ©sie, grande rĂ©gion de l’Europe ancienne, plaine longue de 900 km et large de 200, limitĂ©e entre Save et Danube au Nord, Scardus/Orbelius au sud, Drin Ă  l’ouest, Pont-Euxin Ă  l’est. 45Rigas a ainsi mis en Ă©vidence le fait que les Provinces danubiennes font bien partie intĂ©grante du monde hellĂ©nique. Il a retournĂ© la conquĂȘte romaine du monde grec en expansion de l’hellĂ©nisme. Les principautĂ©s danubiennes 46Rappelons qu’avec la Thessalie, c’est la deuxiĂšme rĂ©gion dont il a une connaissance personnelle et c’est lĂ  qu’il a fait l’essentiel de sa carriĂšre ». 47La carte est dominĂ©e par l’arc des Carpates, et par un majestueux Danube servi par ses grands affluents Drave, Save, Tisza, Morava, Jiul, Olt, Argesh, Dimbovitza, Gialomitza, Bouzaion, Pruth. Deux noms ont une taille de caractĂšres qui les met en Ă©gale valeur blaxia/valachie, daxia/dacie, l’un actuel, l’autre antique. 48Depuis le dĂ©but du xviiie siĂšcle, il y avait en Transylvanie de nombreux travaux sur les origines latines de la Dacie conquise sous Trajan en 106, elle est la premiĂšre province abandonnĂ©e par AurĂ©lien en 276. Tout le siĂšcle avait connu une forte Ă©migration transylvaine vers les PrincipautĂ©s. À la fin du siĂšcle, une Ă©cole philologique et historiographique39 s’efforçait de mettre en Ă©vidence l’unitĂ© latine de la future Roumanie. IntĂ©grer l’ensemble Transylvanie-Moldavie-Valachie, en voie de formation commune sur une base de latinitĂ©, dans le projet hellĂ©nique de Rigas Ă©tait donc d’une importance capitale. 49La carte de Rigas donne le foisonnement habituel des peuples, des plus anciens Theuriskoi, Iazyges, Peukinoi, qui Ă©taient dans l’AntiquitĂ© des Daces nomades, aux plus contemporains. Rigas n’a plus ici le soutien mĂ©thodique de Guillaume Delisle et il ne peut plus mettre ses pas dans ceux du grand cartographe. Mais il a la chance de pouvoir utiliser la carte que Ruhedorf a publiĂ©e en 178840, Ă  Vienne, chez Muller, le mĂȘme graveur que pour la sienne. 50Une surprise attend les gĂ©ographes aux Cartes et Plans de la BNF une carte autographe de Rigas, carte manuscrite de la Valachie. Nous remercions M. Georges Tolias de nous avoir signalĂ© l’étude de Mme Anna AvramĂ©as, Carte manuscrite de la Valachie, autographe de Rigas »41. Elle y a dĂ©couvert un relevĂ© Ă  la main de Rigas, simplifiĂ©, d’aprĂšs Ruhedorf c’est un manuscrit Ă©mouvant, parce qu’une Ă©tude graphologique permet d’attribuer la paternitĂ© de ce calque Ă  Rigas. C’est surtout un manuscrit utile pour comprendre sa façon de travailler. Dans un premier temps, sur un calque, il a parfaitement retracĂ© fleuve et affluents. Dans un deuxiĂšme temps, il recopie les dix-huit chiffres romains par lesquels Ruhedorf avait Ă©tiquetĂ© sous le nom de districtus les judicetes circonscriptions administratives que l’on retrouve dans la Roumanie des xixe et xxe siĂšcles Mechaedintzi, Romanitzi, Dimbovitza, Ialomitza, etc.. 51Il faut seulement remarquer qu’à la date oĂč il fait sa carte 1788, Ruhedorf prend ses dĂ©sirs pour des rĂ©alitĂ©s, et distingue deux cas dix-huit districts forment une Valachia Austriaca dicta, sur la rive gauche de l’Olt, et quatre districts sont dits Valachia Turcica. Certes le traitĂ© de Passarowitz 1718 avait donnĂ© la rive droite de l’Olt – l’OltĂ©nie – Ă  l’Autriche, mais elle avait Ă©tĂ© rendue aux Turcs en 1739, cette subdivision avait donc cessĂ© d’ĂȘtre valable. La rĂ©gion turque est confiĂ©e par le sultan Ă  l’hospodar Alexandre Ypsilanti. 52Rigas est donc plus exact que Ruhedorf pour les frontiĂšres politiques, mais il utilise la typographie de façon trĂšs spĂ©ciale. Il fait sur son calque un tableau des noms latins de la carte de Ruhedorf villes, villages, monastĂšres, qu’il numĂ©rote, puis il les transpose, en grec, sur sa carte. Il traduit de mĂȘme les noms de peuples. Il y ajoute ses petites phrases, et surtout il morcelle, en les mettant sur plusieurs lignes, les noms de ces peuples non grecs de la les rend trĂšs difficiles Ă  lire et Ă  identifier. 53Pourquoi est-il si clair sur son calque et si confus sur sa carte ? Il est Ă©vident qu’ici plus qu’ailleurs, il brouille les cartes la comparaison du calque et de la carte nous offre donc un remarquable Ă©clairage sur son processus d’hellĂ©nisation forcĂ©e d’un espace non grec42. 54Ajoutons qu’il emprunte » aussi Ă  Ruhedorf sa lĂ©gende, son tracĂ© des routes caravaniĂšres, et concluons Ă  l’utilisation intelligente, certes, mais inavouĂ©e de Ruhedorf qu’il traduit comme il l’a fait pour Guillaume Delisle, peut-ĂȘtre encore plus mĂ©thodiquement. 55Rigas n’élimine pas les traces de la prĂ©sence romaine il figure la route de Trajan, parallĂšle Ă  l’Olt, montant du Danube vers Rumnix, et les fondements du pont de trajan » Ă  SĂ©verine. Mais ces Ă©lĂ©ments sont noyĂ©s dans une profusion d’autres Ă©lĂ©ments Sarmigetusa, capitale de DĂ©cĂ©bale » vaincu par Trajan, l’administration des hospodars grecs le canal construit par Alexandre Ypsilanti » et il indique Ă  Tsernaboda la patrie de Joseph Mesodaces43, homme des lumiĂšres ». Il multiplie les routes de caravanes, si essentielles pour l’enrichissement de la bourgeoisie grecque. La seule ville mise en Ă©vidence est Bucarest, ville que Rigas peut Ă  juste titre considĂ©rer comme un important foyer de diffusion de l’hellĂ©nisme. Il mentionne aussi les guerres contemporaines44. 56Ensuite, on arrive en Thrace, aux confins barbares, au monde inquiĂ©tant des steppes. LĂ , Rigas mĂȘle peuples anciens et modernes. Suivons sa carte, en compagnie de La MartiniĂšre. 57– Anciens Britolages et MassagĂštes nomades pour HĂ©rodote et Strabon », GĂštes ancien peuple de Scythie ou Tartarie que Cyrus, Darius et Alexandre tentĂšrent vainement de dompter » et Teukinoi des Sarmates qui n’ont pas de villes ». 58–Moderne s en Bessarabie, il met des Tartares Budziaks environ 30000, rĂ©putĂ©s les plus mĂ©chants qu’on puisse trouver, indomptables aux Turcs », il met aussi ceux de Dobroujda, dont les Turcs font des troupes de choc ». 59Cette nomenclature indiffĂ©renciĂ©e montre que Rigas lĂ  encore unifie artificiellement l’hĂ©ritage ancien grec et latin, pour donner le sentiment d’une homogĂ©nĂ©itĂ© d’origine. La magie du verbe de Rigas sera-t-elle capable d’ancrer aux confins d’un monde barbare les preuves de la prĂ©sence de l’hellĂ©nisme ? Il en met trois la mort d’OrphĂ©e, l’üle d’Achille, offerte Ă  lui par ThĂ©tis, avec un temple Ă  Patrocle, vouĂ© depuis Ă  Saint Anastase », et Tomis, lieu d’exil d’Ovide ». Les cultures grecque et latine sont donc aussi prĂ©sentes dans ces espaces de l’extrĂȘme pĂ©riphĂ©rie, oĂč il y a eu des comptoirs grecs. Les lieux de commĂ©moration 60Les lieux de commĂ©moration sont la grande originalitĂ© de Rigas. C’est lĂ  qu’il y montre le mieux sa volontĂ© de faire partager sa passion, de crĂ©er une adhĂ©sion affective Ă  son projet rĂ©volutionnaire. C’est la fonction des phrases dont nous avons parlĂ©. Nous ne pouvions ici les commenter, nous les avons donc classĂ©es dans un tableau placĂ© en annexe. 61À noter que pour les batailles, les symboles qu’il utilise sont la massue d’Hercule pour les Grecs contre la pique attribuĂ©e aux Perses et aux Turcs. On a aussi des combats navals oĂč la massue s’orne alors d’une ancre. Or on ne trouve aucune trace de combat entre deux massues ! 62Au total, cette carte semble nous dire J’inscris ici mes biens au cadastre » et je cherche Ă  faire plaisir Ă  chacun, Ă  chaque endroit ville ou rĂ©gion, pour que tous aient la vision concrĂšte de leur rapport propre et ancien Ă  l’hellĂ©nisme. Il veut faire participer chacun Ă  la chose globale. Chacun doit trouver sur la carte une trace de sa prĂ©sence originaire, ĂȘtre une piĂšce de cet hellĂ©nisme que Rigas exalte sur l’immense espace sur lequel il projette de crĂ©er un État hellĂ©nique, qui unifiera sous la houlette grecque tout ce que le passĂ© a charriĂ© de diffĂ©rent et d’antagoniste, et qui est encore bien prĂ©sent en son temps. 63NĂ© grec en Thessalie, il veut Ă©tendre l’hellĂ©nisme. Sa chance est d’avoir travaillĂ© en Valachie-Moldavie, ce qui lui a fait prendre conscience d’un vaste territoire oĂč il y avait des populations non grecques mais orthodoxes et opprimĂ©es par les Turcs depuis le xve siĂšcle. C’est donc une carte de libĂ©ration mais aussi d’impĂ©rialisme culturel, inscrit dĂšs l’AntiquitĂ©. Essai de synthĂšse 64Repartons du dĂ©but cette carte est la premiĂšre aux temps modernes faite par un Grec. C’est donc non la premiĂšre rĂ©flexion d’un Grec sur l’espace grec Meletius, PhilippidĂšs mais la premiĂšre qui tente de se traduire sur une carte. L’entreprise est d’une extrĂȘme complexitĂ©, car c’est un espace formidablement chargĂ© de significations, par le passĂ© Ă  toutes les Ă©poques, par l’étranger, notamment la France et la Russie, et par sa pĂ©riphĂ©rie proche et lointaine. 65Rigas n’était pas un intellectuel » du type des maĂźtres des LumiĂšres grecques du xviiie, tels Voulgaris, MĂ©siodax, Katarzi, ou surtout Adiamantos Coray son contemporain45. C’est un imaginatif et un intuitif. L’imagination lui inspire cette carte Ă  la fois somptueuse et dĂ©sordonnĂ©e. Mais l’essentiel est qu’elle est en grec, son moyen linguistisque est adĂ©quat Ă  son objet, le moyen donne le sens du discours mĂȘme. L’intuition, c’est plus compliquĂ© tout se passe comme s’il avait pressenti que la suite de l’histoire rendait urgente l’affirmation d’une prééminence grecque sur l’espace balkanique, l’affirmation que seuls les Grecs pouvaient donner sens et unitĂ© Ă  cet espace qui Ă©tait celui de la domination ottomane, cadre acceptĂ© et repris au compte des Grecs. 66La suite de l’histoire, c’est la distinction de peuples tels que les Serbes, les Bulgares et les Roumains, peuples et langues que le xviiie siĂšcle distinguait fort mal. Rigas connaĂźt les mĂ©contentements serbes et plus encore la rĂ©bellion de Pasvan-Oglou dans la rĂ©gion de Vidin sorte d’amorce d’une future Bulgarie, sans compter les ambitions du tyran Ali Pacha en Épire. Il y aurait donc un aspect course de vitesse » dans la rĂ©alisation de cette carte, dans le parcours personnel de Rigas sa venue Ă  Vienne et dans la conjoncture historique. 67Tout cela pose frontalement le problĂšme double de l’État qu’il aspirait Ă  crĂ©er 68–Comment remplir cette GrĂšce si dĂ©sespĂ©rĂ©ment vide en laissant de cĂŽtĂ© l’Ionie par rapport Ă  la richesse de sa pĂ©riphĂ©rie ? 69–Comment articuler l’espace grec aux espaces non grecs ? OĂč finit l’espace grec ? Son projet d’État hellĂ©nique-balkanique sera caduc vingt ans aprĂšs sa mort, on dirait qu’il a vu qu’il fallait absolument mettre en place quelque chose sur le sol, faute de quoi la GrĂšce ne serait que le PĂ©loponnĂšse et les environs d’AthĂšnes en 1830, le nouvel État grec sera Ă  peine plus. 70Sur le premier point, l’analyse de la carte a donnĂ© de nombreux Ă©lĂ©ments. Il est clair que l’hellĂ©nisation des noms de peuples permet Ă  Rigas de faire l’impasse sur la nature ethnique » rĂ©elle des habitants de la pĂ©riphĂ©rie, au nord-ouest, centre et est. L’analyse a Ă©galement dĂ©veloppĂ© la question complexe de la MacĂ©doine et de la Thrace, ainsi que le difficile problĂšme du lien avec les PrincipautĂ©s danubiennes. 71Reprenons la question sur un plan plus gĂ©nĂ©ral, celui de la dĂ©nomination de l’espace sur lequel l’État de Rigas doit s’implanter. La solution, Rigas, mais aussi les Grecs du xixe siĂšcle, la trouvent dans la terminologie issue d’Hellas Hellade, hellĂ©nisme, hellĂ©nique. Cette solution passe donc par le recours au passĂ© lointain, cette GrĂšce des origines qu’il signifie Ă  partir de sa plus grande extension, celle que lui a donnĂ©e Alexandre, mais c’est une extension qui aboutit Ă  la distendre tellement que si le nom de Grecs reste pertinent, celui de GrĂšce – nom donnĂ© par les Romains Ă  partir d’un minuscule peuple excentrĂ© et barbare – devient source de difficultĂ©s. 72C’est ici que le nom d’Ellas ou Hellas et ses dĂ©rivĂ©s jouent leur rĂŽle clef. Perdu depuis Byzance, Ellas revient au premier plan dans la seconde moitiĂ© du xviiie siĂšcle, et s’imposera comme le nom officiel de la GrĂšce Ă  l’heure de l’État national. Le dictionnaire de La MartiniĂšre signale quatre acceptions pour Ellas une ville de Thessalie, une rĂ©gion de Thessalie, la GrĂšce propre, puis la GrĂšce propre avec ses extensions en MacĂ©doine et en Épire. Rigas n’en retient que deux la plus restreinte, puisqu’il mentionne non loin de Velestino la localitĂ© appelĂ©e Hellas, et la plus vaste, puisque c’est le nom qu’il donne Ă  sa carte. Ce faisant, il lĂšgue Ă  la GrĂšce de 1830 une image de son espace national virtuel, virtualitĂ© impliquĂ©e par le fait que, situation exceptionnelle en Europe, la GrĂšce est davantage faite de terres irrĂ©dentes que du territoire concĂ©dĂ© par les puissances. Signifier que ces terres irrĂ©dentes sont bel et bien hellĂ©niques, c’est la fonction de ce recours massif au passĂ©, ou plus exactement aux origines. 73Il existe un tĂ©moignage du caractĂšre en quelque sorte prĂ©monitoire de la carte de Rigas dans le fait qu’entre 1853 et 1875 l’historien grec Constantin Paparrigopoulos, professeur Ă  l’universitĂ© d’AthĂšnes, publie une monumentale Histoire de la nation hellĂšne et non grecque, et en donne en français chez Hachette en 1878 l’épilogue sous le titre Histoire de la civilisation hellĂ©nique46, ouvrages oĂč il cherche Ă  montrer la parfaite continuitĂ© de l’hellĂ©nisme Ă  travers les siĂšcles, de l’AntiquitĂ© Ă  l’époque actuelle en passant par Byzance et le temps de maturation silencieuse sous les Ottomans. Dans sa prĂ©face Ă  l’ouvrage de 1878 ouvrage oĂč il rend hommage Ă  l’action de Rigas, il souligne qu’il est le premier Grec moderne Ă  donner une Histoire grecque comme Rigas avait Ă©tĂ© le premier Ă  donner une carte de GrĂšce en grec. Citons deux passages de cet ouvrage, qui mĂ©riterait de longs dĂ©veloppements Dans sa principale signification, hellĂ©niser voulait dire transmettre la langue grecque Ă  des peuples Ă©trangers et leur imprimer par le moyen de la langue le caractĂšre national des HellĂšnes. L’hellĂ©nisme Ă©tait le rĂ©sultat de cette action47 ». Et En 1790, trois reprĂ©sentants de la nation demandĂšrent Ă  l’impĂ©ratrice Catherine de donner pour empereur aux HellĂšnes son petit-fils Constantin ; ils ne parlĂšrent plus Ă  titre de Romains48 ni mĂȘme simplement de chrĂ©tiens ; ils se prĂ©sentĂšrent comme des HellĂšnes, descendants des AthĂ©niens et des Spartiates. »49 74Revenons Ă  Rigas, dont nous savons que, par son projet de constitution, il envisageait la crĂ©ation d’un État non ethnique, associant dans une rĂ©publique une et indivisible tous les citoyens vivant sur son territoire, Grecs, Serbes, Roumains, Bulgares, etc., avec certes une prime aux Grecs, Ă  leur conscience d’ĂȘtre le peuple le plus civilisĂ© – le seul, en fait – et le plus glorieux de cet espace, et surtout Ă  la langue grecque [qui joue un rĂŽle central dans la notion d’hellĂ©nisme50], mais sans que cette rĂ©publique unitaire soit de nature ethnique. Pourtant l’hellĂ©nisme de Rigas, comme le montre sa carte, est finalement, autant que politique, historique, culturel et linguistique. 75Il y aurait lieu de dĂ©velopper le fait que sa carte, manifeste cartographique de la Grande IdĂ©e mĂȘme si par son projet Rigas diffĂšre des hommes politiques grecs qui Ă  partir du milieu du xixe siĂšcle donneront Ă  celle-ci un caractĂšre conquĂ©rant, alors que Rigas postule une unitĂ© naturelle » et consentie, apparaĂźt au moment mĂȘme oĂč la France, Ă  partir de l’étĂ© de 1797, s’appelle elle-mĂȘme la Grande Nation »51. À partir de la campagne d’Italie, ayant prĂ©cĂ©demment intĂ©grĂ© la Belgique et se prĂ©parant Ă  faire de mĂȘme pour la rive gauche du Rhin, la France rĂ©volutionnaire du Directoire met en Ɠuvre une conception de la nation en quelque sorte supranationale », conception essentiellement politique mais oĂč il existe aussi des Ă©lĂ©ments historiques tel le recours massif Ă  la Gaule des origines et linguistiques telle la conception que le français est la langue la plus parfaite des langues modernes, l’équivalent du latin dans l’AntiquitĂ©. Il est frappant que ni Rigas ni les rĂ©volutionnaires français et ceux des pays intĂ©grĂ©s ou conquis n’aient vu Ă  quel point ces Ă©lĂ©ments allaient par la suite prendre partout une importance sans cesse croissante, au point de menacer et parfois de dĂ©truire la notion politique de nation, corps de citoyens participant Ă  Ă©galitĂ© Ă  la formation de la volontĂ© gĂ©nĂ©rale. 76*Cet article est issu d’une communication faite le 14 janvier 1999 au sĂ©minaire de Daniel Nordman et Marie-Vic Ozouf-Marignier, que nous remercions vivement pour leur accueil, Ă  l’EHESS. Haut de page Notes 1De nombreux colloques ont eu lieu, notamment Ă  Velestino ville natale de Rigas en 1997, Ă  Delphes en juin 1998, Ă  l’Unesco Ă  Paris en dĂ©cembre 1998. Cf. infra un compte rendu de certaines de ces rencontres dans la rubrique MĂ©langes ». 2Fondation nationale de la Recherche scientifique, AthĂšnes, 1989 en français. 3Il existe une belle Ă©tude en grec de Georges LaĂŻos sur les milieux grecs de Vienne Ă  l’époque du sĂ©jour de Rigas, milieux gagnĂ©s Ă  la cause de l’émancipation nationale et des idĂ©es rĂ©volutionnaires françaises, Ă©tude parue dans le Deltion tĂšs historikĂšs et ethnologikĂšs etairĂ©ias tĂšs HelladĂšs Bulletin de la SociĂ©tĂ© historique et ethnographique de GrĂšce », pp. 202-270, 1958. Pour ce texte comme pour tous les autres textes en grec auxquels nous avons recouru, une traduction nous a Ă©tĂ© faite par Vanghelis KaramanĂšs, que nous remercions chaleureusement. Sur les projets d’émancipation grecque avant 1821, et notamment ceux de Rigas, voir aussi A. Manessis, L’activitĂ© et les projets politiques des patriotes grecs dans les Balkans vers la fin du xviiie siĂšcle », Balkans Studies, tome III, 1962. 4Cette carte est aujourd’hui en GrĂšce l’objet de nombreux travaux, mais il n’en a pas toujours Ă©tĂ© ainsi. La premiĂšre Ă©tude, française, est un bel article d’Ubicini, La grande carte de GrĂšce par Rhigas », paru dans la Revue de gĂ©ographie en 1881 annĂ©e dĂ©cisive oĂč la GrĂšce rĂ©cupĂšre » la Thessalie. Rappelons la thĂšse complĂ©mentaire d’Ap. Dascalakis sur Rigas, Les Ɠuvres de Rhigas Velestinlis, Paris, 1937, qui consacre quelques dĂ©veloppements Ă  la carte. Mentionnons ensuite un article de Georges Laios, dans le Deltion
, pp. 231-286, 1960. Victor Melas lui a consacrĂ© en 1973 une Ă©tude, reprise Ă  l’Unesco en 1998. Les derniers grands travaux en date sont en grec ceux de G. A. Skinas, Catalogue des cartes existantes » de Rigas, et de Georges Tolias pour le colloque de Delphes voir la note suivante. Bien entendu, il ne s’agit ici que d’une recension succincte. 5 GrĂšce spacieuse la carte de Rhigas et les limites de l’hellĂ©nisme » en grec, Ta Istorika, fasc. 28-29, 1998. 6Dans l’Histoire diplomatique de la GrĂšce de 1821 Ă  nos jours 5 vol., Paris, 1925-1926, faite en collaboration avec Michel LhĂ©ritier, l’ardent partisan de la Grande IdĂ©e que fut Édouard Driault se rĂ©fĂšre frĂ©quemment Ă  la carte de Rigas, la carte de toute son [la GrĂšce] histoire » tome I, p. 465. 7Nous avons toujours de grandes imprĂ©cisions sur sa vie, Ă  part les trois derniĂšres annĂ©es. Concernant les circonstances de son arrestation par les Autrichiens et de son transfert aux mains des Ottomans, le fondateur des Ă©tudes nĂ©ohellĂ©niques françaises Émile Legrand a publiĂ© un important recueil de documents, Documents inĂ©dits concernant Rhigas Velestinlis et ses compagnons de martyre, Paris, 1892. 8Il s’agit d’un hymne de guerre », trĂšs cĂ©lĂšbre en GrĂšce et encore chantĂ© aujourd’hui. Fauriel l’a placĂ© au dĂ©but de ses Chants populaires de la GrĂšce moderne 1824. 9Moniteur du 1er messidor an VI 19 juin 1798. Le journal parle de sa passion presque dĂ©lirante pour l’affranchissement de sa patrie », et ajoute que l’ancienne littĂ©rature de la GrĂšce Ă©chauffait son imagination ». Il est certain que les projets de Rigas manquaient de sĂ©rieux. NĂ©anmoins, le Moniteur du 8 vendĂ©miaire an VII 30 septembre 1798 Ă©crit que les Grecs semblent se rĂ©veiller de leur long sommeil ». 10Sous la dictature des colonels, des groupes d’étudiants contestataires ont pris son nom. 11Voir le texte de cette constitution dans Notis Botzaris, Visions balkaniques de la prĂ©paration de la rĂ©volution grecque 1789-1823, Droz-Minard, 1962. 12La constitution commence par Le peuple descendant des HellĂšnes
 » 13D’Anville s’explique longuement sur le mouvement de la gĂ©ographie actuelle et positive » pour parvenir Ă  fixer solidement le dĂ©tail de l’ancienne gĂ©ographie » Analyse critique de la carte intitulĂ©e les cĂŽtes de la GrĂšce et de l’Archipel, 1757. 14Sa vision de la GrĂšce, qui privilĂ©gie la virile Sparte aux dĂ©pens de l’AthĂšnes dĂ©cadente, a fortement influencĂ© les rĂ©volutionnaires français. Voir Maurice Badolle, L’abbĂ© BarthĂ©lemy et l’hellĂ©nisme en France au xviiie siĂšcle, Paris, 1926 ; un rĂ©sumĂ© de la vie et de l’Ɠuvre de BarthĂ©lemy a Ă©tĂ© publiĂ© en 1996 par les Amis d’Aubagne ville natale de BarthĂ©lemy ; voir aussi la thĂšse de Jacques Bouineau, RĂ©miniscences de l’AntiquitĂ© dans la RĂ©volution française 1984, parue en 1986 sous le titre Les toges du pouvoir ou la RĂ©volution de droit antique Univ. Toulouse Le Mirail/Éd. ÉchĂ©. 15G. Tolias a publiĂ© un recensement des cartes grecques de BarbiĂ© du Bocage dans Kentron noehellenikon Eleunon, AthĂšnes, 1993. Le Fonds BarbiĂ© du dĂ©partement des Cartes et Plans de la BibliothĂšque nationale de France comprend une collection de 1 415 cartes acquises en 1844. 1031 cartes sont de lui et 209 concernent la GrĂšce. Le Catalogue des livres de la bibliothĂšque de feu M. BarbiĂ© du Bocage Paris, 1826, riche de 1134 titres, donne une haute idĂ©e de sa grande personnalitĂ©. 16D. Philippides et G. Constantas, Neoterricae Geographia GĂ©ographie plus rĂ©cente », Vienne, 1791. 17La carte d’Antime Gazi, qui fait partie de la collection BarbiĂ© du Bocage et est entrĂ©e Ă  la BNF en 1844, porte aux Cartes et Plans de la BNF la cote Ge DD 5963. 18Elle fera d’immenses profits durant les annĂ©es cruciales de la RĂ©volution française, notamment en alimentant en cĂ©rĂ©ales la France qui a alors perdu la maĂźtrise de la MĂ©diterranĂ©e orientale. 19Nous avons utilisĂ© l’exemplaire de la carte entrĂ© aux Cartes et Plans de la BNF en 1847 sous la cote CC 2656, et nous remercions chaleureusement le personnel du dĂ©partement pour l’aide constante qu’il nous a apportĂ©e, ainsi que Mme Mireille Pastoureau pour son accueil Ă  l’Institut. Nos remerciements vont Ă©galement Ă  GeneviĂšve Bluteau pour son aide dans la traduction des phrases de la carte. 201675-1726. Il est l’auteur d’une centaine de cartes qui, notamment Ă  travers son gendre Buache, paraĂźtront jusque vers 1770. Voir Numa Broc, La gĂ©ographie des philosophes, universitĂ© de Strasbourg, 1976. 21Ces deux cartes sont au 1/1275000. Rigas a pu aussi utiliser la carte de Delisle de la Hongrie et des pays qui en dĂ©pendaient autrefois » 1703 BNF, Cartes et Plans, Ge D 11314. Pour les autres sources cartographiques de Rigas sur les parties au nord du Danube, voir plus loin. 22Rigas a mĂȘme copiĂ© le cartouche de la carte de Delisle, avec quelques changements voir ci-aprĂšs. 23PhilippidĂšs et Gazi. Voir Correspondance, 1794-1819, BarbiĂ© du Bocage-Daniel Philippidis-Anthimos Gazis, Ă©ditĂ©e par Aikaterini Coumarianou, AthĂšnes, 1966 les lettres sont en français. 24Meletius est un ecclĂ©siastique nĂ© Ă  Janina en Épire en 1661 et mort en 1714. Sa Geographia palaia kai nea est parue Ă  Venise en 1728. C’est une gĂ©ographie qui se veut universelle, mais la GrĂšce y occupe 140 pages sur 600. De nombreuses phrases dont Rigas a parsemĂ© sa carte viennent de lĂ . 25Grand Dictionnaire gĂ©ographique, historique et critique, 6 volumes, 1768. 26Voir par exemple Choiseul-Gouffier, Voyage pittoresque de la GrĂšce, tome I, Paris, 1782 tome II, Paris, 1809. 27Voyage du Jeune Anacharsis, tome II, chap. II. 28Il y a çà et lĂ  sur la carte des phrases du type patrie de
 » ou tombeau de
 » voir tableau en fin d’article. Il y a en outre de nombreuses monnaies, placĂ©es au hasard. Le tout accentue l’impression d’un espace densĂ©ment occupĂ© par les Grecs anciens. Les monnaies notamment crĂ©ent de la continuitĂ©, alors qu’en rĂ©alitĂ© l’espace hellĂ©nique et les Balkans sont fortement morcelĂ©s. 29Voir P. Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine. Relevons-y notamment ce qui concerne Hellen, fils de Deucalion et Pyrrha et ancĂȘtre des Doriens, des AchĂ©ens, des Ioniens et des Éoliens. Pour Rigas, la Thessalie est bien le berceau de la GrĂšce et du monde hellĂ©nique. 30Notation rare il y a cependant aussi les monastĂšres du mont Athos Rigas est hostile Ă  l’orthodoxie. AprĂšs avoir soutenu les LumiĂšres, l’Église orthodoxe s’est violemment Ă©levĂ©e contre elles Ă  partir de la RĂ©volution française. 31Cette barriĂšre continue est parfaitement visible par exemple dans la Cosmographia de SĂ©bastien MĂŒnster 1555. 32Voir son Essai de gĂ©ographie physique oĂč l’on propose des vues gĂ©nĂ©rales sur l’espĂšce de charpente du globe » MĂ©moires de l’AcadĂ©mie des sciences, 1752. 33C’est entre les annĂ©es 1820 et 1840 que cette thĂ©orie commencera Ă  ĂȘtre mise Ă  mal. MĂȘme un grand spĂ©cialiste comme Ami BouĂ© y recourt encore, dans son grand ouvrage sur la Turquie d’Europe tome I, 1840. On y dĂ©cĂšle son embarras, car il voit que la thĂ©orie ne cadre pas avec les observations. En fait, BouĂ© est conscient qu’il existe des voies de passage dans cet espace si longtemps rĂ©putĂ© infranchissable. Guiomar, Correspondance G. Lejean-Ch. Alexandre, Librairie Touzot, 1993 Lorain, Guillaume Lejean, voyageur-cartographe », Bulletin de la SociĂ©tĂ© archĂ©ologique du FinistĂšre, tome CXXIII, 1994. 35La Bulgarie danubienne et le Balkan, 1881. 36Voir notamment Vidal De La Blache, GĂ©ographie universelle, tome VII, Italie et pays balkaniques. Voir aussi Jovan Cvijic, La PĂ©ninsule balkanique, Armand Colin, 1918 ; Georges Prevelakis, Les Balkans, cultures et gĂ©opolitiques, Nathan, 1994. 37Voir Ernoult et Maillet, Dictionnaire Ă©tymologique de la langue latine. 38Voir G. Glotz, Histoire romaine, tome I, pp. 549-575 d’aprĂšs Polybe, Histoire gĂ©nĂ©rale, livres 29 Ă  36. 39Voir G. I. Bratianu, Origines et formation de l’unitĂ© roumaine, Bucarest, 1943. Notons qu’en France la Dacie avait fait l’objet de trois communications de d’Anville en 1750 Ă  l’AcadĂ©mie des inscriptions, La Dacie avant Trajan, La Dacie sous Trajan, La Dacie aprĂšs Trajan. 40La carte de Ruhedorf est aux Cartes et Plans de la BNF sous la cote Ge D 14654 Mappa specialis Valachiae et 
 singulorum districtuum, 1788. 41Praktika tĂšs Akademias AthĂ©non 1978. L’autographe de Rigas est sous la cote Ge F 5920. 42MĂȘme si de nombreux Grecs, commerçants notamment, rĂ©sident dans les PrincipautĂ©s et s’ils y forment l’élite intellectuelle, celle qui rĂ©pand notamment les LumiĂšres françaises. 43Joseph Mesodace, ou Mesiodax, est l’un des grands hommes des lumiĂšres grecques, qui a entre autres publiĂ© une ThĂ©orie de la gĂ©ographie, Vienne, 1781 c’est donc l’une des inspirations possibles de Rigas voir l’important ouvrage de C. Th. Dimaras, Histoire de la littĂ©rature nĂ©ohellĂ©nique, coll. de l’Institut français d’AthĂšnes, 1965. 44Les guerres qui entre 1788 et 1792 ont opposĂ© l’Empire ottoman Ă  la Russie et Ă  l’Autriche, et qui se sont conclues par les traitĂ©s de Sistova 1791 et Iassi 1792. Les poussĂ©es russe et autrichienne vers les Balkans ont alors Ă©tĂ© bloquĂ©es. 45NĂ© Ă  Smyrne en 1748 et d’abord mĂ©decin, il est surtout un grand Ă©diteur de textes grecs anciens. Il vit Ă  Paris de 1788 Ă  sa mort en 1833. Il est notamment l’auteur d’un important MĂ©moire sur l’état actuel de la civilisation dans la GrĂšce, lu le 6 janvier 1803 Ă  la SociĂ©tĂ© des Observateurs de l’homme. 46Sur ces questions, voir notamment Denis Kohler, Naissance de l’historiographie grecque moderne », in Philologiques I, Ă©ditions de la MSH, 1990 ; Stella Manet, C. Paparrigopoulos et deux historiens romantiques, deux romantismes », Storia della Storiografia, n° 33, 1998. La question est aussi abordĂ©e par Vernant dans sa prĂ©face aux MĂ©moires du gĂ©nĂ©ral Macriyannis trad. D. Kohler, Albin Michel, 1986. Il note que le gĂ©nĂ©ral emploie le nom d’Hellada quand il Ă©voque les grands morts c’est le nom de notre patrie qui a disparu avec eux » et parle des Grecs » sur le plan de la langue. 47Ouvr. citĂ©, p. 306. 48Rappelons qu’alors la langue Ă©tait couramment appelĂ©e la langue romĂ©ique ». 49Id., p. 405. En italiques dans le texte. 50Voir AndrĂ© Mirambel, La France devant l’hellĂ©nisme, Paris, 1962, et C. Th. Dimaras, Ambivalence de l’hellĂ©nisme », Actes du 6e congrĂšs de l’Association internationale de littĂ©rature comparĂ©e, pp. 557-560. 51Voir Guiomar, Histoire et significations de “la Grande Nation” aoĂ»t 1797-automne 1798 problĂšmes d’interprĂ©tation », dans Du Directoire au Consulat. 1. Le lien politique local dans la Grande Nation, J. Bernet, Jessenne, H. Leuwers Ă©d., Lille de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence papier Jean-Yves Guiomar et Marie-ThĂ©rĂšse Lorain, La carte de GrĂšce de Rigas et le nom de la GrĂšce* », Annales historiques de la RĂ©volution française, 319 2000, 101-125. RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique Jean-Yves Guiomar et Marie-ThĂ©rĂšse Lorain, La carte de GrĂšce de Rigas et le nom de la GrĂšce* », Annales historiques de la RĂ©volution française [En ligne], 319 janvier-mars 2000, mis en ligne le 11 mai 2006, consultĂ© le 21 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page Droits d’auteur Tous droits rĂ©servĂ©sHaut de page
LesOlympiades antiques se sont dĂ©roulĂ©es pendant prĂšs de 1200 ans Ă  Olympie et lorsqu’elles se sont terminĂ©es en 393 aprĂšs J.C., trois cent vingt Ă©ditions ont eu lieu. Les premiers Jeux Olympiques dont on possĂšde une trace datent de 776 avant J.-C oĂč le nom du premier vainqueur de la course, CorĂšbe d’Élis est inscrit.
La solution Ă  ce puzzle est constituéÚ de 4 lettres et commence par la lettre D Les solutions ✅ pour ANCIENNE CIRCONSCRIPTION GRECQUE 4 LETTRES de mots flĂ©chĂ©s et mots croisĂ©s. DĂ©couvrez les bonnes rĂ©ponses, synonymes et autres types d'aide pour rĂ©soudre chaque puzzle Voici Les Solutions de Mots CroisĂ©s pour "ANCIENNE CIRCONSCRIPTION GRECQUE 4 LETTRES" 0 0 Partagez cette question et demandez de l'aide Ă  vos amis! Recommander une rĂ©ponse ? Connaissez-vous la rĂ©ponse? profiter de l'occasion pour donner votre contribution! Similaires Ils’agit ici d’apprĂ©hender d’oĂč nous pensons tenir le talent, de son Ă©mergence antique Ă  son usage contemporain. Cette investigation pose les fondations occidentales de cette valeur monĂ©taire historique devenue concept « valorisateur » de la personne. On peut s’étonner de devoir partir de la GrĂšce antique pour aborder la
PĂœlos el Î ÏÎ»Îż Administration Pays GrĂšce PĂ©riphĂ©rie PĂ©loponnĂšse District rĂ©gional MessĂ©nie Code postal 240 01 Indicatif tĂ©lĂ©phonique 27230 Immatriculation KM DĂ©mographie Population 2 345 hab. 2011[1] DensitĂ© 16 hab./km2 GĂ©ographie CoordonnĂ©es 36° 54â€Č 38″ nord, 21° 41â€Č 39″ est Altitude 3 m Superficie 14 400 ha = 144 km2 Localisation GĂ©olocalisation sur la carte GrĂšce PĂœlos GĂ©olocalisation sur la carte GrĂšce PĂœlos PĂœlos, aussi connue sous le nom de Navarin, est une ville de GrĂšce, situĂ©e en MessĂ©nie dans le sud-ouest du PĂ©loponnĂšse, et bordĂ©e par la mer Ionienne. Elle est le siĂšge de la municipalitĂ© de Pylos-Nestor, créée par le programme Kallikratis en 2010. Selon le dernier recensement de la population rĂ©alisĂ© en 2011, la population gĂ©nĂ©rale de la municipalitĂ© dĂšme de Pylos-Nestor s’élĂšve Ă  21 077 habitants. L'unitĂ© municipale de Pylos compte 5 287 habitants, tandis que Pylos intra-muros compte 2 345 habitants, ce qui en fait la septiĂšme ville la plus peuplĂ©e de la MessĂ©nie, aprĂšs la capitale Kalamata 54 100, MessĂ­ni 6 065, FiliatrĂĄ 5 969, KyparissĂ­a 5 131, GargaliĂĄni 5 007 et ChĂłra 3 454[2]. L'unitĂ© municipale de Pylos s’étend sur 143,911 km2. Griffon servant de sigle Ă  la ville actuelle de Pylos Ce sceau a Ă©tĂ© retrouvĂ© dans une tombe prĂšs de Pylos par Carl Blegen en 1963 MusĂ©e National ArchĂ©ologique d'AthĂšnes La ville est particuliĂšrement renommĂ©e pour la richesse de son histoire antique, mĂ©diĂ©vale et moderne. La rĂ©gion de Pylos est habitĂ©e dĂšs le nĂ©olithique. Elle devient plus tard, au cours de l'Âge du bronze, un royaume important de la GrĂšce mycĂ©nienne, dont les vestiges archĂ©ologiques du Palais dit de Nestor » ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s Ă  proximitĂ© de Pylos. Le palais porte le nom de Nestor, en rĂ©fĂ©rence au roi lĂ©gendaire de Pylos mentionnĂ© par HomĂšre dans ses Ă©popĂ©es l’Iliade et l'OdyssĂ©e. À l'Ă©poque classique, le site reste inhabitĂ©, mais devient le site de la bataille de Pylos en 425 av. pendant la guerre du PĂ©loponnĂšse relatĂ©e par l'historien Thucydide. Pylos est Ă  peine mentionnĂ©e par la suite, jusqu'au XIIIe siĂšcle, lorsqu'elle entre dans la PrincipautĂ© franque d'AchaĂŻe, un Ă©tat latin ». Elle est alors connue sous le nom français de Port-de-Jonc ou italien de Navarino francisĂ© en Navarin. Les Francs construisent le vieux-chĂąteau PalĂ©okastro de Navarin sur le site de l'acropole antique de Pylos dans les annĂ©es 1280. La ville passe sous le contrĂŽle de la RĂ©publique de Venise de 1417 Ă  1500, lorsqu'elle est conquise par l'Empire ottoman. Les Ottomans utilisent Pylos et sa baie comme base navale et construisent la forteresse du Nouveau Navarin NĂ©okastro dans le sud de la baie, au voisinage de l'actuelle ville de Pylos. La zone reste sous contrĂŽle Ottoman, Ă  l'exception d'une brĂšve pĂ©riode de domination VĂ©nitienne entre 1685 et 1715, puis d'une occupation Russe entre 1770 et 1771, jusqu'au dĂ©clenchement de la guerre d'indĂ©pendance grecque en 1821. Ibrahim Pacha d'Égypte la reprend aux insurgĂ©s grecs pour la rendre aux Ottomans en 1825, mais la dĂ©faite de la flotte turco-Ă©gyptienne lors de la cĂ©lĂšbre bataille de Navarin de 1827, puis l'intervention des troupes françaises de l'expĂ©dition de MorĂ©e en 1828 contraint Ibrahim Ă  se retirer dĂ©finitivement du PĂ©loponnĂšse, laissant ainsi la GrĂšce gagner son indĂ©pendance. Les troupes françaises du marĂ©chal Maison construisent alors, Ă  l’extĂ©rieur des murs du NĂ©okastro, la ville actuelle de Pylos Ă  partir de 1829. Histoire NĂ©olithique La rĂ©gion de Pylos a une longue histoire, qui va de pair avec celle du PĂ©loponnĂšse. Son commencement se perd dans les profondeurs de la prĂ©histoire, car elle est habitĂ©e dĂšs le NĂ©olithique, lorsque des populations venues d'Anatolie commencent Ă  se diffuser dans les Balkans et en GrĂšce vers 6 500 ans av. en apportant avec elles la pratique de l'agriculture et de l'Ă©levage. Les fouilles ont montrĂ© une prĂ©sence humaine continue dĂšs le nĂ©olithique tardif 5 300 av. dans plusieurs sites de Pylie, dont en particulier ceux de VoĂŻdokiliĂĄ et de la grotte de Nestor, oĂč ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s de nombreux ostraca ou fragments de cĂ©ramiques peintes, noires et polies, ainsi que des poteries plus tardives, gravĂ©es et Ă©crites[3]. La pĂ©riode du NĂ©olithique prend fin avec l'apparition de la mĂ©tallurgie du bronze, Ă  partir d'environ 3 000 ans av. Civilisation mycĂ©nienne Guerriers sur un char. Fresque du palais de Nestor pĂ©riode LHIIIB, vers 1300 av. Au cours de l'Âge du bronze 3000–1000 av. se dĂ©veloppe, en particulier dans le PĂ©loponnĂšse, la civilisation MycĂ©nienne. Pylos devient alors la capitale d'un des plus grands centres humains de cette civilisation et d'un royaume puissant, Ă©galement connu sous le nom de royaume de Nestor, qui est mentionnĂ© plus tard par HomĂšre dans son Iliade et son OdyssĂ©e, qui le caractĂ©rise notamment de sablonneux » ጠΌαΞΔÎč[4]. L'État mycĂ©nien de Pylos 1600–1200 av. est divisĂ© en deux grandes provinces, la DĂ©wera koraĂŻya autour de la ville de Pylos sur la cĂŽte, et la PĂ©ra koraĂŻya autour de la ville de RĂ©oukotoro[5]. Il couvre une superficie de 2 000 kilomĂštres carrĂ©s et compte une population comprise entre 50 000 selon les tablettes en linĂ©aire B et 80 000–120 000 habitants[6]. La Pylos homĂ©rique ne doit cependant pas ĂȘtre confondue avec la ville actuelle de Pylos, bien que la ville moderne actuelle consiste en un prolongement urbain continu de la ville antique. En effet, le centre urbain de la Pylos antique ne reste encore aujourd'hui que partiellement identifiĂ©. Les diffĂ©rents vestiges archĂ©ologiques de palais et d'infrastructures administratives et rĂ©sidentielles retrouvĂ©s dans la rĂ©gion laissent penser actuellement aux chercheurs que la ville antique se serait dĂ©veloppĂ©e sur une zone beaucoup plus Ă©tendue, celle de la Pylie en gĂ©nĂ©ral[6]. Le point de rĂ©fĂ©rence typique de la ville mycĂ©nienne reste le Palais de Nestor, mais de nombreux autres palais comme ceux de NichĂłria[7] et d'Iklaina[8], ou villages comme celui de MĂĄlthi[9] de la pĂ©riode mycĂ©nienne ont Ă©tĂ© rĂ©cemment mis au jour, qui furent rapidement subordonnĂ©s Ă  Pylos[6]. Son port et son acropole Ă©taient vraisemblablement Ă©tablis sur le promontoire Koryphasion ou cap Coryphasium commandant l'entrĂ©e nord de la baie, Ă  4 km au nord de la ville moderne et au sud du palais mycĂ©nien, mais il n'en subsiste pas de vestiges. Foyer de la salle du trĂŽne du Palais de Nestor La colline d’Ano Englianos, prĂšs du village de ChĂłra, Ă  17 kilomĂštres de la ville moderne de Pylos, abrite l'un des plus importants palais mycĂ©niens de la GrĂšce, connu sous le nom de Palais de Nestor ». Ce palais reste aujourd'hui en GrĂšce le palais le mieux conservĂ© et l'un des plus importants de toute la civilisation mycĂ©nienne[10]. Il est dĂ©couvert en 1939 par archĂ©ologue amĂ©ricain Carl Blegen 1887–1971 de l'universitĂ© de Cincinnati et de l'École amĂ©ricaine d'Ă©tudes classiques d'AthĂšnes et par Konstantinos Kourouniotis 1872–1945 du service archĂ©ologique grec. Leurs fouilles sont interrompues par la Seconde Guerre mondiale, puis reprennent en 1952 sous la direction de Blegen jusqu'en 1966. Il met au jour de nombreux Ă©lĂ©ments architecturaux comme la salle du trĂŽne avec son foyer, une antichambre, des salles et des coursives toutes recouvertes de fresques d'inspiration minoenne, mais aussi des grands entrepĂŽts, les murs externes du palais, des bains uniques, des galeries, et Ă  90 mĂštres a l’extĂ©rieur du palais, une tombe Ă  tholos, ou chambre funĂ©raire Ă  coupole, parfaitement restaurĂ©e en 1957 Tholos tomb IV. Tablette en argile avec ses inscriptions en linĂ©aire B, dĂ©couverte Ă  Pylos MusĂ©e archĂ©ologique de ChĂłra Blegen y trouve Ă©galement, en plus des vestiges archĂ©ologiques du palais, de nombreuses inscriptions en linĂ©aire B, un syllabaire utilisĂ© pour l'Ă©criture de la langue mycĂ©nienne entre 1425 et 1200 av. Pylos est la plus grande source de ces tablettes en GrĂšce avec 1 087 fragments trouvĂ©s sur le site du plais de Nestor. À la suite de son dĂ©chiffrement en 1952 par Michael Ventris et John Chadwick, le mycĂ©nien se rĂ©vĂšle ĂȘtre une forme archaĂŻque du grec, le plus ancien dialecte grec connu, dont certains Ă©lĂ©ments ont survĂ©cu dans la langue d'HomĂšre grĂące Ă  une longue tradition orale de poĂ©sie Ă©pique[11],[12]. Ainsi, ces tablettes en argile, gĂ©nĂ©ralement utilisĂ©es Ă  des fins administratives ou d'enregistrement des transactions Ă©conomiques, dĂ©montrent clairement que le site Ă©tait dĂ©jĂ  appelĂ© Pylos » en grec mycĂ©nien pu-ro. Tombe Ă  tholos du Palais de Nestor Tholos tomb IVEn 2015, l’équipe de Sharon Stocker et de Jack L. Davis de l'universitĂ© de Cincinnati et sous l’égide de l'École amĂ©ricaine d'Ă©tudes classiques d'AthĂšnes, dĂ©couvrent prĂšs de la tombe Ă  tholos IV, une tombe Ă  fosse non-tholos, Shaft tomb datĂ©e de l'Helladique rĂ©cent IIA LHIIA, 1600–1470 av. d'un individu de 30-35 ans et de 1,70 m appelĂ© le Guerrier Griffon » en raison de la crĂ©ature mythologique, mi-aigle, mi-lion, gravĂ©e sur une plaque d'ivoire dans sa tombe[13]. Celle-ci contient Ă©galement une armure, des armes, un miroir et de nombreux bijoux Ă  perles et en or, dont des chevaliĂšres en or d'une facture et d'une minutie exceptionnelles. Les chercheurs pensent qu'il pourrait s'agir de la tombe d'un wanax, un roi tribal, seigneur ou chef militaire dans les derniers temps mycĂ©niens[14],[15]. C'est dans cette tombe qu'est aussi trouvĂ©e l'Agate du combat de Pylos[16], un sceau de l'Ă©poque minoenne en agate reprĂ©sentant un guerrier engagĂ© dans un combat corps Ă  corps, datĂ© d'environ 1450 avant notre Ăšre[17],[18],[19],[20]. En 2017, la mĂȘme Ă©quipe dĂ©couvre deux autres tombes Ă  tholos exceptionnelles Tholos tombs VI and VII. Bien que leur coupoles se soient effondrĂ©es, ils dĂ©couvrent qu'elles Ă©taient tapissĂ©es de feuilles d'or et y retrouvent une multitude d'artĂ©facts culturels et des bijoux dĂ©licats, dont un pendentif en or reprĂ©sentant la tĂȘte de la dĂ©esse Ă©gyptienne Hathor, qui montrent que Pylos avait des relations commerciales, auparavant inconnues, avec l'Égypte et le Proche-Orient vers 1500 avant notre Ăšre[21],[22]. Pylos est le seul palais de l'Ă©poque Ă  ne pas possĂ©der de murailles ou de fortifications. Il est dĂ©truit par le feu aux alentours de 1180 av. de nombreuses tablettes d'argile en linĂ©aire B en portant clairement les stigmates[23],[24],[25]. Ces archives, prĂ©servĂ©es par la chaleur de l'incendie qui a dĂ©truit le palais, mentionnent des prĂ©paratifs de dĂ©fense prĂ©cipitĂ©s en raison d'une attaque imminente, sans donner cependant aucun dĂ©tail sur la force d'attaque[26]. Le site de la Pylos mycĂ©nienne semble ensuite abandonnĂ© au cours des siĂšcles obscurs 1100–800 av. Plus tard, la rĂ©gion de Pylos, avec celle de l'ancienne MessĂšne, est asservie par Sparte. PĂ©riode classique À l'Époque classique, le site de Pylos est mentionnĂ© par l'historien athĂ©nien Thucydide dans son ouvrage La Guerre du PĂ©loponnĂšse Ă©crit Ă  la fin du Ve siĂšcle av. Dans le Livre IV 425-422, il dĂ©crit un Ă©pisode historique cĂ©lĂšbre de la guerre du PĂ©loponnĂšse qui se dĂ©roula en 425 av. dans la baie de Pylos, sur l’ülot de SphactĂ©rie, et qui opposait la ligue du PĂ©loponnĂšse dirigĂ©e par Sparte, Ă  la ligue de DĂ©los menĂ©e par AthĂšnes. Une partie de la flotte athĂ©nienne, dirigĂ©e par le stratĂšge DĂ©mosthĂšne, ayant installĂ© et fortifiĂ© une garnison sur l’ülot, subit, au cours de la bataille de Pylos, les assauts des troupes spartiates qui voyaient remise en cause leur hĂ©gĂ©monie sur le territoire de la MessĂ©nie. La flotte spartiate commandĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Brasidas, incapable d'enlever les fortifications aux AthĂ©niens, fait dĂ©barquer une troupe de 440 hoplites sur SphactĂ©rie. Les AthĂ©niens, secourus par une flotte d'une cinquantaine de navires qui forcent le blocus de la baie de Pylos et anĂ©antissent les navires spartiates, isolent alors totalement les hoplites spartiates restĂ©s sur SphactĂ©rie. Incapables d'organiser une expĂ©dition de secours pour leurs troupes assiĂ©gĂ©es, les Spartiates demandent alors un armistice. Le dĂ©magogue athĂ©nien ClĂ©on fait Ă©chouer les nĂ©gociations et rejoint DĂ©mosthĂšne Ă  Pylos. Les AthĂ©niens dĂ©barquent Ă  SphactĂ©rie et se dĂ©roule alors la cĂ©lĂšbre bataille de SphactĂ©rie, Ă©tape importante de l’histoire militaire, puisqu’une troupe d’infanterie lĂ©gĂšre athĂ©nienne parvient Ă  vaincre une phalange d’hoplites spartiate. EncerclĂ©s et Ă©puisĂ©s, les Spartiates capitulent. 292 hoplites sont faits prisonniers dont 120 homoioi. Ainsi, pour la premiĂšre fois, des Spartiates prĂ©fĂšrent se rendre plutĂŽt que de mourir. Cette bataille marque ainsi l'une des premiĂšres dĂ©faites militaires de l'histoire de Sparte[27]. Moyen Âge et pĂ©riode ottomane Le PalĂ©okastro Vieux-ChĂąteau de Pylos sur le promontoire du cap Coryphasium On sait peu de choses sur Pylos sous l'Empire byzantin, Ă  l'exception d'une mention de raids organisĂ©s par des Sarrasins crĂ©tois dans la rĂ©gion c. 872/873[28]. Elle fit, en tout cas, partie du thĂšme du PĂ©loponnĂšse[29]. En 1204, aprĂšs la quatriĂšme croisade, PĂœlos, selon une brĂšve rĂ©fĂ©rence dans la Chronique de la MorĂ©e, fait partie de la PrincipautĂ© d'AchaĂŻe, l'un des États latins d'Orient, puis n'est plus mentionnĂ©e jusque vers la fin du XIIIe siĂšcle. Selon les versions française et grecque de la Chronique, Nicolas II de Saint-Omer, le seigneur franc » de ThĂšbes, qui en 1281 a reçu de vastes terres en MessĂ©nie, Ă©rige une forteresse Ă  Navarin[30]. Le site est alors appelĂ© Port-de-Jonc, Zonchio ou Avarinos/Navarin. Un chĂąteau est construit sur le site de l'acropole antique Koryphasion il portera par la suite le nom de PalĂ©o Navarino Vieux-Navarin » ou PalĂ©okastro Vieux-ChĂąteau ». Vers 1377, des Albanais s'installent dans la rĂ©gion, tandis qu'en 1381, des mercenaires navarrais, gascons et italiens y sont prĂ©sents[28]. DĂšs les premiĂšres annĂ©es du XVe siĂšcle, la RĂ©publique de Venise s'intĂ©rsse stratĂ©giquement Ă  la forteresse de Navarin, dans la crainte que ses rivaux gĂ©nois ne s'en emparent et ne l'utilisent ainsi comme base d'attaque contre ses avant-postes de Modon et de Coron. Ainsi, les VĂ©nitiens s'emparĂšrent eux-mĂȘmes de la forteresse en 1417 et, aprĂšs de longues manƓuvres diplomatiques, rĂ©ussirent Ă  lĂ©gitimer leur nouvelle possession en 1423[28],[30]. Le NĂ©okastro Nouveau-ChĂąteau, construit par les Ottomans en 1573 sur les hauteurs de l'actuelle Pylos. En 1423, Navarin, comme le reste du PĂ©loponnĂšse, subit son premier raid ottoman, conduit par Turahan Bey, puis en subit un second en 1452[31]. Le contrĂŽle de Navarin par les VĂ©nitiens subsiste aprĂšs la premiĂšre guerre vĂ©nĂ©to-ottomane 1463-1479, mais non aprĂšs la seconde 1499-1503 les VĂ©nitiens sont dĂ©faits Ă  la bataille de Modon en aoĂ»t 1500, lors de laquelle la garnison de 3 000 hommes se rend, bien qu'approvisionnĂ©e pour un siĂšge. Les VĂ©nitiens reprennent la place de Navarin peu de temps aprĂšs, le 3 dĂ©cembre, mais le 20 mai 1501, une attaque terrestre et maritime conjointe ottomane conduite par Kemal Reis et Hadım Ali Pacha la reprend[28],[31]. Une nouvelle forteresse NĂ©o-Navarino est construite par les Turcs en 1573 aprĂšs leur dĂ©faite Ă  LĂ©pante 1571 au sud de la rade, sur le site de la ville actuelle de Pylos, et l'ancienne forteresse franque est alors dĂ©finitivement abandonnĂ©e. En 1685, pendant les premiĂšres annĂ©es de la guerre de MorĂ©e, les VĂ©nitiens menĂ©s par Francesco Morosini envahissent le PĂ©loponnĂšse et en prennent la majeure partie, dont les deux forteresses de Navarin. La pĂ©ninsule sĂ©curisĂ©e par les VĂ©nitiens, Navarin devint un centre administratif dans le nouveau Royaume de MorĂ©e » jusqu'en 1715, lorsque les Ottomans rĂ©cupĂ©rĂšrent le PĂ©loponnĂšse. Le recensement vĂ©nitien de 1689 donne une population de 1 413 habitants Ă  PĂœlos, et vingt ans plus tard, de 1 797 habitants[28]. AprĂšs la reconquĂȘte ottomane, Navarin devient le centre d'une kaza division administrative dans le sandjak district de MorĂ©e ottomane. Le 10 avril 1770, aprĂšs un siĂšge de six jours, la forteresse du NĂ©o-Navarino se rend aux Russes lors de l'expĂ©dition d'Orloff. La garnison ottomane est autorisĂ©e Ă  rejoindre la CrĂšte, tandis que les Russes rĂ©parent la forteresse pour en faire leur base. Cependant, le 1er juin les Russes quittent Navarin et les Ottomans rentrent dans la forteresse qu'ils incendient et dĂ©molissent partiellement[28]. La population grecque s'enfuit alors dans l'Ăźle de SphactĂ©rie, oĂč les mercenaires albanais des Ottomans massacrent la plupart d'entre eux[32]. La Guerre d'indĂ©pendance grecque de 1821 La prise du NĂ©okastro par les rĂ©volutionnaires grecs par Peter von Hess En 1821, les Grecs se rĂ©voltent contre l'occupation ottomane. AprĂšs le dĂ©clenchement de cette rĂ©volution grecque, ils remportent rapidement de nombreuses victoires et proclament leur indĂ©pendance le 1er janvier 1822. Navarin est elle-mĂȘme assiĂ©gĂ©e par la population locale grecque le 29 mars 1821. La garnison ottomane, augmentĂ©e de la population locale musulmane de Kyparissia, tient le siĂšge jusqu'Ă  la premiĂšre semaine d'aoĂ»t, puis est contrainte de capituler. MalgrĂ© leur promesse de sauf-conduit, les Grecs massacrent la garnison et la population civile qui s'y Ă©tait rĂ©fugiĂ©e[28]. Les victoires grecques sont cependant de courte durĂ©e, en partie parce que les insurgĂ©s rapidement se dĂ©chirent entre factions rivales au cours de deux guerres civiles. Le sultan Mahmoud II appelle alors Ă  l’aide son vassal Ă©gyptien MĂ©hĂ©met Ali qui dĂ©pĂȘche en GrĂšce son fils Ibrahim Pacha avec une flotte de 8 000 puis de 25 000 hommes qui dĂ©barquent le 26 fĂ©vrier 1825 Ă  Modon. L’intervention d’Ibrahim est dĂ©cisive la rĂ©gion de Pylos tombe le 18 mai 1825 aprĂšs les batailles de SphactĂ©rie 8 mai 1825 et de Neokastro 11 mai 1825 ; le PĂ©loponnĂšse est reconquis en 1825 ; le verrou de Missolonghi tombe en 1826 ; AthĂšnes est prise en 1827. Il ne reste plus alors Ă  la GrĂšce que Nauplie, Hydra, Spetses et Égine. La bataille navale de Navarin 20 octobre 1827 La Bataille de Navarin, le 20 octobre 1827, au cours de laquelle les forces navales alliĂ©es Grande-Bretagne, France et Russie dĂ©truisent totalement de la flotte turco-Ă©gyptienne Un fort courant d’opinion philhellĂšne se dĂ©veloppe alors en Occident, surtout aprĂšs la chute hĂ©roĂŻque en 1826 de Missolonghi, oĂč le poĂšte Lord Byron avait trouvĂ© la mort en 1824. De nombreux artistes et intellectuels comme Chateaubriand, Victor Hugo, Alexandre Pouchkine, Gioachino Rossini, Hector Berlioz ou EugĂšne Delacroix dans ses tableaux des ScĂšnes des massacres de Scio en 1824, et de la GrĂšce sur les ruines de Missolonghi en 1826, amplifient le courant de sympathie pour la cause grecque dans l'opinion publique. Il est alors dĂ©cidĂ© d’intervenir en faveur de la GrĂšce. Par le traitĂ© de Londres du 6 juillet 1827, la France, la Russie et le Royaume-Uni reconnaissent l’autonomie de la GrĂšce qui devait cependant rester vassale de l’Empire ottoman. Les trois puissances se mettent d’accord pour une intervention limitĂ©e afin de convaincre la Porte d’accepter les termes du traitĂ©. Une expĂ©dition navale de dĂ©monstration est alors suggĂ©rĂ©e et adoptĂ©e. Une flotte conjointe britannique, française et russe de 27 navires de guerre est envoyĂ©e pour exercer une pression diplomatique sur Constantinople. Elle comporte douze navires britanniques pour 456 canons, sept navires français 352 canons et huit navires russes 490 canons formant au total une puissance de feu de prĂšs de 1 300 canons. La bataille navale de Navarin, livrĂ©e le 20 octobre 1827, entraĂźne la destruction totale de la flotte turco-Ă©gyptienne autour de 60 navires dĂ©truits[33],[34]. Le cĂ©lĂšbre Ă©crivain français EugĂšne Sue participe Ă  la bataille, dont il publie le rĂ©cit plus tard en 1842[35]. Sur la place centrale de Pylos se trouve aujourd'hui un monument commĂ©moratif en forme d'obĂ©lisque dĂ©diĂ© Ă  la victoire des flottes alliĂ©es et de leurs trois amiraux, le britannique Edward Codrington, le français Henri de Rigny et le russe Lodewijk van Heiden. Il est l'Ɠuvre du sculpteur grec ThomĂĄs ThomĂłpoulos 1873–1937 et a Ă©tĂ© dĂ©voilĂ© en 1930, bien qu'il n'ait Ă©tĂ© achevĂ© qu'en 1933[36]. La libĂ©ration de Pylos le 6 octobre 1828 et la construction de la nouvelle ville Entrevue du marĂ©chal Maison et d'Ibrahim Pacha en 1828 Ă  Navarin par Jean-Charles Langlois. Le 6 octobre 1828, Pylos est dĂ©finitivement libĂ©rĂ©e des troupes turco-Ă©gyptiennes d'Ibrahim Pacha par les troupes françaises de l’expĂ©dition de MorĂ©e conduites par le marĂ©chal Nicolas-Joseph Maison[37]. La mission de ce corps expĂ©ditionnaire de 15 000 hommes, envoyĂ© par Charles X dans le PĂ©loponnĂšse entre 1828 et 1833, visait Ă  mettre en Ɠuvre le traitĂ© de Londres de 1827, accord en vertu duquel les Grecs auraient droit Ă  un État indĂ©pendant. Les troupes françaises libĂšrent ainsi les villes de Navarin Pylos, de Modon MethĂłni, de Coron KorĂłni et de Patras au mois d'octobre 1828. La ville actuelle de Pylos est alors construite Ă  partir du printemps 1829 Ă  l’extĂ©rieur des murs de la forteresse du NĂ©o-Navarino, sur le modĂšle des bastides du sud-ouest de la France et des villes des Îles Ioniennes qui partagent des Ă©lĂ©ments communs, comme une place centrale d'allure gĂ©omĂ©trique bordĂ©e par des galeries en arcades ou couverts comme Ă  Pylos[38]. Le plan d'urbanisme de Pylos est en effet conçu par le lieutenant-colonel du gĂ©nie de l’expĂ©dition de MorĂ©e originaire du Tarn, Joseph-Victor Audoy. Ce plan est approuvĂ© par le gouverneur de la GrĂšce indĂ©pendante IoĂĄnnis KapodĂ­strias le 15 janvier 1831, ce qui en fait donc le deuxiĂšme plan d'urbanisme aprĂšs celui de MethĂłni de l'histoire de l'État grec moderne[39]. Les fortifications du NĂ©okastro sont relevĂ©es, une caserne est construite le bĂątiment du gĂ©nĂ©ral Maison » dans laquelle se trouve aujourd'hui le MusĂ©e archĂ©ologique de Pylos, de nombreuses amĂ©liorations sont apportĂ©es Ă  la ville Ă©cole, hĂŽpital, Ă©glise, service de poste, boutiques, ponts, places, fontaines, jardins, etc., l'ancien aqueduc ottoman, tombĂ© en ruines jusqu'en 1828, est rĂ©habilitĂ© il servira jusqu'en 1907, et la route entre Navarin et Modon, la premiĂšre de la GrĂšce indĂ©pendante et toujours utilisĂ©e de nos jours, est Ă©galement construite par les ingĂ©nieurs français[38]. Une partie de l’expĂ©dition de MorĂ©e comprend Ă©galement 19 scientifiques, de la Mission scientifique de MorĂ©e[40],[41] », dont les travaux se rĂ©vĂšlent essentiels pour le dĂ©veloppement en cours du nouvel État grec et, plus largement, marquent une Ă©tape majeure dans l’histoire de l’archĂ©ologie, de la cartographie et des sciences naturelles, ainsi que dans l’étude gĂ©nĂ©rale de la GrĂšce. Selon un de leurs recensements de la province de Navarin en 1829, elle compte au total 1 596 habitants[40]. Certains marchands français et quelques officiers français de l’expĂ©dition, restĂ©s avec leurs familles aprĂšs le retour des troupes en France en 1833, s'installent dans un quartier du nord de la ville, prĂšs d'une Ă©glise catholique aujourd'hui disparue. Ce quartier est encore de nos jours surnommĂ© FrancomahalĂĄs » en grec ÎŠÏÎ±ÎłÎșÎżÎŒÎ±Ï‡Î±Î»ÎŹ, de l'arabe Ù…Ű­Ù„Ű© mahallah, quartier ou FrancoklisĂĄ » en grec ÎŠÏÎ±ÎłÎșÎżÎșληΏ, Ă©glise des français[38]. Les Français avaient toujours eu un intĂ©rĂȘt particulier pour la ville, et Ă  cette Ă©poque, certains des plus grands Ă©crivains français Ă©crivent des textes spĂ©cifiquement dĂ©diĂ©s Ă  Navarin, tels que François-RenĂ© de Chateaubriand en 1806[42], EugĂšne Sue[43] et Victor Hugo en 1827[44], Edgar Quinet en 1830[45] et Alphonse de Lamartine en 1832[46]. En 1833, aprĂšs le dĂ©part des français, le nom de Pylos » en rĂ©fĂ©rence Ă  la ville antique du roi Nestor est donnĂ© Ă  la ville neuve de Navarin par arrĂȘtĂ© royal du roi nouvellement installĂ©, Othon Ier de GrĂšce[38]. Au XXe siĂšcle La forteresse de Pylos fut transformĂ©e en lieu de dĂ©portation des opposants politiques lors de la dictature de MĂ©taxas entre 1936 et 1941. Administrativement, Pylos Ă©tait le siĂšge de la Commune de Pylos entre 1912 et 1946, puis devient le siĂšge du DĂšme de Pylos entre 1946 et 2010. Depuis la rĂ©forme de 2011, Pylos est le siĂšge de la nouvelle MunicipalitĂ© de Pylos - Nestor. GĂ©ographie Site La ville de Pylos se site au pied d'un promontoire qui prolonge le mont Aghios Nikolaos 482 m portant la forteresse. Elle est situĂ©e Ă  l'extrĂ©mitĂ© sud-ouest du PĂ©loponnĂšse, sur la cĂŽte ionienne. C'est un important centre d'expĂ©dition et, au cours des derniĂšres annĂ©es, il a connu un important dĂ©veloppement touristique, exploitant son magnifique littoral. Du point de vue de la sĂ©curitĂ©, en raison de l'Ăźle de SphactĂ©rie SfaktirĂ­a, une Ăźle Ă  paroi Ă©troite qui bloque la baie de Navarin et sert de brise-lames naturelle, le port de Pylos est considĂ©rĂ© comme l'un des ancrages les plus sĂ»rs. Communication Pylos possĂšde d'excellentes routes et toutes les commoditĂ©s de communication d'une ville moderne. La route nationale 82 part du centre de Pylos et relie directement Kalamata en mois d'une heure. De Kalamata, l'autoroute met AthĂšnes Ă  deux heures de route. L’aĂ©roport international de Kalamata KLX, aĂ©roport Capitaine Vassilis C. Constantakopoulos, en pleine expansion, offre de nombreux vols rĂ©guliers pour les grandes villes de GrĂšce et de nombreux vols charter au cours de la saison touristique pour de nombreuses destinations internationales. Population Selon le dernier recensement de la population rĂ©alisĂ© en 2011, la population de la municipalitĂ© dĂšme de Pylos-Nestor s’élĂšve Ă  21 077 habitants. L'unitĂ© municipale de Pylos compte 5 287 habitants, tandis que Pylos intra-muros compte 2 345 habitants, ce qui en fait la septiĂšme ville la plus peuplĂ©e de la MessĂ©nie, aprĂšs la capitale Kalamata 54 100, MessĂ­ni 6 065, FiliatrĂĄ 5 969, KyparissĂ­a 5 131, GargaliĂĄni 5 007 et ChĂłra 3 454[2]. Évolution de la Population de Pylos AnnĂ©e de recensement Nombre d'habitants 1689 101[47] 1844 971[48] 1851 924 1861 1 236[49] 1879 1 462[50] 1889 2 168[51] 1896 2 118[52] 1907 2 100[53] 1920 2 026[54] 1928 2 315[55] 1940 2 750[56] 1951 2 611[57] 1961 2 434[58] 1971 2 258[59] 1981 2 107[60] 1991 2 014[61] 2001 2 104[62] 2011 2 345[63] Patrimoine Les chĂąteaux de Navarin L'Église de la Transfiguration du Sauveur du NĂ©okastro de Pylos gravĂ©e par Abel Blouet en 1831, lors de l’expĂ©dition de MorĂ©e. La ville de Pylos possĂšde deux chĂąteaux Kastra le PalĂ©okastro vieux-chĂąteau franc et le NĂ©okastro nouveau-chĂąteau ottoman. Le premier se situe au nord-ouest de la baie de Navarin et au nord de l'Ăźle de SphactĂ©rie, tandis que le second se trouve au sud-ouest de la baie, sur les hauteurs de la ville de Pylos. Le PalĂ©okastro, situĂ© sur le sommet du promontoire du cap Koryphasion promontoire en continuitĂ© gĂ©ologique avec de l'Ăźle de SphactĂ©rie dont il n'est sĂ©parĂ© que par l’étroite passe de SykiĂĄ, est construit sur le site de l'acropole antique de Pylos. Il offre une vue panoramique remarquable sur les alentours, s’étendant de la mer Ionienne Ă  la plaine de Pylie. En contrebas se trouve la grotte de Nestor, dans laquelle, selon la mythologie, le roi de Pylos faisait paĂźtre ses bƓufs, et la baie de VoĂŻdokiliĂĄ, dont la plage est rĂ©guliĂšrement classĂ©e parmi les plus belles du monde[64]. Elle borde la lagune de GiĂĄlova ou lac d'Osman-aga, situĂ©e Ă  l'est et la baie de Navarin au sud. Cependant, l'accĂšs au PalĂ©okastro peut prĂ©senter des risques concernant la sĂ©curitĂ© des visiteurs, en raison de sa grande dĂ©tĂ©rioration. En revanche, le NĂ©okastro, qui est en meilleur Ă©tat de conservation, prĂ©sente une vue remarquable sur l'Ăźle de SphactĂ©rie, sur la baie de Navarin dont il contrĂŽlait l’entrĂ©e, ainsi que sur le port et la ville de Pylos. Il est toujours Ă  l'heure actuelle l'une des forteresses les mieux conservĂ©es de GrĂšce. Il renferme en ses murs l'Ă©glise de la Transfiguration du Sauveur, une mosquĂ©e transformĂ©e plus tard en Ă©glise chrĂ©tienne. Cette Ă©glise, l'une des plus belles et des mieux conservĂ©e de GrĂšce, a Ă©tĂ© reproduite dans une gravure d'Abel Blouet, le directeur de la section d'architecture de l'expĂ©dition de MorĂ©e en 1831[41]. Dans la pinĂšde du NĂ©okastro se trouve Ă©galement l'ancienne caserne construite par les troupes françaises de l’expĂ©dition, le bĂątiment du gĂ©nĂ©ral Maison », qui abrite aujourd'hui le nouveau musĂ©e archĂ©ologique de Pylos[65]. L'aqueduc de Navarin Ancien aqueduc ottoman de Navarin Au sud de la ville de Pylos, sur la route de MethĂłni, se trouve l'ancien aqueduc de Navarin, construit au XVIe siĂšcle par les Ottomans afin de rĂ©pondre aux besoins d'approvisionnement en eau du NĂ©okastro. ComposĂ© par deux systĂšmes hydrauliques, il conduisait les eaux depuis les prises d'eau du plateau de Koubmeh situĂ© prĂšs de la ville de ChandrinoĂș Ă  environ 15 kilomĂštres au nord-est de Pylos sur la route de Kalamata et de PalĂ©o Nero, situĂ© prĂšs du village de PalaiĂłnero. Les deux systĂšmes s'associaient en un systĂšme unique que l'on peut encore observer de nos jours aux abords de Pylos dans le quartier de KamĂĄres. Ensuite, grĂące Ă  un conduit souterrain de l'aqueduc, les eaux pĂ©nĂ©traient Ă  l’intĂ©rieur de la forteresse pour y alimenter les fontaines du NĂ©okastro[66],[67]. TombĂ© en ruines jusqu'en en 1828, il est rĂ©habilitĂ© en 1832 par les ingĂ©nieurs français du gĂ©nie de l’expĂ©dition de MorĂ©e, et servira pour approvisionner Pylos en eau jusqu'en 1907[38]. Le centre-ville de Pylos Les galeries en arcades des bĂątiments entourant la place centrale des Trois Amiraux de Pylos AdossĂ©e Ă  deux collines dont l'une est surplombĂ©e par la forteresse du NĂ©okastro, la ville de Pylos est s'ouvre en amphithéùtre sur la majestueuse baie de Navarin, amphithéùtre dont le proscenium serait la place centrale de la ville et la scĂšne, son port et la mer. En plus des maisons modernes, Pylos possĂšde encore de nombreuses maisons anciennes du XIXe siĂšcle qui ont Ă©tĂ© parfaitement prĂ©servĂ©es. Celles-ci sont bĂąties en pierre, Ă  l'architecture typiquement messĂ©nienne et entourĂ©es par des cours et jardins spacieux. Elles sont construites principalement entre des rues Ă©troites, gĂ©nĂ©ralement symĂ©triques, et suivant le plan d'urbanisme original Ă©tabli par les ingĂ©nieurs français du gĂ©nie de l’expĂ©dition de MorĂ©e au dĂ©but du XIXe siĂšcle[38]. Beaucoup de rues ont conservĂ© leur pavement en pierre d'origine et plusieurs d'entre elles, celles qui sont adossĂ©es aux collines, sont piĂ©tonnes et comportent des marches. PrĂšs du front de mer se trouve la place principale de la ville, la place des Trois Amiraux, entourĂ©e par des bĂątiments dont le rez-de-chaussĂ©e abrite, le plus souvent sous des galeries en arcades, des marchĂ©s, des boulangeries, des commerces et des cafĂ©s traditionnels. Le bord de mer, au nord-ouest de la ville, suit une rue rĂ©cemment piĂ©tonnisĂ©e qui mĂšne les promeneurs de la place centrale au port moderne, en passant par le quartier de FrancomahalĂĄs. Dans cette rue, alignĂ©e le long du vieux-port, se trouvent plusieurs tavernes Ă  poissons traditionnelles. Le port est dominĂ© par la mairie de Pylos. À cĂŽtĂ© d'elle se trouve une magnifique maison ancienne de deux Ă©tages, rĂ©cemment rĂ©novĂ©e, celle du champion olympique KostĂ­s TsiklitĂ­ras, dans laquelle a Ă©tĂ© installĂ© un musĂ©e regroupant une collection de tableaux, gravures et documents anciens rĂ©unis par l'historien et Ă©crivain français RenĂ© Puaux 1878–1936. Un peu plus loin, toujours en suivant le bord de mer, se trouve le bĂątiment historique du CollĂšge de Pylos qui fut fondĂ© en septembre 1921 par arrĂȘtĂ© royal et bĂąti en 1924[68]. AprĂšs la cessation de ses activitĂ©s en 1987, le bĂątiment a abritĂ© jusqu'Ă  trĂšs rĂ©cemment l'Institut d'astrophysique physique Nestor » de l'Observatoire national de GrĂšce. L'institut est en effet chargĂ© du projet de recherche international NESTOR et de son tĂ©lescope sous-marin Ă  neutrinos, qui est installĂ© Ă  plus de 4 000 mĂštres de profondeur, dans la fosse marine la plus profonde de la mer MĂ©diterranĂ©e qui se situe Ă  31 km au large de Pylos[69]. En septembre 1992, le bĂątiment historique du CollĂšge de Pylos a Ă©tĂ© classĂ© par le ministĂšre de la Culture Monument Historique PrĂ©servĂ©[68] et abritera Ă  l'avenir la bibliothĂšque et la galerie de la municipalitĂ© de Pylos. La ville possĂšde Ă©galement des succursales bancaires, un bureau de poste, diverses cliniques, un centre de santĂ©, une caserne de pompiers, une Ă©cole de voile, des crĂšches, des Ă©coles primaires, un collĂšge, un lycĂ©e et un conservatoire de musique. La ville abrite aussi plusieurs associations culturelles et de dĂ©veloppement. La place centrale des trois amiraux Monument commĂ©moratif dĂ©diĂ© Ă  la bataille de Navarin, sur la place centrale de par les troupes françaises du gĂ©nie de l’expĂ©dition de MorĂ©e en 1829, la place centrale de Pylos se remarque immĂ©diatement par son schĂ©ma gĂ©omĂ©trique triangulaire caractĂ©ristique, dont l'un des cĂŽtĂ©s ouvre la place théùtralement sur la mer et le port de Pylos et dont les deux autres cĂŽtĂ©s sont bordĂ©s par des galeries en arcades ou couverts rappelant l'architecture les places centrales des bastides du sud-ouest de la France et celles des villes des Ăźles Ioniennes comme Ă  Corfou[38]. Ces galeries abritent de nombreux petits marchĂ©s et commerces, ainsi que des cafĂ©s et restaurants traditionnels ou plus modernes. Leurs terrasses s’étendent pour la plupart sur la place elle-mĂȘme, qu'ombragent plusieurs platanes centenaires. Au centre, entourĂ© par deux majestueux Phoenix, se trouve un monument commĂ©moratif de la bataille de Navarin, en forme d'obĂ©lisque et dĂ©diĂ© Ă  la victoire des flottes alliĂ©es et de leurs trois amiraux, le britannique Edward Codrington, le français Henri de Rigny et le russe Lodewijk van Heiden. Les Ă©glises Sur le versant Est de la colline de Pylos se trouve l’Église de l'Assomption de la Vierge Marie IerĂłs NaĂłs tis KimĂ­seos tis TheotĂłkou, tandis qu'Ă  l'Ouest, Ă  l'intĂ©rieur du NĂ©okastro, se trouve l'ancienne Église de la Transfiguration du Sauveur IerĂłs NaĂłs tis MetamĂłrphosis tou SotĂ­ros, qui toutes deux appartiennent au DiocĂšse de MessĂ©nie. L’Église de la Transfiguration n'organise quasiment plus d'activitĂ©s religieuses elle a Ă©tĂ© convertie en musĂ©e et en centre d'exposition, tandis que celle de l'Assomption rassemble toujours de nombreux fidĂšles lors de ses offices rĂ©guliers, et particuliĂšrement lors des fĂȘtes de PĂąques et de la Vierge MyrtiodiĂłtissa la vierge aux myrtes, Ă  laquelle l'Ă©glise est consacrĂ©e qui attirent de nombreux touristes venus d’AthĂšnes ou de l’étranger pour assister aux processions organisĂ©es dans le centre de la ville. Église de l'Assomption de la Vierge Marie Église de la Transfiguration du Sauveur Le port et la marina Vue du port et de la marina de Pylos Le port de Pylos est l'une des destinations d'abordage les plus sĂ»res pour les navires voyageant en mer MĂ©diterranĂ©e. La rade de Navarin continue Ă  servir rĂ©guliĂšrement d'abri aux navires lors des tempĂȘtes en mer MĂ©diterranĂ©e. De plus, sa situation stratĂ©gique entre la mer Ionienne et la mer ÉgĂ©e en fait une destination idĂ©ale pour une station intermĂ©diaire sur la route des Cyclades, des Ăźles du DodĂ©canĂšse ou de la CrĂšte. Avec sa jetĂ©e moderne, il accueille frĂ©quemment au cours de la saison estivale de nombreux navires de croisiĂšre. À l'est du port, se trouve Ă©galement la marina de Pylos, dont un projet en cours s'occupe actuellement de sa mise en valeur dans le cadre du dĂ©veloppement touristique rapide de la rĂ©gion. Les environs de Pylos Le Palais de Nestor Le Palais de NestorÀ 17 kilomĂštres au Nord de Pylos, et Ă  4 kilomĂštres au Sud de la ville de ChĂłra, se trouve la colline d'Ano Englianos qui abrite le palais mycĂ©nien de l'Âge du bronze connu sous le nom de Palais de Nestor » 1600–1200 av. Ce palais reste aujourd'hui en GrĂšce le palais le mieux conservĂ© et l'un des plus importants de toute la civilisation mycĂ©nienne[10]. On peut y voir la salle du trĂŽne avec son foyer, une antichambre, des salles et des coursives toutes recouvertes de fresques d'inspiration minoenne, mais aussi des grands entrepĂŽts, les murs externes du palais, des bains uniques, des galeries et Ă  90 mĂštres du palais, une tombe Ă  tholos, ou chambre funĂ©raire Ă  coupole, parfaitement restaurĂ©e en 1957 Tholos tomb IV. Tout rĂ©cemment, en 2015, l’équipe de Sharon Stocker et de Jack L. Davis de l'universitĂ© de Cincinnati ont dĂ©couvert, Ă  proximitĂ© du palais, la tombe du Guerrier Griffon », puis en 2017, deux autres tombes Ă  tholos Tholos tombs VI and VII, contenant toutes trois une multitude d'artĂ©facts culturels et de bijoux d'une dĂ©licatesse et minutie exceptionnelles comme de nombreuses chevaliĂšres en or, l'agate du combat de Pylos ou un pendentif en or reprĂ©sentant la tĂȘte de la dĂ©esse Ă©gyptienne Hathor[21],[22]. En juin 2016, le site a rouvert au public aprĂšs 3 ans de travaux de remplacement de l'ancien toit des annĂ©es 60 par une structure moderne avec des passerelles surĂ©levĂ©es pour les visiteurs. Le site archĂ©ologique du Palais de Nestor peut ĂȘtre visitĂ© tous les jours, sauf les jours fĂ©riĂ©s et les mardis[70]. Guerriers sur un char. Fresque du palais de Nestor pĂ©riode LHIIIB, vers 1300 av. Joueur de lyre et oiseau. Fresque du palais de Nestor pĂ©riode LHIIIB, vers 1300 av. ScĂšne de bataille. Fresque du palais de Nestor pĂ©riode LHIIIB, vers 1300 av. Le MusĂ©e archĂ©ologique de ChĂłra Le musĂ©e archĂ©ologique de ChĂłra Le musĂ©e archĂ©ologique se trouve dans le centre-ville de ChĂłra, situĂ©e Ă  4 kilomĂštres au Nord du Palais de Nestor. Le musĂ©e a Ă©tĂ© construit en 1969 pour accueillir les artĂ©facts dĂ©couverts dans le Palais de Nestor et dans le reste de la rĂ©gion. Cependant, une partie d'entre eux se trouvent actuellement au MusĂ©e National ArchĂ©ologique d'AthĂšnes, dans la premiĂšre salle consacrĂ©e a la civilisation mycĂ©nienne. Le musĂ©e de ChĂłra comprend trois salles. La premiĂšre salle contient des trouvailles provenant presque exclusivement des tombes de la rĂ©gion des pots, des armes et des bijoux. La deuxiĂšme salle contient des trouvailles de la rĂ©gion d’Englianos et du palais de Nestor. En plus des grandes jarres de rangement et autres cĂ©ramiques provenant des entrepĂŽts du palais, il s'y trouve quelques fresques murales, comme celle reprĂ©sentant un joueur de lyre Ă  l'oiseau; ainsi que des scĂšnes de guerre et des scĂšnes de chasse. Dans la derniĂšre salle, sont exposĂ©es d’autres trouvailles provenant de la colline d’Englianos et du palais de Nestor et notamment une partie du contenu des tombes de cette rĂ©gion, comme des vases gĂ©ants, des tasses et des bijoux et des tablettes en argile avec leurs inscriptions en linĂ©aire B. Le MusĂ©e archĂ©ologique de ChĂłra peut ĂȘtre visitĂ© tous les jours, sauf les jours fĂ©riĂ©s et les mardis[71]. La lagune de GiĂĄlova et les plages de VoĂŻdokiliĂĄ et de DivĂĄri Au nord de la baie de Navarin, Ă  proximitĂ© du village de GiĂĄlova, se trouve la lagune de GiĂĄlova ou lac d'Osman-aga, l'une des dix plus grandes de GrĂšce. Faisant partie du rĂ©seau Natura 2000 et classĂ© comme lieu d'une beautĂ© naturelle remarquable, son Ă©tang constitue un rĂ©serve ornithologique d'importance exceptionnelle en Europe pour les oiseaux migrant entre les Balkans et l'Afrique, et offre un refuge Ă  environ 270 espĂšces d'oiseaux, comme les flamants roses, les ibis falcinelles, les hĂ©rons striĂ©s et cendrĂ©s, les grandes aigrettes, les aigrettes garzettes, les courlis, les pluviers dorĂ©s, les Ă©chasses blanches, les cormorans, les martins-pĂȘcheurs, les combattants variĂ©s, les sarcelles d'Ă©tĂ©, mais aussi les goĂ©lands et les rapaces faucons crĂ©cerellettes, balbuzards pĂȘcheurs, faucons pĂšlerins et aigles impĂ©riaux[72]. La lagune abrite Ă©galement une espĂšce trĂšs rare, en voie d'extinction dans toute l'Europe, le camĂ©lĂ©on africain. Un poste d'observation installĂ© par la SociĂ©tĂ© grecque d'ornithologie permet aux visiteurs d'en apprendre davantage sur la faune de la lagune et d'observer les eaux saumĂątres peu profondes du lac; ils peuvent Ă©galement y parcourir les chemins qui traversent les diffĂ©rents Ă©cosystĂšmes de la lagune[73]. La baie et la plage de VoĂŻdokiliĂĄ À l'extrĂ©mitĂ© ouest de la lagune, se trouve la petite baie de VoĂŻdokiliĂĄ, dont la plage en forme d'anse est rĂ©guliĂšrement classĂ©e parmi les plus belles du monde[64]. Elle est bordĂ©e d'un cĂŽtĂ© Ă  l'est par la lagune de DivĂĄri dont elle est sĂ©parĂ©e par un banc de dunes, d'un autre cĂŽtĂ© Ă  l'ouest par la mer Ionienne sur laquelle elle s'ouvre, et enfin d'un troisiĂšme cĂŽtĂ© au sud par la baie de Navarin. La plage fait Ă©galement partie du rĂ©seau Natura 2000. Elle est libre d’accĂšs et est accessible par deux voies soit par une route venant du village de GiĂĄlova qui traverse la lagune de DivĂĄri, soit par un chemin qui traverse le village de PetrochĂłri. Sur le promontoire Nord de l’entrĂ©e du lagon de VoĂŻdokiliĂĄ, se trouve une tombe Ă  tholos mycĂ©nienne dite de ThrasymĂšde », fils de Nestor. Sur les hauteurs de la plage, en montant vers le PalĂ©okatro, se trouve la grotte dite de Nestor », dans laquelle, selon la mythologie, le roi de Pylos faisait paĂźtre ses bƓufs. En se rendant de VoĂŻdokiliĂĄ vers le village GiĂĄlova Ă  l'est, une route asphaltĂ©e emprunte la langue de terre Ă©troite passant entre la lagune de DivĂĄri et la baie de Navarin. Le long de cette route se trouve une longue plage de sable blanc qui longe la rade de Navarin, la plage de la CĂŽte d'Or ParalĂ­a tis ChrysĂ­s AktĂ­s ou plage de DivĂĄri. Elle rejoint dans le village de GiĂĄlova Ă  l'est, une autre plage, la plage de GiĂĄlova. La baie de VoĂŻdokiliĂĄ, situĂ©e entre la mer Ionienne, la lagune de DivĂĄri et la baie de Navarin vue panoramique depuis le PalĂ©okatro. ÉvĂ©nements Les Navarinia » 2018 dans le port de Pylos Depuis 2017, ont lieu chaque annĂ©e autour du 20 octobre, les Navarinia », une cĂ©lĂ©bration organisĂ©e en mĂ©moire de la bataille de Navarin 20 octobre 1827 par la municipalitĂ© de Pylos-Nestor et les nombreux volontaires de l'association locale organisatrice de l'Ă©vĂ©nement[74]. Étendues sur une durĂ©e de plusieurs jours, les cĂ©lĂ©brations culminent le jour anniversaire de la bataille dans le port de Pylos, avec la participation de la marine hellĂ©nique et des reprĂ©sentants diplomatiques et militaires des trois pays alliĂ©s. Des frĂ©gates de la marine hellĂ©nique, britannique, française et russe, ainsi que de nombreux vieux grĂ©ements civils prennent part Ă  une impressionnante reconstitution en son et lumiĂšre de la cĂ©lĂšbre bataille. La soirĂ©e se termine le plus souvent par la mise Ă  feu d'un navire reconstituĂ© ayant pris part Ă  la bataille et par un imposant feu d’artifice tirĂ© depuis le port. Les cĂ©lĂ©brations sont Ă©galement accompagnĂ©es les jours prĂ©cĂ©dents par divers Ă©vĂ©nements culturels menĂ©s en parallĂšle dans d'autres parties de la ville cĂ©rĂ©monies d'hommages rendus aux morts sur les diffĂ©rents monuments commĂ©moratifs de Pylos et de la rĂ©gion, confĂ©rences nationales et internationales, dĂ©filĂ©s dans les rues de Pylos, spectacles musicaux et de danse traditionnelles, etc.[74]. Bien qu'organisĂ©es Ă  la fin de la saison touristique, ces cĂ©lĂ©brations attirent gĂ©nĂ©ralement une foule nombreuse de spectateurs. Εn 2019, les manifestations, qui ont eu lieu en prĂ©sence du PrĂ©sident de la RĂ©publique HellĂ©nique, ont rĂ©uni plus de 10 000 visiteurs[75]. En 2020, les Navarinia se voient attribuer le Gold Tourism Award 2020 dans la catĂ©gorie Tourisme culturel[76]. PersonnalitĂ©s liĂ©es Ă  la ville Nestor hĂ©ros de la mythologie grecque, fils de NĂ©lĂ©e et de Chloris et roi lĂ©gendaire de Pylos. Selon HomĂšre, il est le plus ĂągĂ© et le plus sage des hĂ©ros de la guerre de Troie. Edward Codrington 1770–1851 amiral britannique, commandant de la flotte britannique lors de la bataille de Navarin. Lodewijk van Heiden 1773–1850 amiral russe d'origine nĂ©erlandaise, commandant de la flotte russe lors de la bataille de Navarin. Henri de Rigny 1782–1835 amiral français, commandant de la flotte française lors de la bataille de Navarin et ministre français de la Marine 1831, puis des Affaires Ă©trangĂšres entre 1834 et 1835. Nicolas-Joseph Maison 1770–1851 commandant en chef de l’expĂ©dition de MorĂ©e entre 1828 et 1829, marĂ©chal de France 1829 et ministre français des Affaires Ă©trangĂšres 1830, puis de la Guerre entre 1835 et 1836. Joseph-Victor Audoy 1782–1871 lieutenant-colonel et commandant du gĂ©nie de l’expĂ©dition de MorĂ©e, il fut chargĂ© par le gouverneur de la GrĂšce IoĂĄnnis KapodĂ­strias d'Ă©tablir le plan d'urbanisme de Pylos, puis de bĂątir la ville actuelle Ă  partir de 1829. Carl Blegen 1887–1971 archĂ©ologue amĂ©ricain, il dirigea les premiĂšres fouilles archĂ©ologiques du Palais de Nestor entre 1939 et 1952. KonstantĂ­nos TsiklitĂ­ras 1888–1913 athlĂšte grec mĂ©daillĂ© aux Jeux olympiques de Londres en 1908 mĂ©daille d'argent en saut en longueur sans Ă©lan, mĂ©daille d'argent en saut en hauteur sans Ă©lan et aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912 mĂ©daille d'or du saut en longueur sans Ă©lan, mĂ©daille de bronze du saut en hauteur sans Ă©lan. AntĂłnis SamarĂĄs 1951– ancien Premier ministre de GrĂšce entre 2012 et 2015, plusieurs fois ministre et dĂ©putĂ© de la circonscription de Pylos depuis 1977. Bibliographie en Carl W. Blegen, et collaborateurs, The Palace of Nestor at Pylos in Western Messenia, Princeton University Press, tomes I-III, 1966-1973. en Jack L. Davis, Sandy Pylos An Archaeological History from Nestor to Navarino, University of Texas Press 1998; Greek Translation 2004; second edition 2007. With Alcock, J. Bennet, Y. Lolos, C. Shelmerdine, and E. Zangger. en Jack L. Davis et Sharon R. Stocker, The Lord of the Gold Rings The Griffin Warrior of Pylos, Hesperia The Journal of the American School of Classical Studies at Athens, pp. 627-655, octobre-dĂ©cembre 2016, DOI en Sharon R. Stocker et Jack L. Davis, The Combat Agate from the Grave of the Griffin Warrior at Pylos, Hesperia The Journal of the American School of Classical Studies at Athens, pp. 583-605, octobre-dĂ©cembre 2017, DOI John Chadwick, Le dĂ©chiffrement du linĂ©aire B, NRF Gallimard, 1972, 242 p. John Chadwick, LinĂ©aire B et Ă©critures apparentĂ©es, dans La naissance des Ă©critures, Seuil, 1994 ISBN 2-02-033453-4. 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Articles connexes Palais de Nestor Agate du combat de Pylos Guerre du PĂ©loponnĂšse Guerre d’indĂ©pendance grecque Bataille de Navarin ExpĂ©dition de MorĂ©e Liens externes el Page officielle des Navarinia en Palais de Nestor Jours et horaires de visite sur le site du MinistĂšre de la Culture et des Sports en MusĂ©e archĂ©ologique de ChĂłra Jours et horaires de visite sur le site du MinistĂšre de la Culture et des Sports Pylos sur le site de Cliolamuse en Projet ArchĂ©ologique RĂ©gional du Pylos en sur Perseus en Le Palais de Nestor en Le Projet Pylos - UniversitĂ© du Minnesota en le site web de la rĂ©gion de Pylos-Voidokilia En-Fr el Article de Kathimerini, Χαρ. Α. ÎœÏ€ÎŹÎ»Î±, ΚαΞηΌΔρÎčÎœÎź 2 ΟÎș. 1994 Notes et rĂ©fĂ©rences ↑ el RĂ©sultats du recensement de la population en 2011 » ↑ a et b el Recensement 2011 fichier excel » en grec, par l'AutoritĂ© statistique grecque ELSTAT ↑ Georges S. Korres, Adamantios Sampson, Stela Katsarou 2010, Grotte de Nestor Ă  VoĂŻdokiliĂĄ, Pylos. Recherches et examen prĂ©liminaire des dĂ©couvertes anciennes et rĂ©centes, Actes de la quatriĂšme confĂ©rence locale des Études MessĂ©niennes. Î“Î”ÏŽÏÎłÎčÎż υλ. ÎšÎżÏÏÎ­, Î‘ÎŽÎ±ÎŒÎŹÎœÎčÎż αΌψώΜ, έλλα ÎšÎ±Î±ÏÎżÏ, 2010, Îż Ï€ÎźÎ»Î±ÎčÎż ÎÎ­ÎżÏÎż ηΜ Î’ÎżÏŠÎżÎŽÎżÎșÎżÎčλÎčÎŹ Î ÏÎ»ÎżÏ…. Η Î”ÏÎ”Ï…ÎœÎŹ ÎżÏ… ÎșαÎč η Ï€ÏÎżÎșααρÎčÎșÎź ΔΟέαη Μ παλαÎčÎżÎ­ÏÎœ ÎșαÎč ΜΔέρΜ Î”Ï…ÏÎ·ÎŒÎŹÎœ. ΠραÎșÎčÎșÎŹ Δ΄ ÎżÏ€ÎčÎșÎżÏ Ï…ÎœÎ”ÎŽÏÎŻÎżÏ… ΜΔηΜÎčαÎșώΜ Ï€ÎżÏ…ÎŽÏŽÎœ ↑ Pierre Vidal-Naquet, Le monde d’HomĂšre, Perrin, Paris, 2000. ↑ RenĂ© Treuil, Pascal Darcque, Jean-Claude Poursat et Gilles Touchais, Les Civilisations Ă©gĂ©ennes du NĂ©olithique et de l'Âge du Bronze, Presses universitaires de France, Paris 2008 2e Ă©dition refondue ISBN 978-2-13-054411-1, page 418 ↑ a b et c Jack L. Davis, Alcock, J. Bennet, Y. Lolos, C. Shelmerdine et E. 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Or, ce troisiĂšme palais est celui qui avait le plus grand foyer diamĂštre de 4,02 m dans la salle du trĂŽne, par rapport aux foyers respectifs des palais de MycĂšnes 4,00 m et de Tirynthe 3,50 m. Cela montre, en plus de toute la structure du palais, de sa dĂ©coration et de son organisation, que le maĂźtre de la rĂ©gion dĂ©tenait une grande puissance et provenait d'une grande famille » Source article du professeur d'archĂ©ologie de l'universitĂ© d'AthĂšnes Georges S. KorrĂšs, intitulĂ© Le Palais de Nestor d'Epano Englianos est l'un des monuments les plus importants de la GrĂšce mycĂ©nienne », journal I Kathimerini, pages 4-6, dimanche 2 octobre 1994. ↑ John Chadwick, Le dĂ©chiffrement du linĂ©aire B, NRF Gallimard, 1972, p. 242 ↑ John Chadwick trad. de l'anglais, La naissance des Ă©critures, Paris, Seuil, 1994, 503 p. ISBN 2-02-033453-4, LinĂ©aire B et Ă©critures apparentĂ©es ». ↑ en Jack L. Davis et Sharon R. 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Charpentier, E. Fasquelle, Paris, 1897. ↑ en Christopher Montague Woodhouse, The Battle of Navarino, Londres, Hodder et Stoughton, 1965 ↑ EugĂšne Sue, Combat de Navarin, 1842. Transcription du manuscrit. BibliothĂšque de Lisieux. ↑ en grec ↑ MarĂ©chal Nicolas-Joseph Maison, DĂ©pĂȘches adressĂ©es au ministre de la Guerre Louis-Victor de Caux, vicomte de Blacquetot, octobre 1828, in Jacques Mangeart, Chapitre SupplĂ©mentaire des Souvenirs de la MorĂ©e recueillis pendant le sĂ©jour des Français dans le PĂ©loponĂšse, Igonette, Paris, 1830. ↑ a b c d e f et g el Kalogerakou Pigi P. ÎšÎ±Î»ÎżÎłÎ”ÏÎŹÎșÎżÏ… ΠηγΟ Π., La contribution du corps expĂ©ditionnaire français Ă  la restauration des forteresses et des villes de MessĂ©nie Η Ï…ÎŒÎČολΟ ÎżÏ… ΓαλλÎčÎșÎżÏ ΔÎșραΔυÎčÎșÎżÏ ÏŽÎŒÎ±Îż ηΜ Î±Ï€ÎżÎșαΏαη Μ Ï†ÏÎżÏ…ÏÎŻÎœ ÎșαÎč Μ πλΔΜ η ÎœÎ”Î·ÎœÎŻÎ±, in ΟÎč Ï€ÎżÎ»ÎčÎčÎșÎżÏÎ±ÎčÎčÎșέ χέΔÎč ΕλλΏΎα - Γαλλία 19Îż - 20 αÎč., Direction de l'histoire de l'armĂ©e ΔÎčΔύΞυΜη Î™ÎżÏÎŻÎ± ÏÎ±ÎżÏ, 13-41, AthĂšnes, 2011. en grec ↑ Aux Archives du MinistĂšre grec de l’amĂ©nagement du territoire, de l'habitat et de l'environnement ΄ΠΕΧΔΕ se trouvent 2 copies originales du plan d'urbanisme de Modon signĂ©es par IoĂĄnnis KapodĂ­strias, et dont l'une porte en bas Ă  droite une note de Audoy LevĂ© et dessinĂ© par moi, lieutenant du gĂ©nie, Modon, 4 mai 1829 - Signature - Audoy » et une copie du plan d'urbanisme de Navarin signĂ©e par KapodĂ­strias le 15 janvier 1831. Ces plans d'urbanisme portent respectivement les nos 1 et 2 des Archives du MinistĂšre. ↑ a et b Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, Relation de l'ExpĂ©dition scientifique de MorĂ©e Section des sciences physiques, Levrault, Paris, 1836. ↑ a et b Abel Blouet, Amable RavoisiĂ©, Achille Poirot, FĂ©lix TrĂ©zel et FrĂ©dĂ©ric de Gournay, Expedition scientifique de MorĂ©e ordonnĂ©e par le Gouvernement Français ; Architecture, Sculptures, Inscriptions et Vues du PĂ©loponĂšse, des Cyclades et de l'Attique, Firmin Didot, Paris, 1831. ↑ François-RenĂ© de Chateaubriand, ItinĂ©raire de Paris Ă  JĂ©rusalem et de JĂ©rusalem Ă  Paris, en allant par la GrĂšce et revenant par l’Égypte, la Barbarie et l'Espagne, Le Normant, Paris, 1811. ↑ EugĂšne Sue, Combat de Navarin, Paris, 1842. Il avait en effet participĂ© Ă  la bataille de Navarin le 10 octobre 1827 et en avait publiĂ© une description dĂ©taillĂ©e. ↑ Victor Hugo, poĂšme Navarin dans les Orientales, Paris, 1829. ↑ Edgar Quinet membre de la commission scientifique de l’expĂ©dition de MorĂ©e, De la GrĂšce moderne, et de ses rapports avec l'antiquitĂ©., Levrault, Paris, 1830. ↑ Alphonse de Lamartine, Souvenirs, impressions, pensĂ©es et paysages, pendant un voyage en Orient 1832-1833, Librairie Charles Gosselin, Paris, 1835. ↑ Spyridon Lampros, Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź ÎÎżÎŒÎżÏ ΜΔΞώΜη Î”Ï€ÎŻ ΒΔΜΔώΜ», Î”Î”Î»ÎŻÎżÎœ η Î™ÎżÏÎčÎșÎź ÎșαÎč Î•ÎžÎœÎżÎ»ÎżÎłÎčÎșÎź ΕαÎčÏÎ”ÎŻÎ± η ΕλλΏΎο, ÎŒÎż 2Îż, ΕÎș ÎżÏ… Ï…Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ… ΑΎΔλφώΜ Î Î”ÏÏÎź, ΕΜ Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1883, Δλ. 686-710. Απ ηΜ ΚηφÎčαÎșÎź ΒÎčÎČλÎčοΞΟÎșη ÎżÏ… ΠαΜΔπÎčÎ·ÎŒÎŻÎżÏ… Î™Î±ÎœÎœÎŻÎœÎœ, Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź 1689, Νο 52 Borgo di Navarin - Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź 1879, Νο 52 Î ÏÎ»Îż, Δλ. 700-701. ↑ Î±ÎŒÎ±ÎŹÎșη, Ι. Δ., "Î ÎŻÎœÎ±ÎŸ Ï‡ÏÎżÎłÏÎ±Ï†ÎčÎș η ΕλλΏΎο, ΠΔρÎčέχΜ α ΟΜΌαα, α Î‘Ï€ÎżÎŹÎ”Îč ÎșαÎč ÎżÎœ ΠληΞυΌΜ Μ Î”ÎźÎŒÎœ, ΠλΔΜ ÎšÎŒÎżÏ€Î»Î”Îœ ÎșαÎč Î§ÏÎŻÎœ. / ΕραΜÎčΞΔί ΔÎș ÎŽÎčαφρΜ ΔπÎčÎźÎŒÎœ Î”ÎłÎłÏÎŹÏ†Îœ η Β. ΚυÎČÎ”ÏÎœÎźÎ”, ÎșαÎč ΔÎșΎοΞΔί υπ Ι. Δ. Î±ÎŒÎ±ÎŹÎșη". ΕÎș ÎżÏ… Ï…Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ… Γ. Î’Î»Î±Î±ÏÎŻÎŽÎżÏ…. ΕΜ Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1846, ↑ MinistĂšre de l’IntĂ©rieur et de la Statistique de la GrĂšce, "ΠληΞυΌ ÎżÏ… Î­ÎżÏ… 1861, ΔÎș ÎżÏ… ÎČαÎčλÎčÎșÎżÏ Ï…Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ…, ΕΜ Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1862. ΚαÎč Ï†ÎżÎŒÎ·Ï‡Î±ÎœÎčÎșÎź αΜαύπη ΌΔ Ï€ÏÎżÎ»Î”ÎłÎŒÎ”ÎœÎ± - ΔπÎčΌέλΔÎčα αΜαύπη ΓÎčÎŹÎœÎœÎ· ÎœÏ€Î±Ï†ÎżÏÎœÎ·, "ΕαÎčÏÎ”ÎŻÎ± ΜΔλέη ÎÎ­ÎżÏ… ΕλληΜÎčÎŒÎżÏ", Ï€Î±ÏÎŹÏÎ·ÎŒÎ± πΔρÎčοΎÎčÎșÎżÏ "ÎœÎœÎźÎŒÎœ", αρ. 7, έÎșΎοη "ΠολÎčÎčÎčÎș Î”Ï‡ÎœÎżÎ»ÎżÎłÎčÎș ΊΎρυΌα ETBA", Î‘ÎžÎźÎœÎ± 1991. ISBN 960-7089-02-2 ÎșαÎč ISBN 960-244-020-1. Î•Ï€ÎŻÎ· "ΠληΞυΌ ÎżÏ… Î­ÎżÏ… 1861", Δλ. 94. ↑ MinistĂšre de l’IntĂ©rieur, "αÎčÎčÎșÎź η ΕλλΏΎο - ΠληΞυΌ 1879, ΔÎș ÎżÏ… Ï…Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ… . Κ. Î’Î»Î±ÎżÏ, ΕΜ Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1881. Î•Ï€ÎŻÎ· "αÎčÎčÎșÎź η ΕλλΏΎο - ΠληΞυΌ 1879", Δλ. 119. ↑ MinistĂšre de l’IntĂ©rieur, DĂ©partement d'Ă©conomie publique et de statistique, "αÎčÎčÎșÎź η ΕλλΏΎο - ΠληΞυΌ - Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź η 15-16 ΑπρÎčÎ»ÎŻÎżÏ… 1889", ÎœÎ­ÏÎż Î”Î”ÏÎ”ÏÎżÎœ - Î ÎŻÎœÎ±ÎșΔ Α', ΔÎș ÎżÏ… ΕΞΜÎčÎșÎżÏ Ï…Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ… ÎșαÎč ΛÎčÎžÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ…, ΕΜ Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1890, Δλ. 85. ↑ MinistĂšre de l’IntĂ©rieur, DĂ©partement d'Ă©conomie publique et de statistique, "αÎčÎčÎșÎŹ Î‘Ï€ÎżÎ”Î»Î­ÎŒÎ±Î± η Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź ÎżÏ… Î Î»Î·ÎžÏ…ÎŒÎżÏ, ÎșαΏ ηΜ 5-6 ΟÎșÎČÏÎŻÎżÏ… 1896", ÎœÎ­ÏÎż Î”Î”ÏÎ”ÏÎżÎœ - Î ÎŻÎœÎ±ÎșΔ - Α' ΠληΞυΌ ÎșαΏ ÎÎżÎŒÎżÏ, Î•Ï€Î±ÏÏ‡ÎŻÎ±, Î”ÎźÎŒÎżÏ…, ΔÎș ÎżÏ… ΕΞΜÎčÎșÎżÏ Ï…Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ… ÎșαÎč ΛÎčÎžÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ…, ΕΜ Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1897, Δλ. 102. ↑ MinistĂšre de l’IntĂ©rieur, Service de l'inventaire, αÎčÎčÎșÎŹ Î‘Ï€ÎżÎ”Î»Î­ÎŒÎ±Î± η ΓΔΜÎčÎșÎź Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź ÎżÏ… Î Î»Î·ÎžÏ…ÎŒÎżÏ, ÎșαΏ ηΜ 27 ΟÎșÎČÏÎŻÎżÏ… 1907", ΕπÎčΌέλΔÎčα Î“Î”ÏÎłÎŻÎżÏ… ΧΌαÎčÎ±ÎœÎżÏ, ÎŒÎż ÎŽÎ”ÏÎ”ÏÎż, ΔÎș ÎżÏ… Ï…Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ… ΜÎčÏ‡Î±ÎźÎ» ΝÎčÎșÎżÎ»Î±ÎÎŽÎżÏ…, ΕΜ Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1909, Δλ. 393. ↑ MinistĂšre des l'Économie, Direction des statistiques, "ΠληΞυΌ ÎżÏ… ΒαÎčÎ»Î”ÎŻÎżÏ… η ΕλλΏΎο, ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†ÎźÎœ η 19 ΔΔÎșΔΌÎČÏÎŻÎżÏ… 1920", ΔÎș ÎżÏ… ΕΞΜÎčÎșÎżÏ Ï…Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ…, ΕΜ Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1921. Î•Ï€ÎŻÎ· "ΠληΞυΌ ÎżÏ… ΒαÎčÎ»Î”ÎŻÎżÏ… η ΕλλΏΎο, ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†ÎźÎœ η 19 ΔΔÎșΔΌÎČÏÎŻÎżÏ… 1920", Δλ. 237. ↑ MinistĂšre des l'Économie, Services gĂ©nĂ©ral des statistiques de la GrĂšce, "ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†ÎźÎœ η 15-16 ÎœÎ±ÎÎżÏ… 1928". Î ÏÎ±ÎłÎŒÎ±ÎčÎș πληΞυΌ ÎșÏ…ÏÎžÎ”ÎŻ ÎŽÎčα ÎżÏ… απ 23 ÎÎżÎ”ÎŒÎČÏÎŻÎżÏ… 1928 ÎŽÎčÎ±ÎŹÎłÎŒÎ±Îż, ΔÎș ÎżÏ… ΕΞΜÎčÎșÎżÏ Ï…Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ…, ΕΜ Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1935. Î•Ï€ÎŻÎ· "ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο, ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†ÎźÎœ η 15-16 ÎœÎ±ÎÎżÏ… 1928", Δλ. 276. ↑ MinistĂšre des l'Économie, Services gĂ©nĂ©ral des statistiques de la GrĂšce, "ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο ÎșαΏ ηΜ Î±Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†ÎźÎœ η 16 ΟÎșÎČÏÎŻÎżÏ… 1940". Î ÏÎ±ÎłÎŒÎ±ÎčÎș πληΞυΌ ÎșαΏ ÎœÎżÎŒÎżÏ, Î”Ï€Î±ÏÏ‡ÎŻÎ±, ÎŽÎźÎŒÎżÏ…, ÎșÎżÎčΜηα, πλΔÎč ÎșαÎč Ï‡ÏÎŻÎ±, ΔÎș ÎżÏ… ΕΞΜÎčÎșÎżÏ Ï…Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ…, ΕΜ Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1950. Î•Ï€ÎŻÎ· "ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο, ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†ÎźÎœ η 16 ΟÎșÎČÏÎŻÎżÏ… 1940", Δλ. 304. ↑ Services national des statistiques de la GrĂšce, "ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†ÎźÎœ η 7η ΑπρÎčÎ»ÎŻÎżÏ… 1951". Î ÏÎ±ÎłÎŒÎ±ÎčÎș πληΞυΌ ÎșαΏ ÎœÎżÎŒÎżÏ, Î”Ï€Î±ÏÏ‡ÎŻÎ±, ÎŽÎźÎŒÎżÏ…, ÎșÎżÎčΜηα, πλΔÎč ÎșαÎč Ï‡ÏÎŻÎ±, ΔÎș ÎżÏ… ΕΞΜÎčÎșÎżÏ Ï…Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ…, ΕΜ Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1955. Î•Ï€ÎŻÎ· "ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο, ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†ÎźÎœ η 7η ΑπρÎčÎ»ÎŻÎżÏ… 1951 » ‱ Wikiwix ‱ ‱ Google ‱ Que faire ?, 14 mai 2013", Δλ. 147. ↑ Services national des statistiques de la GrĂšce, "ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†ÎźÎœ η 19η ÎœÎ±ÏÎŻÎżÏ… 1961". Î ÏÎ±ÎłÎŒÎ±ÎčÎș πληΞυΌ ÎșαΏ ÎœÎżÎŒÎżÏ, Î”Ï€Î±ÏÏ‡ÎŻÎ±, ÎŽÎźÎŒÎżÏ…, ÎșÎżÎčΜηα ÎșαÎč ÎżÎčÎșÎčÎŒÎżÏ. ÎšÏ…ÏÎžÎ”ÎŻ ÎŽÎčα η υπ' αρÎčΞ. 46929/6877/1961 ÎșÎżÎčÎœÎź Î±Ï€ÎżÏ†ÎŹÎ” Μ Î„Ï€ÎżÏ…ÏÎłÏŽÎœ Ï…ÎœÎżÎœÎčÎŒÎżÏ ÎșαÎč ΕΔρÎčÎșώΜ, ΔÎș ÎżÏ… ΕΞΜÎčÎșÎżÏ Ï…Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Î”ÎŻÎżÏ…, ΕΜ Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1962. Î•Ï€ÎŻÎ· "ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο, ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†ÎźÎœ η 19η ÎœÎ±ÏÎŻÎżÏ… 1961", Δλ. 142. ↑ Services national des statistiques de la GrĂšce, "ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†ÎźÎœ η 14η ÎœÎ±ÏÎŻÎżÏ… 1971". Î ÏÎ±ÎłÎŒÎ±ÎčÎș πληΞυΌ ÎșαΏ ÎœÎżÎŒÎżÏ, Î”Ï€Î±ÏÏ‡ÎŻÎ±, ÎŽÎźÎŒÎżÏ…, ÎșÎżÎčΜηα ÎșαÎč ÎżÎčÎșÎčÎŒÎżÏ. ÎšÏ…ÏÎžÎ”ÎŻ ÎŽÎčα η υπ' αρÎčΞ, 3893/Ε637/1972 ÎșÎżÎčÎœÎź Î±Ï€ÎżÏ†ÎŹÎ” Μ Î„Ï€ÎżÏ…ÏÎłÏŽÎœ Î’ÎżÎ·ÎžÎżÏ Î ÏÎžÏ…Ï€ÎżÏ…ÏÎłÎżÏ ÎșαÎč ΕΔρÎčÎșώΜ, Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1972. Î•Ï€ÎŻÎ· "ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο, ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†ÎźÎœ η 14η ÎœÎ±ÏÎŻÎżÏ… 1971", Δλ. 138. ↑ Services national des statistiques de la GrĂšce, "Î ÏÎ±ÎłÎŒÎ±ÎčÎș ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź η 5 ΑπρÎčÎ»ÎŻÎżÏ… 1981". ΚυρώΞηÎșΔ ΌΔ ηΜ 7908/Δ'554/12-4-1982 ÎșÎżÎčÎœÎź απφαη Μ Î„Ï€ÎżÏ…ÏÎłÏŽÎœ Ï…ÎœÎżÎœÎčÎŒÎżÏ ÎșαÎč ΕΔρÎčÎșώΜ, Î‘ÎžÎźÎœÎ±Îč 1982. Î•Ï€ÎŻÎ· "Î ÏÎ±ÎłÎŒÎ±ÎčÎș ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź η 5 ΑπρÎčÎ»ÎŻÎżÏ… 1981", Δλ. 148. ↑ SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral pour les Services statistiques de la GrĂšce, "Î ÏÎ±ÎłÎŒÎ±ÎčÎș ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź η 17η ÎœÎ±ÏÎŻÎżÏ… 1991". ΚυρώΞηÎșΔ ΌΔ ηΜ 24197/Γ' 3812/24-11-1993 ÎșÎżÎčÎœÎź απφαη Μ Î„Ï€ÎżÏ…ÏÎłÏŽÎœ ΕΞΜÎčÎșÎź ΟÎčÎșÎżÎœÎżÎŒÎŻÎ± ÎșαÎč ΕΔρÎčÎșώΜ, Î‘ÎžÎźÎœÎ± 1994. Î•Ï€ÎŻÎ· "Î ÏÎ±ÎłÎŒÎ±ÎčÎș ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο ÎșαΏ ηΜ Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź η 17η ÎœÎ±ÏÎŻÎżÏ… 1991", Δλ. 181. ↑ SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral pour les Services statistiques de la GrĂšce, "Î ÏÎ±ÎłÎŒÎ±ÎčÎș ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο. Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź 2001". ΚυρώΞηÎșΔ ΌΔ ηΜ 6821/Γ5-908/4-6-2002 ÎșÎżÎčÎœÎź απφαη Μ Î„Ï€ÎżÏ…ÏÎłÏŽÎœ ΟÎčÎșÎżÎœÎżÎŒÎŻÎ± ÎșαÎč ΟÎčÎșÎżÎœÎżÎŒÎčÎșώΜ ÎșαÎč ΕΔρÎčÎșώΜ, ΔηΌÎčα ΔÎčοίÎșηη ÎșαÎč Î‘Ï€ÎżÎșέΜρη, Î‘ÎžÎźÎœÎ± 2003. Î•Ï€ÎŻÎ· "Î ÏÎ±ÎłÎŒÎ±ÎčÎș ΠληΞυΌ η ΕλλΏΎο. Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź 2001", Δλ. 185. ↑ "Î‘Ï€ÎżÎłÏÎ±Ï†Îź Î Î»Î·ÎžÏ…ÎŒÎżÏ - ΚαοÎčÎșÎčώΜ 2011. 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Institutde Grec ancien. L’Institut de grec, qui fait partie de la FacultĂ© des Lettres, se consacre Ă  la formation et Ă  la recherche dans le domaine de la langue et de la littĂ©rature grecques antiques. Il couvre toute l’aire gĂ©ographique du monde grec (GrĂšce propre et domaine Ă©gĂ©en, Asie Mineure et ensemble de l’Orient
Texte intĂ©gral 1Comment fabrique-t-on un territoire national dans les Balkans ? MĂȘme si elle ne fut alors pas formulĂ©e en ces termes, la question se posa pour la premiĂšre fois de façon concrĂšte au moment de l’indĂ©pendance grecque et de la dĂ©limitation de son territoire. Elle a sous-tendu plusieurs annĂ©es de nĂ©gociations entre les Grandes Puissances Ă  partir de 1827 et occupĂ© une place centrale dans l’Ɠuvre d’organisation de l’État aprĂšs sa reconnaissance internationale en 1832. 2Elle sera Ă©tudiĂ©e ici par le biais des lois qui, entre 1833 et 1837, procĂ©dĂšrent Ă  la crĂ©ation des circonscriptions qui donnĂšrent au nouveau territoire sa forme et ses limites, et qui devaient contribuer Ă  la dĂ©finition de son identitĂ©, symbolisĂ©e par l’attribution gĂ©nĂ©ralisĂ©e de noms de lieux hellĂ©niques. Ces lois, qui avaient pour objet d’organiser et de classer les espaces, visaient en effet, dans ce nouveau cadre territorial, Ă  institutionnaliser les rapports entre le centre et les sociĂ©tĂ©s locales, et Ă  rĂ©guler les relations sociales sur la base desquelles devrait se fonder l’intĂ©gration nationale. 1 Cf. pour le cadre gĂ©nĂ©ral de la fondation et l’organisation de l’État grec, J. Petropulos, Politics ... 3L’histoire de cette fondation, au-delĂ  de la chronologie nationale grecque, s’inscrit dans le cours plus gĂ©nĂ©ral de l’histoire de l’Europe, dans l’esprit encore sensible de la Sainte-Alliance et du raidissement des chancelleries provoquĂ© par la rĂ©volution de juillet 1830 en France1. Cette organisation du nouvel État territorial fut ainsi menĂ©e au nom d’un roi mineur installĂ© sur le trĂŽne par la ConfĂ©rence de Londres Othon, roi de GrĂšce par la grĂące de Dieu », dont le pouvoir n’était tempĂ©rĂ© par aucune constitution ; un conseil de rĂ©gence, composĂ© de hauts fonctionnaires bavarois venus avec lui de Munich, prĂ©parait les lois et posait les cadres du royaume, alors qu’un conseil des ministres qui avaient rang de secrĂ©taires d’État en assurait l’application et faisait figure de relais de la rĂ©gence en GrĂšce ceux-ci Ă©taient les hommes politiques grecs qui avaient menĂ© la guerre d’indĂ©pendance. Les relations entre les diffĂ©rents rĂ©seaux exerçant le pouvoir, entre les reprĂ©sentants d’un passĂ© rĂ©volutionnaire et un rĂ©gime monarchique ont leur place dans l’étude d’une lĂ©gislation appelĂ©e Ă  dĂ©finir l’État et son territoire. 4Surtout, cette histoire de la fondation du territoire s’inscrit dans un temps plus long, celui de l’histoire du rapport entre les hommes et les lieux, celui d’une occupation du sol oĂč les formes de l’économie, les coutumes, la vie quotidienne, les rapports sociaux et familiaux, les relations de pouvoir obĂ©issaient encore Ă  des modes de vie et des codes hĂ©ritĂ©s du passĂ© ottoman. 5DĂšs lors, une question se pose. Sur quel substrat, politique, social – et identitaire – Ă©difier le territoire grec, reconnu par l’Europe occidentale en vertu de valeurs philhellĂšnes, alors que, sa frontiĂšre tracĂ©e, il n’était encore qu’une simple parcelle prĂ©levĂ©e sur le territoire ottoman et que, par bien des aspects de son organisation, il participait encore de l’espace ottoman ? Ainsi, l’ensemble des problĂšmes soulevĂ©s par l’organisation du territoire grec – centralisation mais prĂ©servation d’autonomies locales, monarchie de droit divin mais reconnaissance de certaines formes de vie dĂ©mocratique, sĂ©dentarisation versus nomadisme, intervention massive sur les noms de lieux – peuvent-ils ĂȘtre Ă©tudiĂ©s comme la gestion problĂ©matique de l’hĂ©ritage ottoman dans la construction d’un ordre nouveau, voire comme un conflit entre deux espaces concurrents, l’espace impĂ©rial ottoman et l’espace national hellĂšne. 6Les archives du roi Othon conservĂ©es Ă  AthĂšnes aux Archives gĂ©nĂ©rales de l’État rendent un reflet, dense et complexe, de l’Ɠuvre d’organisation de l’État dans son ensemble, menĂ©e dans la dĂ©cennie 1830 par la rĂ©gence bavaroise et le personnel grec. Au sein de ces archives, le fonds du ministĂšre de l’IntĂ©rieur permet d’apprĂ©hender l’esprit dans lequel les lois relatives Ă  l’organisation du territoire furent Ă©laborĂ©es, ainsi que les conditions de leur application. Elles nous permettront ici d’en Ă©tudier la teneur et les Ă©tapes par une analyse en premier lieu du texte des lois relatives au dĂ©coupage du royaume et des conditions de la dĂ©finition de nouvelles limites, puis du nouveau classement hiĂ©rarchisĂ© des espaces qui en Ă©tait issu, et enfin du rĂŽle jouĂ© par l’archĂ©ologie dans la dĂ©nomination d’un territoire dont on affirme ainsi l’ancrage dans l’histoire. Nouveau territoire et anciennes limites 2 Î•Ï†Î·ÎŒÎ”Ï±ÎŻ η ΚυÎČÎ”Ï±ÎœÎźÎ” ÎżÏ… ΒαÎčÎ»Î”ÎŻÎżÏ… η ΕλλΏΎο/Regierungsblatt des Koenigreichs Griechenland [J ... 3 Cf. G. L. von Maurer, Das Griechische Volk in öffentlicher, kirchlicher und privatrechtlicher Bezie ... 4 G. L. von Maurer, op. cit. ; pour les travaux de la commission cf. Archives gĂ©nĂ©rales de l’État GA ... 5 Ibid., piĂšce 13, Rapport du secrĂ©taire d’État Ă  l’IntĂ©rieur au conseil des ministres, Nauplie, 1/13 ... 6 ΝáœčÎŒÎż ΠΔϱ᜶ υᜱΔ Μ Δ᜔ΌΜ/Gemeinde-Gesetz [Loi sur la formation des dĂšmes], ΕφηΌΔϱ᜷ η ΚυÎČΔϱ ... 7 G. L. von Maurer, op. cit, supra, n. 3, p. 97. 8 Cf. M. Dunan, NapolĂ©on et l’Allemagne. Le systĂšme continental et les dĂ©buts du royaume de BaviĂšre, ... 9 [
] das Abelsche Organisationswesen, das alles französisch-bayerisch in Hellas machen will », Lou ... 10 Man hat [
] den Vorwurf vernommen, dass der ganze Plan der Griechischen Landesverwaltung in der B ... 7L’ordonnance Sur le dĂ©coupage du royaume et son administration du 3/15 avril 18332 fixa les fondements de l’organisation territoriale de l’État grec. Trois niveaux de division furent Ă©tablis, les nomes, siĂšges des prĂ©fectures, les Ă©parchies pour les sous-prĂ©fectures et les dĂšmes, qui constitueraient les nouvelles communes. Ces derniĂšres, seulement mentionnĂ©es dans l’ordonnance d’avril, firent l’objet d’une loi sĂ©parĂ©e, Ă©laborĂ©e dans le courant de 1833. Sa conception fut confiĂ©e Ă  l’un des rĂ©gents, Karl von Abel3 ; le texte fut soumis en septembre Ă  l’avis d’une commission de quatre membres grecs nommĂ©s par le conseil de rĂ©gence, trois ministres et un prĂ©fet4 ; les adaptations proposĂ©es furent en partie reprises par le conseil des ministres5 ; ce texte enfin fut promulguĂ© par le roi et publiĂ© au Journal du gouvernement en janvier18346. La RĂ©gence, en particulier Abel et Georg Ludwig von Maurer qui, en charge de la Justice, des Affaires religieuses et de l’Éducation, fut lui aussi impliquĂ© dans la dĂ©finition des circonscriptions7, organisa ce dĂ©coupage en rĂ©fĂ©rence directe Ă  celui de la BaviĂšre ; or celui-ci avait Ă©tĂ© conçu, on le sait, sur le modĂšle français, lors de la rĂ©organisation centralisĂ©e de l’État aprĂšs l’érection de la BaviĂšre en royaume par NapolĂ©on en 18058. La dĂ©nomination grecque des nomes, Ă©parchies et dĂšmes n’était en fait que la traduction d’une dĂ©signation originale en allemand qui figura elle aussi dans l’édition, bilingue, du Journal du gouvernement Kreise, Bezirke, Gemeinde, l’exacte rĂ©plique des noms des circonscriptions bavaroises. L’importation du modĂšle, sans adaptation apparente, fut Ă  l’époque relevĂ©e par tous. Le roi de BaviĂšre lui-mĂȘme, lorsqu’il rappela en 1834 Abel et Maurer en raison de discordes surgies au sein du conseil de rĂ©gence, reprocha depuis Munich le caractĂšre de l’organisation d’Abel, qui v[oulait] tout rendre franco-bavarois dans l’Hellade9 ». Quant Ă  Maurer, il ne mit pas en doute cette filiation directe ; dans les mĂ©moires qu’il rĂ©digea dĂšs son retour en BaviĂšre, il nota ainsi On a [
] reçu le reproche selon lequel le plan d’administration territoriale grecque dans son ensemble avait eu avec le dĂ©coupage dĂ©partemental bavarois [
] un modĂšle trĂšs inadaptĂ©, comme si bavarois et mauvais Ă©taient synonymes10 ! » 8Pour autant, le dĂ©coupage proposĂ© Ă©tait loin d’ĂȘtre une complĂšte nouveautĂ©. Le cadre administratif dĂ©fini par la rĂ©gence remployait certaines divisions plus anciennes ainsi que leur dĂ©nomination, confortĂ© ainsi par la familiaritĂ© qu’elles pouvaient susciter parmi les administrĂ©s. L’éparchie notamment, terme empruntĂ© au vocabulaire administratif byzantin mais appliquĂ© Ă  une circonscription plus restreinte, Ă©tait apparue Ă  l’époque de la rĂ©volution grecque comme l’unitĂ© territoriale de base, celle-lĂ  mĂȘme qui servit Ă  dĂ©finir l’État grec dans sa Constitution 11 Constitution provisoire de la GrĂšce votĂ©e par la troisiĂšme AssemblĂ©e nationale de TrĂ©zĂšne, le 1er m ... L’État grec est un et est composĂ© d’ Ă©parchies de la GrĂšce toutes celles qui ont pris et qui prendront les armes contre la domination ottomane11 » 12 Cf. Th. ThĂ©odorou, Η ΕλληΜÎčÏ°Îź ÎżÏ€ÎčÏ°Îź Î±Ï…ÎżÎŽÎčÎżÎŻÏ°Î·Î· [L’auto-administration locale grecque] 1995, et ... 9L’unitĂ© que reprĂ©sentait l’éparchie Ă©tait ainsi, sans doute, celle qui sous-tendait les reprĂ©sentations du territoire avant la pĂ©riode othonienne. IndĂ©pendamment du nom qu’on lui donnait, elle correspondait, par sa taille comme par des limites relativement stables, aux divisions qu’avaient connues aux Ă©poques antĂ©rieures les rĂ©gions qui constituĂšrent le nouvel État, notamment le PĂ©loponnĂšse, premier territoire libĂ©rĂ© et lieu d’élaboration des constitutions provisoires de la GrĂšce. Elle succĂ©dait en effet, souvent sans le transformer, au kaza de l’époque ottomane et, au-delĂ , au territorio des Ă©poques vĂ©nitiennes12. 13 Sur ces diffĂ©rents projets, cf. le recueil de sources de M. Chouliarakis, Î“Î”ÎłÏ±Î±Ï†ÎčÏ°Îź, ÎŽÎčÎżÎčϰηÎčÏ°Îź ϰα ... 10Le nome en revanche, s’il pouvait ĂȘtre rapprochĂ© du sandjak ottoman en GrĂšce centrale, ne correspondait dans bien des rĂ©gions Ă  aucune circonscription ancienne, comme dans le PĂ©loponnĂšse qui avait constituĂ©, Ă  l’exception du Magne, un gouvernement unique sans autre subdivision que celle des kaza. Il reprenait nĂ©anmoins les schĂ©mas d’organisation Ă©laborĂ©s Ă  la fin de la pĂ©riode rĂ©volutionnaire et sous le gouvernement de Jean Capodistria, entre 1827 et 1831, qui prĂ©voyaient, dans un but nouveau de centralisation des pouvoirs, de regrouper les Ă©parchies dans des provinces nommĂ©es, dans la constitution de TrĂ©zĂšne en 1827, thĂšmes ΞέΌαα, du nom des anciennes divisions byzantines, puis dĂ©partements ÎŒÎźÎŒÎ±Î± dans le projet mis au point par Capodistria en 182813. 14 Sur l’incorporation implicite des anciennes municipalitĂ©s dans le nouveau cadre communal cf. E. Ski ... 15 Rapport de la commission
, op. cit. supra, n. 4. 16 Ce terme est employĂ© couramment par le secrĂ©taire d’État Ă  l’IntĂ©rieur. 17 Loi sur la formation des dĂšmes, op. cit. supra, n. 6, art. 4. 18 Ibid., art. 4, 6 et 7. 11C’est au niveau des communes cependant que la monarchie se montra le plus novatrice, tout en mĂ©nageant les formes plus anciennes de vie communale. Dans l’Empire ottoman, des municipalitĂ©s Ï°ÎżÎčΜηΔ avaient existĂ© dans certains villages, bourgs et villes. La Loi sur la formation des dĂšmes n’ordonna pas leur abolition et les engloba de fait dans de nouvelles communes plus vastes14, qui devaient constituer quant Ă  elles une division radicalement nouvelle, car Ă©tendue Ă  l’ensemble du territoire et non plus limitĂ©e aux seuls centres urbains. Notons ici l’habiletĂ© du lĂ©gislateur, qui mĂ©nagea ainsi, au moins formellement, l’ancien cadre de l’auto-administration villageoise issue de l’époque ottomane auquel tenaient tant d’intĂ©rĂȘts particuliers. La commission qui examina le projet en vint mĂȘme Ă  conclure que les transformations prĂ©vues passeraient de la sorte pour pure thĂ©orie15 ». La loi sur les dĂšmes prĂ©voyait la crĂ©ation, prĂ©sentĂ©e comme ex nihilo, de circonscriptions dont le calibre serait celui du canton. Ce calibre correspondait en fait plus ou moins Ă  celui du nahije ottoman, la subdivision du kaza. Les sources du ministĂšre ne s’y rĂ©fĂšrent pas, mais l’étude de la pĂ©rennitĂ© de limites de nahiye dans le nouveau cadre municipal reste Ă  faire. La loi municipale stipulait qu’un dĂšme pourrait ĂȘtre formĂ© Ă  partir d’un groupement d’au moins trois cents habitants ; or, la situation dĂ©mographique de la GrĂšce aprĂšs dix ans de guerre et de guerre civile, la faiblesse et la dispersion de sa population rendaient bien rares les villages de plus de trois cents habitants. Ainsi, Ă  cĂŽtĂ© de dĂšmes naturels16 » formĂ©s des bourgs et des villes dĂ©jĂ  existants, les villages plus petits, les maisons isolĂ©es, les moulins et les autres habitations devr[aie]nt s’unir ou bien entre eux ou bien Ă  un plus grand village pour former une commune [
 ]17 ». Cette constitution des dĂšmes par agglomĂ©ration de villages et hameaux devait donner naissance, d’aprĂšs la loi, Ă  trois classes de communes, en fonction de leur population la premiĂšre pour les communes d’au moins dix mille habitants, la deuxiĂšme pour celles d’au moins deux mille et la troisiĂšme pour celles de moins de deux mille18. 12Ainsi, indĂ©pendamment de la conservation de formes d’organisation territoriales anciennes, toute la nouveautĂ©, tout l’enjeu de la loi sur les dĂšmes rĂ©sida dans les combinaisons qui pourraient ĂȘtre faites par la dĂ©limitation de ces nouvelles communes. À l’État et ses reprĂ©sentants il revint de proposer ces assemblages et ces limites, aux populations locales, consultĂ©es au sein de ce nouveau cadre, de rĂ©agir par la suite et d’éventuellement rĂ©clamer des ajustements. Le ministĂšre de l’IntĂ©rieur et ses prĂ©fets avaient l’avantage de l’initiative. La loi leur permettait de tenter d’imprimer dans l’espace les choix de la monarchie, au sortir d’une pĂ©riode de troubles, de rééquilibrer en fonction de ses propres critĂšres les rapports de force entre les diffĂ©rents partis, les diffĂ©rents groupes sociaux, entre les populations locales et le centre. La conception de toutes piĂšces de circonscriptions de classes diffĂ©rentes donnait en effet l’occasion de fonder un territoire nouveau, d’emblĂ©e organisĂ© et hiĂ©rarchisĂ© hiĂ©rarchie urbaine, mais aussi, en fonction des valeurs qui Ă©taient celles des acteurs gouvernementaux, hiĂ©rarchie des activitĂ©s, des modes de vie, des paysages, en un mot, nouvelle hiĂ©rarchie des espaces. Nouvelle hiĂ©rarchie des espaces 13Les archives du secrĂ©tariat d’État Ă  l’IntĂ©rieur offrent un reflet relativement Ă©tendu de la mise en Ɠuvre de la loi communale. La position nĂ©vralgique du secrĂ©taire d’État Colettis pendant toute la pĂ©riode, chef de file du parti français, qui soutenait Abel et Maurer n’occulte pas dans ces sources ce qui revient aux autres acteurs, RĂ©gence en amont, nomarques, Ă©parques et leurs services en aval. 19 GAK, OA, MI, dossier 6, piĂšce 136, Instructions pour la formation des communes, [titre en français, ... 20 GAK, OA, MI, dossier 99, piĂšce 23, Circulaire aux nomarques, 20 mars 1834. 14Les principes qui devaient prĂ©sider Ă  la formation des communes furent explicitĂ©s dans les textes qui accompagnĂšrent la loi pour en rĂ©gler l’application Instructions pour la formation des communes d’une part, composĂ©es en allemand par la RĂ©gence Ă  destination du secrĂ©taire d’État Ă  l’IntĂ©rieur19 ; Circulaire aux nomarques20 d’autre part rĂ©digĂ©e par ce dernier en fonction des Instructions, qui fixait les compĂ©tences des nomarques et des Ă©parques pour la dĂ©limitation des dĂšmes. 15Les instructions de la RĂ©gence annonçaient d’emblĂ©e que le dĂ©coupage du royaume devrait avoir comme fonction premiĂšre l’organisation rationnelle de son gouvernement 21 Der Zweck dieser Gebiets-Eintheilung ist die organische Ausbildung des Staatskörpers und seiner T ... Le but de ce dĂ©coupage rĂ©gional est la formation organique du corps de l’État et de ses parties, et l’établissement d’une simple et facile administration de l’État, qui, depuis un point central commun, a pour mission de faire appliquer les lois [
] dans les nomarchies par les autoritĂ©s dĂ©partementales, dans les Ă©parchies par les autoritĂ©s d’arrondissement et dans les communes par les autoritĂ©s municipales21. » 22 Notons que le terme nation », rĂ©guliĂšrement employĂ© par le ministre – grec – de l’IntĂ©rieur, n’es ... 23 Loi sur la formation des dĂšmes, op. cit. supra, n. 6, notamment IIIe partie, art. 15 Ă  17, Des ... 24 In der Gemeinde enden demnach, als in dem aussersten Gliede, sĂ€mtliche Zweige der Staatsverwaltun ... 25 Fehlt unter diesen Bewohner das Band gleichartiger Interessen, und werden dieselben nicht durch g ... 16On voit ici la classique expression des exigences d’un État centralisĂ©, qui nĂ©cessairement tend Ă  tisser des liens directs et quotidiens avec chaque partie de son territoire. Cependant, la relation que l’on peut discerner dans ce texte entre le centre et le local, voire entre l’État et les individus offre un certain intĂ©rĂȘt ; un compromis est recherchĂ© entre l’unitĂ© de l’État, dĂ©peint dans son ensemble sous la forme, familiĂšre Ă  la tradition monarchique, du corps et de ses diffĂ©rentes parties22, et la particularitĂ© de l’échelon communal. Au contraire des dĂ©partements et des arrondissements, la commune devait en effet ĂȘtre dotĂ©e d’une relative autonomie23 ; ainsi fut-elle dĂ©signĂ©e dans la suite du texte non seulement comme le membre extrĂȘme » auquel aboutit l’ensemble des ramifications de l’administration de l’État », mais aussi comme un corps constituĂ© en soi »24. La constitution de ce corps autonome mais articulĂ© Ă  celui de l’État apparaissait essentielle au nouvel Ă©difice. L’existence de liens entre les habitants des communes, leur volontĂ© de vivre ensemble dans ce cadre Ă©taient, en derniĂšre analyse, la condition de leur intĂ©gration collective Ă  l’État qui se constituait Si, avertissait le lĂ©gislateur, il manque entre [les] habitants [des communes] le lien que suscitent des intĂ©rĂȘts similaires, les relations d’habitudes ou les liens naturels, alors l’administration publique est privĂ©e de son fondement principal [...]25 ». 26 Ozouf-Marignier, Centralisation et lien social le dĂ©bat de la premiĂšre moitiĂ© du xixe siĂš ... 27 Gemeinde-Corporation », terme employĂ© dans la loi sur la formation des dĂšmes, art. 49. Sur cet as ... 17C’était donc un projet politique et social global que la loi sur les dĂšmes portait ; on assiste ici, avec cette tentative de compromis entre centralisation et autonomie locale, Ă  cette rencontre d’enjeux spatiaux et d’enjeux sociaux » que Marie-Vic Ozouf relĂšve et illustre Ă  propos du dĂ©bat sur la centralisation en France dans la premiĂšre moitiĂ© du xixe siĂšcle26 ; si l’un des enjeux spĂ©cifiques pour la France Ă©tait la crĂ©ation d’un esprit dĂ©partemental, suscitĂ© par l’identitĂ© des pratiques au sein d’un mĂȘme espace, la tentative de crĂ©er, en GrĂšce, un esprit communal Ă©tait formulĂ©e dans des termes proches et avait pour mĂȘme but ultime l’adhĂ©sion au cadre national par l’appartenance au local ; la diffĂ©rence de gabarit est sans doute significative de la politique de la monarchie en GrĂšce, cantonnement des Ă©lites issues des Ă©lections locales Ă  l’échelon le plus modeste et, surtout, substitution de la corporation communale27 » Ă  l’individu pour l’intĂ©gration des habitants » Ă  l’État. 28 nicht blos die gegenwartige Bevölkerung eines bestimmtes FlĂ€chenraumes, sondern auch dessen FĂ€hic ... 18Pour mettre en Ɠuvre ce projet, la rĂ©gence introduisit un principe jusque-lĂ  seulement implicite les agents de la dĂ©limitation des communes n’avaient Ă  considĂ©rer que comme provisoire » la rĂ©partition qu’avait alors le peuplement, car elle portait la marque des souffrances que le peuple grec avait endurĂ©es » ; cette rĂ©partition devrait peu Ă  peu disparaĂźtre », avec la protection de la providence divine » et sous la direction paternelle d’un roi empli de l’infatigable souci de son bonheur ». Les instructions recommandaient donc que la dĂ©limitation des communes fĂ»t dĂ©cidĂ©e moins en fonction d’un peuplement hĂ©ritĂ© du passĂ© » qu’en fonction de la capacitĂ© de leur territoire Ă  nourrir un nombre dĂ©terminĂ© de population, et des possibilitĂ©s que sa position naturelle d[evrait] offrir au dĂ©veloppement de trafics et de communications frĂ©quentes28 ». Une nouvelle occupation de l’espace pourrait ainsi ĂȘtre opĂ©rĂ©e par la simple dĂ©marcation des limites communales. 19Colettis s’en fit l’interprĂšte en posant un maĂźtre mot, la concentration 29 Circulaire aux nomarques, op. cit. supra, n. 20. Augmenter le bien-ĂȘtre des habitants par la concentration de leurs facultĂ©s physiques et intellectuelles et par l’établissement de diverses institutions qui Ă©clairent l’esprit ou qui rendent la vie plus aisĂ©e, au lieu que l’insociabilitĂ© [sic] mĂšne l’homme Ă  cet Ă©tat sauvage qui l’abrutit sans l’humaniser29. » 30 Cf. entre autres occurrences Rapport de la commission
, op. cit. supra, n. 4, GAK, OA, MI, dossie ... 20Dans la pratique, ces principes se traduisirent par la fixation, le plus systĂ©matiquement possible, des chefs-lieux des communes dans les plaines ou les fonds de vallĂ©e ; l’affirmation de la supĂ©rioritĂ© de la plaine, berceau de la civilisation », sur la montagne, stĂ©rile » voire malsaine » est une constante des textes Ă©manant du gouvernement30. 31 Sur la politique de fixation des populations semi-nomades Ă  l’occasion de l’établissement des commu ... 21L’objectif de cette volontĂ© de rĂ©organisation spatiale Ă©tait triple remĂ©dier Ă  la dispersion des populations en montagne, associĂ©e Ă  l’état sauvage », au nomadisme, au brigandage31 ; promouvoir l’agriculture qui, en permettant de nourrir les habitants », devait devenir le fondement de l’économie grecque ; enfin encourager un commerce local rendu possible par l’établissement des chefs-lieux dans ces sites oĂč trafics et communications Ă©taient aptes Ă  se dĂ©velopper. 32 Rapport sur la formation des communes d’Arcadie, op. cit. supra, n. 30. 22Classer les activitĂ©s et les hommes, classer les espaces qui Ă©taient les leurs le mĂ©moire sur la formation des dĂšmes d’Arcadie laisse penser que ces principes furent appliquĂ©s Ă  la lettre. Colettis y expose ainsi que le nomos d’Arcadie, sans compter les pĂątres, contient deux classes d’hommes, celle des laboureurs et des ouvriers et celle des nĂ©gociants et entrepreneurs » ; et l’auteur, sans plus se soucier de pĂątres ni d’élevage, de dĂ©crire d’actives relations d’échange entre les produits de l’agriculture et du petit artisanat urbain dans toute l’étendue du dĂ©partement, chaque bourg servant de centre au petit commerce intĂ©rieur32 ». 33 Fr. Thiersch, De l’état actuel de la GrĂšce et des moyens d’arriver Ă  sa restauration 1833, 2 vol. ... 23Ce choix Ă©conomique, le choix de sociĂ©tĂ©, la dĂ©finition nationale qu’il impliquait venaient en outre d’ĂȘtre clairement formulĂ©s par celui qui Ă©tait tenu comme l’une des sources d’information les plus sĂ»res sur la GrĂšce, Friedrich Thiersch. Conseiller aulique, professeur Ă  l’universitĂ© de Munich, il avait Ă©tĂ© dĂ©pĂȘchĂ© en GrĂšce en 1830 par Louis Ier de BaviĂšre lorsque son fils Othon avait Ă©tĂ© pressenti par la ConfĂ©rence de Londres pour devenir le premier souverain de GrĂšce. Il publia en 1833 un livre adressĂ© Ă  tous ceux que les destinĂ©es du nouvel État pourraient intĂ©resser, en particulier ses gouvernants De l’état actuel de la GrĂšce et des moyens d’arriver Ă  sa restauration33. Or Ă  propos de la population du PĂ©loponnĂšse, il note l’existence d’une classe de petits marchands et artisans dissĂ©minĂ©e dans les campagnes et concentrĂ©e dans les villes » qui dĂ©bitent des petites marchandises dont les dĂ©pĂŽts sont dans les villes maritimes, entr’autres Ă  Nauplie, Ă  Patras, Ă  Calamata et dont les ramifications s’étendent dans tout l’intĂ©rieur » ; et c’est exactement sur ce type d’activitĂ© fondĂ©e comme on le voit sur de petits trafics propres Ă  crĂ©er des ramifications sur tout le territoire, liĂ©e Ă  l’agriculture, qu’il propose sans ambiguĂŻtĂ© de miser 34 Ibid., vol. 1, p. 224. Tenant au plus prĂšs Ă  la classe des paysans, ces hommes en partagent les bonnes qualitĂ©s et forment avec les cultivateurs ce qu’on peut appeler le peuple grec, dans le sens restreint du mot peuple, considĂ©rĂ© Ă  juste titre comme bon, probe, actif, intelligent, sobre, et l’un des meilleurs qui existe34. » 24L’important ici comme dans le rapport sur l’Arcadie est la mention de la petitesse des marchandises, de la modestie des Ă©changes, et en mĂȘme temps leur extension Ă  l’ensemble d’un territoire qu’ils sont aptes Ă  structurer de proche en proche. 25L’exemple de la crĂ©ation du dĂšme de Sparte et de son marchĂ© d’éparchie est emblĂ©matique des conceptions sur lesquelles cette Ɠuvre municipale repose 35 GAK, OA, MI, dossier 122, piĂšce 72, Sur la formation et la dĂ©limitation des Ă©parchies et des commun ... La premiĂšre commune [de Laconie] est celle de Sparte. On lui a donnĂ© une population de 3 493 habitants tant pour faciliter la fondation de la ville de Sparte que pour donner quelque importance Ă  une commune qui sera le chef-lieu du nomos35. » 36 Ibid. Cf. aussi E. Skiadas, op. cit. supra, n. 14, p. 373. 37 GAK, OA, MI, dossier 48, piĂšces 1 Ă  20 mai-aoĂ»t 1837. 26Or, Sparte n’existait pas avant la publication au Journal du Gouvernement de la fondation du nouveau dĂšme. La population annoncĂ©e rĂ©sultait de la rĂ©union dans les limites communales de quarante et un hameaux et villages autour du chef-lieu36. Et celui-ci, le site de l’ancienne Sparte au lieu-dit Magoula dans la vallĂ©e de l’Eurotas, Ă©tait strictement inhabitĂ©. Certains villages en revanche comptaient plusieurs centaines d’habitants, derriĂšre le bourg de Mistra qui regroupait, lui, huit cents Ăąmes. Mistra faisait jusqu’alors figure de centre rĂ©gional, siĂšge d’un marchĂ© hebdomadaire, mais situĂ© en altitude sur les flancs du TaygĂšte. L’établissement du marchĂ© de Sparte, fixĂ© par ordonnance royale, devait permettre non seulement d’assurer le dĂ©veloppement du chef-lieu, mais aussi de rassembler dans la plaine au dĂ©triment de Mistra ces populations d’agriculteurs dont les textes officiels font mention, qui ne pouvaient pas plus d’une fois par semaine se dĂ©tourner de leur activitĂ© et n’étaient donc pas en mesure de frĂ©quenter les deux villes37. 38 Cf. I. Burckhardt, Das VerhĂ€ltnis von Wirtschaft und Verwaltung in Bayern wĂ€hrend der AnfĂ€nge der I ... 39 Bourguet, DĂ©chiffrer la France. La statistique dĂ©partementale Ă  l’époque napolĂ©onienne 1989 ... 40 I. Burckhardt, op. cit. supra, n. 38, p. 73. 27Le choix d’un dĂ©veloppement fondĂ© sur l’agriculture de la part des rĂ©gents bavarois, issus d’un État essentiellement agraire qui fondait son dĂ©veloppement industriel sur la transformation des produits agricoles38, n’a rien de surprenant. Il rejoint en outre des conceptions communĂ©ment rĂ©pandues chez les philhellĂšnes, qui s’appuyaient gĂ©nĂ©ralement sur des sources françaises comme Pouqueville. Marie-NoĂ«lle Bourguet a montrĂ© la proximitĂ© des conceptions de l’administration territoriale française avec celle des États allemands39 ; or, les rapports de consuls comme Pouqueville, envoyĂ©s dans la pĂ©ninsule Balkanique par NapolĂ©on, se conformaient en fait Ă  des instructions proches de celles des prĂ©fets français et montraient des conceptions convergentes avec celles de la tradition camĂ©raliste allemande, qui marquait encore fortement la monarchie bavaroise Ă  la veille de son adhĂ©sion au Zollverein en 183440. Et, de fait, cette tradition laissait tout autant sa marque dans la lĂ©gislation d’une monarchie othonienne qui tentait d’organiser, dans leur globalitĂ©, vie et bien-ĂȘtre des habitants. 41 Sur la pensĂ©e de Lip et Rau et leur rayonnement en Allemagne du Sud, ibid., p. 43-50. 28Les conceptions de l’économie politique qui avaient cours en BaviĂšre au dĂ©but des annĂ©es 1830, exprimĂ©es par les Ă©conomistes Alexander Lip et son disciple Karl Heinrich Rau, correspondent en outre de façon directe avec la reprĂ©sentation d’un territoire national structurĂ© par les Ă©changes commerciaux Ă  faible rayon. Le commerce selon eux devait conserver sa vraie nature, l’échange » ; il pouvait ĂȘtre garant, s’il Ă©tait exercĂ© Ă  une Ă©chelle modĂ©rĂ©e et accessible Ă  tous, de la paix sociale, par l’apport d’un bien-ĂȘtre matĂ©riel partagĂ©. Il s’agissait donc avant tout de crĂ©er un marchĂ© intĂ©rieur unissant l’ensemble des individus de la nation, sans particuliĂšrement favoriser sa bourgeoisie41. La volontĂ© de susciter le commerce intĂ©rieur mais dans un cadre spatial bien dĂ©limitĂ© et contrĂŽlĂ©, le dĂšme et l’éparchie, participe Ă  l’évidence de telles conceptions. 42 Cf. pour le problĂšme gĂ©nĂ©ral des relations Ă©conomiques entre État grec et diaspora, G. Dertilis, Ba ... 29Ces choix, rĂ©solument continentaux, Ă©taient on le voit essentiellement tournĂ©s vers l’appropriation du territoire national restreint qui Ă©tait issu de la dĂ©limitation de 1832 ; ils comptaient peu sur un dĂ©veloppement maritime, international, capable d’intĂ©grer la force commerciale et Ă©conomique de la diaspora grecque dans son ensemble, dont la grande bourgeoisie agissait depuis Constantinople et les Ă©chelles de la MĂ©diterranĂ©e42. Les fondements politiques et idĂ©ologiques de cette lĂ©gislation encore fortement marquĂ©e par la tradition monarchique sont aussi confirmĂ©s, en creux, par les rĂ©serves du journaliste philhellĂšne anglais George Finlay, Ă  propos de Ludwig von Maurer 43 Mr de Maurer seemed a man of talent in his department [
], he had been Professor of Law in the Un ... M. de Maurer semblait ĂȘtre un homme de talent dans son dĂ©partement [
], il a Ă©tĂ© professeur de droit Ă  l’UniversitĂ© de Munich. Et pourtant je me pris Ă  penser qu’il ne paraissait pas aussi profond dans la science de l’économie politique, et qu’il Ă©tait plus certainement disposĂ© Ă  poursuivre ce systĂšme de lĂ©gislation qui jette des barriĂšres sur le chemin du progrĂšs social dans les monarchies europĂ©ennes que celui qui a rendu l’AmĂ©rique et la Nouvelle Hollande capables de progresser comme elles l’ont fait43. » 44 Cf. J. Petropulos, op. cit. supra, n. 1, p. 494-514. 30La rĂ©gence en outre trouva, dans la collaboration de Colettis et le soutien du parti français, une volontĂ© d’ouverture exclusive sur l’Europe occidentale, menĂ©e Ă  l’encontre de la mouvance constantinopolitaine autour d’Alexandre Mavrocordatos et des proches du parti anglais44. Les intĂ©rĂȘts propres Ă  la vie politique grecque rejoignaient ainsi les fondements de l’action de la rĂ©gence bavaroise. 45 Cf. Bourguet, op. cit. supra, n. 39, p. 309-313. 31La publication officielle des nouvelles circonscriptions est elle aussi reprĂ©sentative de cette volontĂ© de forte territorialisation d’une sociĂ©tĂ© en cours de reclassement et de son intĂ©gration Ă  travers le cadre local. Le compte rendu de leur crĂ©ation, prĂ©sentĂ© par dĂ©partement, Ă©tait adressĂ© au roi par le ministre de l’IntĂ©rieur, qui faisait la synthĂšse des rapports des Ă©parques et des nomarques, expliquait leurs choix et prĂ©sentait, sous forme d’un rĂ©cit, la statistique collectĂ©e au cours des opĂ©rations de dĂ©limitation description des populations, de leurs activitĂ©s, de leur caractĂšre, recensement des ressources de chaque nome, Ă©parchie par Ă©parchie. La derniĂšre partie du mĂ©moire, une liste des Ă©parchies et des communes accompagnĂ©e du nombre des habitants de chaque village et de chaque circonscription, Ă©tait par la suite publiĂ©e au Journal du Gouvernement. La population, trĂšs mal connue jusque-lĂ , Ă©tait ainsi rĂ©vĂ©lĂ©e Ă  travers le cadre administratif nouveau et la classification qui en Ă©tait issue. Pour la forme, on se trouve Ă  mi-chemin entre les enquĂȘtes statistiques dĂ©partementales menĂ©es en France Ă  l’époque napolĂ©onienne, dont la mĂ©thode sous-tendait encore l’investigation de la GrĂšce lors de l’expĂ©dition de MorĂ©e, et une forme chiffrĂ©e, organisĂ©e en tableaux identiques et assemblables Ă  la fin de l’enquĂȘte, qui se gĂ©nĂ©ralisa Ă  la mĂȘme Ă©poque45. En fait cette Ɠuvre, menĂ©e par l’autoritĂ© monarchique, bien que visant Ă  inscrire les populations dans un cadre local et rĂ©gional, se prĂȘtait peu au risque du morcellement de l’image du territoire national. L’affirmation de son unitĂ©, celle de son inscription dans l’histoire aussi occupaient un aspect majeur de l’organisation du nouveau territoire son hellĂ©nisation » officielle, menĂ©e conjointement par les reprĂ©sentants de l’État et les archĂ©ologues. ArchĂ©ologie et dĂ©nomination hellĂ©nique » 46 C’est le terme employĂ© par la loi sur les dĂšmes et un chapitre ainsi intitulĂ© figure dans chaque ra ... 47 Circulaire aux nomarques, op. cit. supra, n. 20. 32La dĂ©nomination hellĂ©nique46 » tint en effet une place essentielle dans l’organisation du territoire grec. À cet effet des archĂ©ologues furent associĂ©s aux Ă©quipes des Ă©parques, au mĂȘme titre que les gĂ©omĂštres chargĂ©s de tracer la dĂ©limitation des circonscriptions47, et les comptes rendus de leurs travaux occupent une large proportion des rapports du ministĂšre relatifs Ă  la formation des dĂšmes. 48 Cf. N. Oulebsir, La dĂ©finition du paysage architectural dans les expĂ©ditions scientifiques de Mor ... 33L’archĂ©ologie au service de la construction du territoire avait pour premiĂšre fonction de permettre l’identification des sites des villes antiques et de leur rendre vie en plaçant sur ces sites les centres des nouveaux dĂšmes. De ce point de vue, il faut rapprocher cette utilisation de l’archĂ©ologie par l’État du rĂŽle que se donnĂšrent les archĂ©ologues français de l’expĂ©dition d’AlgĂ©rie en 1840 qui repĂ©raient, dans un contexte de conquĂȘte et dans la perspective de l’administration ultĂ©rieure du territoire, les Ă©tablissements » et les moyens de colonisation employĂ©s avec tant de succĂšs par les Romains48 ». 49 Cf. E. Gran-Aymerich, Naissance de l’archĂ©ologie moderne, 1798-1945 1998, p. 108-137. 50 Lucarelli, Les modes de prospection des architectes et des archĂ©ologues de l’expĂ©dition de ... 51 Cf. le rĂŽle prĂ©pondĂ©rant de l’éparque de Calidromi KarpĂ©nissi, in GAK, OA, MI, dossier 122, piĂšce ... 34L’archĂ©ologie comme science en Ă©tait alors Ă  ses balbutiements, mais elle avait permis pendant l’expĂ©dition de MorĂ©e de mettre au jour et d’identifier des monuments antiques49 ; la comparaison des mĂ©thodes des archĂ©ologues grecs avec ceux de l’expĂ©dition française est difficile Ă  mener, car les sources consultĂ©es permettent peu d’affiner le profil des archĂ©ologues » affectĂ©s au service des Ă©parques. En fait, l’essentiel de leur travail semble avoir rĂ©sidĂ© dans la compilation des sources anciennes Ă©crites et la recension de toutes les villes qui y Ă©taient mentionnĂ©es ; puis leur localisation revenait gĂ©nĂ©ralement Ă  les identifier Ă  des villages existants. On utilisait pour cela les indications gĂ©ographiques fournies Ă©ventuellement par les textes anciens, parfois la comparaison avec les toponymes modernes et, sur le terrain, le repĂ©rage de ruines. Les fouilles parfois mentionnĂ©es ne comportaient apparemment aucune analyse du matĂ©riau dĂ©couvert. Elles semblent donc se situer en deçà des entreprises de l’expĂ©dition de MorĂ©e, qui avaient tentĂ© une interprĂ©tation des monuments et leur reconstitution sur le papier50 l’objet unique des fouilles menĂ©es sous l’égide du gouvernement Ă©tait d’apporter la preuve que le lieu sĂ©lectionnĂ© avait bien Ă©tĂ© le site d’un Ă©tablissement antique, quel qu’il fĂ»t. La derniĂšre Ă©tape de ce travail menĂ© dans l’urgence, l’attribution des noms anciens aux communes nouvellement créées, semble avoir Ă©tĂ© menĂ©e de conserve avec l’éparque, qui dĂ©cidait en dernier lieu de l’utilisation de tel ou tel nom antique pour la dĂ©nomination des nouveaux dĂšmes51. 52 Sur la formation des communes du Nomos de la Laconie, op. cit. supra, n. 35. 35Ainsi, le rĂ©sultat le plus immĂ©diatement visible de ces recherches archĂ©ologiques » fut, dans l’espace d’une annĂ©e, entre 1834 et 1835, une hellĂ©nisation gĂ©nĂ©ralisĂ©e des noms de lieu. Celle-ci rĂ©sulta du remplacement des noms des villes par celui des villes antiques les plus proches Karvassara devint Amphilochie, Salonne devint Amphissa, Zeitoun fut rebaptisĂ©e Lamia, Navarin, Pylos, Tripolitza, Tripoli, etc. Mais surtout, indĂ©pendamment de la modification de noms existants, la crĂ©ation, avec les dĂšmes, de circonscriptions nouvelles permit par l’attribution de noms Ă  chacune d’elle de couvrir le territoire de noms d’origine grecque ancienne sans pour autant transformer les toponymes des hameaux et villages, auxquels les populations locales Ă©taient attachĂ©es et que le ministĂšre se rĂ©serva de modifier en d’autres temps52. Colettis rendit compte de cette hellĂ©nisation gĂ©nĂ©rale comme une forme d’achĂšvement de la construction du territoire 53 Ibid. Sire ! Le chaos existant dans l’intĂ©rieur du pays fera bientĂŽt place Ă  un systĂšme riche en rĂ©sultats heureux. La statistique du pays a Ă©tĂ© recueillie ; les recherches archĂ©ologiques ont purgĂ© presque tout le royaume des noms turco-vĂ©nitiens et albanais53. » 36La statistique, image de l’État dans sa nouvelle configuration, tout Ă  la fois classait selon ses critĂšres propres et renommait la fabrication du territoire semblait ainsi devoir nĂ©cessairement reposer sur l’invention d’un espace hellĂšne, enfoui sous le chaos » associĂ© Ă  une occupation rĂ©putĂ©e Ă©trangĂšre et assimilĂ©e Ă  l’autre par excellence, le Turc. La restauration de l’espace hellĂšne, son individualisation par rapport Ă  l’espace ottoman qui l’incluait reposaient donc sur la sĂ©lection et l’exclusion. La dĂ©marche dĂ©coulait avant tout de la reprĂ©sentation philhellĂšne de l’espace ottoman par l’Occident ; une remarque de Thiersch permet d’en prĂ©ciser le fondement idĂ©ologique 54 Fr. Thiersch, op. cit. supra, n. 33, vol. 1, p. 217 sq. Depuis les temps hĂ©roĂŻques jusqu’à la RĂ©volution française, chaque nation y a laissĂ© ses impressions, et chaque siĂšcle ses mƓurs ; le moyen-Ăąge et les Ăąges modernes y existent ensemble avec les mƓurs de l’antiquitĂ© hellĂ©nique et avec les institutions byzantines, parce que les conquĂ©rants s’y sont succĂ©dĂ©s sans altĂ©rer le fond de la sociĂ©tĂ©, et aucune catastrophe, Ă  la fois morale et politique, n’y a agi assez puissamment pour refondre les Ɠuvres caduques des Ăąges antĂ©rieurs et les faire cadrer avec de nouveaux besoins et de nouvelles lois54. » 55 Cf. l’analyse de textes en tous points semblables Ă  celui-ci par D. NicolaĂŻdis, in D’une GrĂšce Ă  l’ ... 37La reprĂ©sentation de l’espace ottoman exprimĂ©e ici est classique participant de l’immuable Orient, conservatoire de tous les Ăąges parce qu’exclu du cours de l’histoire55 ; l’édification du territoire grec apparut de fait comme un choix opĂ©rĂ© parmi ces reliquats des siĂšcles, la sĂ©lection de ce qui Ă©tait l’espace hellĂšne parmi les Ɠuvres caduques des Ăąges antĂ©rieurs qui l’avaient recouvert sans le dĂ©truire. 38DĂšs lors, une fois la sĂ©lection opĂ©rĂ©e par le repĂ©rage des sites, la seconde fonction de l’archĂ©ologie Ă©tait d’attester la coĂŻncidence entre le nouveau territoire et l’espace hellĂšne. Elle avait pour rĂŽle majeur de conforter l’État dans ses choix, de confirmer leur validitĂ©. 39Deux exemples nous sont fournis par le rapport sur la formation des dĂšmes de Laconie. Colettis invoque la confirmation que Pausanias et la fouille archĂ©ologique purent apporter Ă  la nouvelle dĂ©limitation des dĂ©partements de Laconie et d’Arcadie 56 Sur la formation des communes du Nomos de la Laconie, op. cit. supra, n. 35. Pausanias rapporte que les Arcadiens se querellaient anciennement avec les LacĂ©dĂ©moniens sur la possession de VĂ©lĂ©mina, et que c’était une ville de frontiĂšre appartenant aux LacĂ©dĂ©moniens ; ensuite il parle avec beaucoup d’admiration de ses temples et de ses qui est curieux c’est que le MinistĂšre a donnĂ© la mĂȘme limite Ă  la Laconie du cĂŽtĂ© de l’Arcadie ; il a dĂ©couvert mĂȘme les ruines de VĂ©lĂ©mina qui se trouve[nt] dans un endroit nommĂ© Sainte HĂ©rĂšne. Un grand nombre de colonnes s’y trouvaient enfouies56. » 40Le travail des archĂ©ologues intervient dans ce cas a posteriori, comme pour inventer, Ă  son tour, le nouveau territoire ; le constat de la coĂŻncidence entre les limites dĂ©cidĂ©es par le ministĂšre et celles de l’AntiquitĂ© place les choix de celui-ci dans la continuitĂ© et dans la mĂȘme logique que celle des Anciens ; l’ensemble de son Ɠuvre en est donc implicitement validĂ©e. Mais, au-delĂ  de cette continuitĂ© trouvĂ©e aux Ɠuvres humaines, c’est par le sol lui-mĂȘme qu’est rĂ©vĂ©lĂ©e, non plus seulement la ville antique, mais aussi la fondation moderne Ă  propos de la crĂ©ation du dĂšme de Sparte, Colettis conclut son exposĂ© par la constatation suivante 57 Ibid. Le meilleur vin de LacĂ©dĂ©mone Ă©tait recueilli anciennement dans son enceinte, et Ă  sept stades de Sparte ; au dire du poĂšte Alimon, il exhalait une odeur aussi douce que celle des fleurs. À sept stades de Sparte aujourd’hui le mĂȘme endroit produit encore le meilleur vin de ce Nomos57. » 41On comprend bien ici qu’un espace hellĂšne a survĂ©cu Ă  la disparition de l’enceinte de l’ancienne LacĂ©dĂ©mone, immanent, contenu dans les activitĂ©s humaines, dans les produits du sol, le goĂ»t, les odeurs. Ici, sous les yeux du lecteur, se produit enfin Ă  nouveau la fusion entre l’espace et le territoire, attendue depuis des siĂšcles, quand le meilleur vin de Sparte, celui que chantait un poĂšte ancien, devient le meilleur vin du dĂ©partement. 42Enfin, l’archĂ©ologie, rĂ©vĂ©lateur de l’espace hellĂšne, tĂ©moin de la rĂ©alitĂ© du territoire grec, n’était pas, comme le rappela Colettis aux nomarques, sans un but politique et moral » resusciter l’AntiquitĂ© [
] lier le prĂ©sent de la GrĂšce avec son glorieux passĂ©, faire naĂźtre l’émulation chez nous par des rĂ©miniscences anciennes ». L’Ɠuvre d’hellĂ©nisation du territoire devait avoir vertu pĂ©dagogique, façonner l’imaginaire collectif, obtenir l’adhĂ©sion et la participation de tous Ă  la vie du pays, dans le cadre institutionnel et territorial dĂ©sormais dĂ©fini. Or ce cadre, qui prĂ©voyait l’intĂ©gration collective des individus au niveau le plus local, trouva son unitĂ© dans la rĂ©fĂ©rence Ă  l’AntiquitĂ© la GrĂšce ancienne du discours officiel apparaĂźt en effet comme une entitĂ© sans profondeur, strictement uniforme. Tous les tĂ©moignages anciens sont indiffĂ©remment invoquĂ©s, Strabon et Pausanias, HomĂšre, Virgile, Pline, PtolĂ©mĂ©e, sans distinction chronologique ni de culture ; ils semblent participer d’une source unique, et ĂȘtre le reflet d’une seule et mĂȘme gĂ©ographie. 58 Chr. Koulouri, Dimensions idĂ©ologiques de l’historicitĂ© en GrĂšce 1834-1914. Les manuels scolaires ... 43Certes, les rapports de Colettis dont on analyse ici les prĂ©supposĂ©s n’étaient pas destinĂ©s Ă  la publication et ils restĂšrent serrĂ©s dans les archives du gouvernement othonien. Mais ce discours Ă©manait de celui qui sut, mieux que tout autre dans la GrĂšce d’Othon, galvaniser les ardeurs nationales ; il fut largement relayĂ© et diffusĂ© en GrĂšce par l’enseignement de l’histoire et de la gĂ©ographie. Christina Koulouri dans son Ă©tude des programmes et manuels scolaires grecs rappelle en effet que tous ces ouvrages s’appuyaient sur l’activitĂ© normative du pouvoir central » et note qu’à partir de 1834 ils traitĂšrent pour la plupart en parallĂšle la GrĂšce ancienne et la GrĂšce moderne, insistant notamment sur la correspondance des noms de lieux anciens et modernes58. 59 Rapport sur la formation des dĂšmes d’Arcadie, op. cit. supra, n. 30. 60 Rapport sur la formation des dĂšmes de Laconie, op. cit. supra, n. 35. 44Enfin, la pĂ©dagogie qui ressortissait Ă  l’organisation territoriale grecque trouva une maniĂšre d’achĂšvement dans les exceptions mĂȘmes qui furent faites Ă  l’hellĂ©nisation des noms de lieux. Il arriva que le ministĂšre rĂ©tablĂźt un nom que l’éparque avait remplacĂ©, comme Valtetsi ou Doliana, lieux de bataille oĂč quelques centaines de Grecs avaient Ă©crasĂ© des milliers de Turcs59. La rĂ©habilitation de ces noms devenus historiques dans la guerre d’indĂ©pendance » contribuait ainsi Ă  la rĂ©intĂ©gration de l’espace grec dans l’Histoire et par lĂ  mĂȘme donnait la preuve de la renaissance politique du territoire. Un exemple extrĂȘme en fut fourni par le maintien du nom du lieu-dit Polyaravon, littĂ©ralement ville peuplĂ©e de beaucoup d’Arabes », en raison du fait qu’il avait Ă©tĂ© le théùtre du massacre de beaucoup d’Arabes – les Égyptiens d’Ibrahim Pacha60. Le conflit entre deux espaces confondus Ă©tait alors dĂ©finitivement rĂ©solu par l’exclusion de celui qui portait les valeurs de l’Orient et de l’Empire ottoman, exclusion officiellement inscrite dans le territoire par la rĂ©interprĂ©tation d’un toponyme. 45Et sans doute est-ce sur cette pĂ©dagogie Ă  l’usage de la nation qu’il faut conclure. La circulaire aux nomarques de Colettis s’achĂšve en effet sur l’exhortation suivante 61 Circulaire aux nomarques, op. cit. supra, n. 20. Messieurs ! Un nouvel ordre des choses doit succĂ©der Ă  l’ancien. La rĂ©gĂ©nĂ©ration de la GrĂšce Ă©tait de tout temps la grande affaire qui nous occupait ; pour elle tant de malheurs ; pour elle tant de sacrifices. La loi communale est appelĂ©e Ă  la rĂ©alisation de cette grande idĂ©e ; il faut que la nation s’empresse Ă  concourir Ă  ce grand Ɠuvre la Loi Communale l’y invite. Il faut qu’un esprit social naisse chez nous ; la Loi Communale formera les premiers liens de notre sociabilitĂ©. Il faut qu’il se dĂ©veloppe un patriotisme local, fĂ©cond en amĂ©liorations de toute espĂšce ; la Loi communale donnera cette impulsion salutaire, et fera prendre Ă  la GrĂšce une attitude plus convenable, et plus digne de son roi et de ses sacrifices rĂ©cents, et de sa gloire ancienne61. » 62 K. Kostis, The Formation of the State in Greece, 1830-1914 », in M. Dogo, G. Franzinetti Ă©ds, D ... 46Ainsi, le cadre municipal devait-il permettre l’apprentissage de la vie commune sur de nouvelles bases, compatibles avec les exigences monarchiques l’ordre social Ă©tait assurĂ©, tout en permettant, relĂ©guĂ©es au niveau le plus local, certaines formes de vie citoyenne qui devaient aboutir Ă  l’adhĂ©sion Ă  la nation, conçue comme la fidĂ©litĂ© au roi. On ne peut sur ce point que rejoindre les analyses de Kostas Kostis, qui rĂ©voque la pertinence de l’affirmation, couramment faite, d’un Ă©chec de l’organisation d’un État moderne en GrĂšce sous Othon, et ce en raison d’une absence de volontĂ© de la monarchie dans ce sens ; il conclut en revanche Ă  une parfaite rĂ©ussite des objectifs qu’elle s’était fixĂ©s, notamment la crĂ©ation d’un appareil d’État qui, avec des moyens trĂšs limitĂ©s, rĂ©ussit Ă  intĂ©grer les Ă©lites politiques locales et les populations paysannes [
] et Ă  s’imposer comme la seule source de lĂ©gitimitĂ© de la vie politique62 ». 63 Cf., sur la formulation de la Grande IdĂ©e, E. Skopetea, Îż Î Ï±Ï…Ï€Îż ΒαίλΔÎčÎż » ϰαÎč η ÎœÎ”ÎłÎŹÎ»Î· ΙΎέα. ... 64 F. Hartog, Faire le voyage d’AthĂšnes J. et sa rĂ©ception française », citĂ© par ... 47Cet apprentissage par le local avait donc pour but ultime la rĂ©gĂ©nĂ©ration de la GrĂšce » dans son ensemble, le grand Ɠuvre » de la nation », qui assimilait habilement la personne royale Ă  la gloire ancienne de la GrĂšce c’est ce que Colettis nomma, de façon hautement significative, la rĂ©alisation de cette grande idĂ©e ». On sait la fortune que cette expression connut Ă  partir de la dĂ©cennie suivante, lorsque Colettis lui-mĂȘme la lança en 1844 pour revendiquer la rĂ©union Ă  la GrĂšce de toutes les provinces ottomanes peuplĂ©es de Grecs, Constantinople comprise63. Sans doute cette occurrence, inattendue ici, n’est-elle pas fortuite ; elle rĂ©sume vigoureusement les Ă©tapes et les modalitĂ©s de la constitution de la conscience nationale dans une GrĂšce monarchique, organisĂ©e par le haut et sans dĂ©bat. La rĂ©fĂ©rence Ă  l’AntiquitĂ© grecque avait pu reprĂ©senter, sous la rĂ©volution française mais aussi pendant la rĂ©volution grecque, la possibilitĂ© de miner l’autoritĂ© monarchique en exhumant un autre espace64 » ; elle Ă©tait dĂ©sormais mise au service, dans le cadre d’une monarchie et dans les limites d’un État territorial, de critĂšres de dĂ©finition nationale exclusifs et portait en elle les germes du nationalisme de la Grande IdĂ©e. Notes 1 Cf. pour le cadre gĂ©nĂ©ral de la fondation et l’organisation de l’État grec, J. Petropulos, Politics and Statecraft in the Kingdom of Greece, 1833-1843 1968 ; la version utilisĂ©e ici est sa traduction en grec 1985. 2 Î•Ï†Î·ÎŒÎ”Ï±ÎŻ η ΚυÎČÎ”Ï±ÎœÎźÎ” ÎżÏ… ΒαÎčÎ»Î”ÎŻÎżÏ… η ΕλλΏΎο/Regierungsblatt des Koenigreichs Griechenland [Journal du Gouvernement du Royaume de GrĂšce] 1833 n° 12, 6/18 avril, p. 75-80. 3 Cf. G. L. von Maurer, Das Griechische Volk in öffentlicher, kirchlicher und privatrechtlicher Beziehung vor und nach dem Freiheitskampfe bis zum 31 Juli 1834 1835, vol. 2, p. 113 ; sur Abel, sa formation et ses fonctions en BaviĂšre, cf. H. Gollwitzer, Ein Staatsmann des VormĂ€rz Karl von Abel, 1788- 1859 1993 ; cf. aussi D. Götschmann, Das Bayerische Innenministerium, 1825-1864. Organisation und Funktion, Beamtenschaft und politischer Einfluß einer Zentralbehörde in der Konstitutionellen Monarchie 1993, p. 227-235. 4 G. L. von Maurer, op. cit. ; pour les travaux de la commission cf. Archives gĂ©nĂ©rales de l’État GAK, AthĂšnes, fonds d’Othon OA, ministĂšre de l’IntĂ©rieur MI, dossier 99, piĂšces 14 et 15, Rapport de la commission chargĂ©e de l’examen de la loi sur l’organisation des communes au secrĂ©taire d’État Ă  l’IntĂ©rieur, Nauplie, 6/18 oct. 1833, et procĂšs-verbaux des sĂ©ances, 15-22 sept. 1833. 5 Ibid., piĂšce 13, Rapport du secrĂ©taire d’État Ă  l’IntĂ©rieur au conseil des ministres, Nauplie, 1/13 dĂ©cembre 1833. 6 ΝáœčÎŒÎż ΠΔϱ᜶ υᜱΔ Μ Δ᜔ΌΜ/Gemeinde-Gesetz [Loi sur la formation des dĂšmes], ΕφηΌΔϱ᜷ η ΚυÎČΔϱΜ᜔Δ ÎżÏ… ΒαÎčÎ»Î”áœ·ÎżÏ… η Î•Î»Î»áœ±ÎŽÎż /Regierungsblatt des Koenigreichs Griechenland [Journal du Gouvernement du Royaume de GrĂšce] 1834, n° 3, 10/22 janvier, p. 13-32. 7 G. L. von Maurer, op. cit, supra, n. 3, p. 97. 8 Cf. M. Dunan, NapolĂ©on et l’Allemagne. Le systĂšme continental et les dĂ©buts du royaume de BaviĂšre, 1806-1810 1943, p. 81-86 ; W. Demel, Der bayerische Staatsabsolutismus, 1806/08-1817. Staats-und Gesellschaftspolitische Motivationen und HintergrĂŒnde des ReformĂ€ra in der ersten Phase des Königsreichs Bayern 1983, p. 116-123. 9 [
] das Abelsche Organisationswesen, das alles französisch-bayerisch in Hellas machen will », Louis de BaviĂšre Ă  Armansperg, Schloßberg, 27 juin 1834, in J. M. von Söltl, Ludwig I König von Bayern und Graf von Armansperg 1886, p. 52. 10 Man hat [
] den Vorwurf vernommen, dass der ganze Plan der Griechischen Landesverwaltung in der Bayrischen Kreiseintheilung [
] ein sehr unpassendes Vorbild gehabt habe, gerade als wenn Bayrisch seyn und schlecht seyn synonym sey ! », G. L. von Maurer, op. cit. supra, n. 3, p. 109. 11 Constitution provisoire de la GrĂšce votĂ©e par la troisiĂšme AssemblĂ©e nationale de TrĂ©zĂšne, le 1er mai 1827, in α ΕλληΜÎčÏ°ÎŹ Ï…ÎœÎŹÎłÎŒÎ±Î± [Les constitutions grecques] 1998, p. 135. 12 Cf. Th. ThĂ©odorou, Η ΕλληΜÎčÏ°Îź ÎżÏ€ÎčÏ°Îź Î±Ï…ÎżÎŽÎčÎżÎŻÏ°Î·Î· [L’auto-administration locale grecque] 1995, et B. Panayotopoulos, ΠληΞυΌ ϰαÎč ÎżÎčϰÎčÎŒÎżÎŻ η Î Î”Î»ÎżÏ€ÎżÎœÎœÎźÎżÏ…, 13Îż-18Îż αÎčώΜα [Peuplement et agglomĂ©rations du PĂ©loponnĂšse, xiiie-xviiie siĂšcle] 1985 ; pour l’exemple de l’éparchie de Gortyne depuis 1700 jusqu’à la fin du xixe s., cf. p. 207-215. 13 Sur ces diffĂ©rents projets, cf. le recueil de sources de M. Chouliarakis, Î“Î”ÎłÏ±Î±Ï†ÎčÏ°Îź, ÎŽÎčÎżÎčϰηÎčÏ°Îź ϰαÎč πληΞυΌÎčÎ±Ï°Îź ΔΟέλÎčΟÎč η ΕλλΏΎο, 1821-1971 [Évolution gĂ©ographique, administrative et dĂ©mographique de la GrĂšce, 1821-1971], EKKE 1973, tome I, vol. 1, p. 82-85. 14 Sur l’incorporation implicite des anciennes municipalitĂ©s dans le nouveau cadre communal cf. E. Skiadas, Î™ÎżÏ±Îčϰ ÎŽÎčÎŹÎłÏ±Î±ÎŒÎŒÎ± Μ ÎŽÎźÎŒÎœ η ΕλλΏΎο, 1833-1912 [Tableau historique des dĂšmes de la GrĂšce, 1833-1912] 1993, p. 87-94. 15 Rapport de la commission
, op. cit. supra, n. 4. 16 Ce terme est employĂ© couramment par le secrĂ©taire d’État Ă  l’IntĂ©rieur. 17 Loi sur la formation des dĂšmes, op. cit. supra, n. 6, art. 4. 18 Ibid., art. 4, 6 et 7. 19 GAK, OA, MI, dossier 6, piĂšce 136, Instructions pour la formation des communes, [titre en français, texte en allemand, grec en regard], Nauplie, 15/27 mars 1834, 17 p. in fo. 20 GAK, OA, MI, dossier 99, piĂšce 23, Circulaire aux nomarques, 20 mars 1834. 21 Der Zweck dieser Gebiets-Eintheilung ist die organische Ausbildung des Staatskörpers und seiner Theile und die Herstellung einer leichten und einfachen Staatsverwaltung, die von einem gemeinsamen Mittelpunkte ausgehend, in der Nomarchie durch die Kreisbehörden, in der Eparchie durch die Bezirkbehörden, in der Gemeinde durch die Gemeindebehörden den Vollzug der Gesetze [
] zu erreichen strebt », Instructions
, op. cit. supra, n. 19, p. 2. 22 Notons que le terme nation », rĂ©guliĂšrement employĂ© par le ministre – grec – de l’IntĂ©rieur, n’est jamais utilisĂ© par le lĂ©gislateur bavarois. 23 Loi sur la formation des dĂšmes, op. cit. supra, n. 6, notamment IIIe partie, art. 15 Ă  17, Des droits et des devoirs des dĂšmes » et IVe partie, art. 19 Ă  27, Des biens et revenus des dĂšmes » ; les trois niveaux de circonscriptions Ă©taient dotĂ©s de conseils Ă©lus au suffrage censitaire ; seuls cependant les conseils municipaux sembleraient avoir disposĂ© d’un relatif pouvoir ; cf. les analyses de J. Petropulos, op. cit. supra, n. 1, p. 205-208. 24 In der Gemeinde enden demnach, als in dem aussersten Gliede, sĂ€mtliche Zweige der Staatsverwaltung ; jede derselben soll einen fĂŒr sich bestehenden Körper bilden », ibid., p. 4. 25 Fehlt unter diesen Bewohner das Band gleichartiger Interessen, und werden dieselben nicht durch gewöhnte oder natĂŒrliche VerhĂ€ltnisse und Verbindungen zusammengehalten, so ist der gemeinsammen Verwaltung die wesentliche Unterlage benommen [
] », ibid. 26 Ozouf-Marignier, Centralisation et lien social le dĂ©bat de la premiĂšre moitiĂ© du xixe siĂšcle en France », in Per un atlante storico del mezzogiorno e della Sicilia in etĂ  moderna 1998, p. 75-91. 27 Gemeinde-Corporation », terme employĂ© dans la loi sur la formation des dĂšmes, art. 49. Sur cet aspect politique et social de la formation des communes, voir aussi A. Couderc, Structuration du territoire et formation des Ă©lites municipales en GrĂšce 1833-1843 », in P. Aubert, G. Chastagnaret et O. Raveux Ă©ds, Construire des mondes. Élites et espaces en MĂ©diterranĂ©e, xvie-xxe siĂšcle 2005, p. 163-184. 28 nicht blos die gegenwartige Bevölkerung eines bestimmtes FlĂ€chenraumes, sondern auch dessen FĂ€hichkeit zur ernĂ€hrung eines bestimmten Volkszahl, und dessen natĂŒrliche Anlagen zu gemeinsamen und frequenten Verkehre beachten », Instructions
, op. cit. supra, n. 19, p. 10. 29 Circulaire aux nomarques, op. cit. supra, n. 20. 30 Cf. entre autres occurrences Rapport de la commission
, op. cit. supra, n. 4, GAK, OA, MI, dossier 155, piĂšce 3, Rapport sur la formation des communes d’Arcadie, Colettis au roi, Nauplie, 20 oct./1er nov. 1834, 3e partie. 31 Sur la politique de fixation des populations semi-nomades Ă  l’occasion de l’établissement des communes cf. W. McGrew, Land and Revolution in Modern Greece, 1800-1881 1985, p. 190-194. 32 Rapport sur la formation des communes d’Arcadie, op. cit. supra, n. 30. 33 Fr. Thiersch, De l’état actuel de la GrĂšce et des moyens d’arriver Ă  sa restauration 1833, 2 vol. L’ouvrage est citĂ© en permanence par Maurer dans ses mĂ©moires. 34 Ibid., vol. 1, p. 224. 35 GAK, OA, MI, dossier 122, piĂšce 72, Sur la formation et la dĂ©limitation des Ă©parchies et des communes du Nomos de la Laconie, Colettis au roi, AthĂšnes, 6/18 fĂ©vrier 1835. 36 Ibid. Cf. aussi E. Skiadas, op. cit. supra, n. 14, p. 373. 37 GAK, OA, MI, dossier 48, piĂšces 1 Ă  20 mai-aoĂ»t 1837. 38 Cf. I. Burckhardt, Das VerhĂ€ltnis von Wirtschaft und Verwaltung in Bayern wĂ€hrend der AnfĂ€nge der Industrialisierung 1834-1868 2001, p. 73. 39 Bourguet, DĂ©chiffrer la France. La statistique dĂ©partementale Ă  l’époque napolĂ©onienne 1989, p. 91 et 117, et, pour le postulat selon lequel l’économie rurale fonde l’économie publique, p. 87 sq. 40 I. Burckhardt, op. cit. supra, n. 38, p. 73. 41 Sur la pensĂ©e de Lip et Rau et leur rayonnement en Allemagne du Sud, ibid., p. 43-50. 42 Cf. pour le problĂšme gĂ©nĂ©ral des relations Ă©conomiques entre État grec et diaspora, G. Dertilis, Banquiers, usuriers et paysans. RĂ©seaux de crĂ©dit et stratĂ©gies du capital en GrĂšce 1780-1930 1988, p. 11-32. 43 Mr de Maurer seemed a man of talent in his department [
], he had been Professor of Law in the University of Munich. Yet I fancied that he did not seem equally profound in the science of political Economy & more likely to pursue that system of legislation which throws barriers in the way of the advancement of society in European Monarchies than that wich had enabled America & New Holland to advance as they have done. » G. Finlay, Journal 3 janv. 1833-juin 1848, 23 mai 1833, p. 19, in The Journals and Letters of George Finlay publication des papiers Finlay de la British School of Archeology d’AthĂšnes, 1995, vol. 1, p. 68. 44 Cf. J. Petropulos, op. cit. supra, n. 1, p. 494-514. 45 Cf. Bourguet, op. cit. supra, n. 39, p. 309-313. 46 C’est le terme employĂ© par la loi sur les dĂšmes et un chapitre ainsi intitulĂ© figure dans chaque rapport sur la formation des dĂšmes par dĂ©partement. 47 Circulaire aux nomarques, op. cit. supra, n. 20. 48 Cf. N. Oulebsir, La dĂ©finition du paysage architectural dans les expĂ©ditions scientifiques de MorĂ©e et d’AlgĂ©rie », in M. N. Bourguet, D. Nordman, V. Panayotopoulos et M. Sinarellis Ă©ds, EnquĂȘtes en MĂ©diterranĂ©e 1999, p. 293-314, p. 310. 49 Cf. E. Gran-Aymerich, Naissance de l’archĂ©ologie moderne, 1798-1945 1998, p. 108-137. 50 Lucarelli, Les modes de prospection des architectes et des archĂ©ologues de l’expĂ©dition de MorĂ©e », in Mani, tĂ©moignages sur l’espace et la sociĂ©tĂ©. Voyageurs et expĂ©ditions scientifiques 1996, p. 503-524. 51 Cf. le rĂŽle prĂ©pondĂ©rant de l’éparque de Calidromi KarpĂ©nissi, in GAK, OA, MI, dossier 122, piĂšce 62, Rapport sur la formation des communes de l’éparchie de Calidromi, le secrĂ©taire d’État Ă  l’IntĂ©rieur Drossos Mansolas au roi, 6 mai 1836. 52 Sur la formation des communes du Nomos de la Laconie, op. cit. supra, n. 35. 53 Ibid. 54 Fr. Thiersch, op. cit. supra, n. 33, vol. 1, p. 217 sq. 55 Cf. l’analyse de textes en tous points semblables Ă  celui-ci par D. NicolaĂŻdis, in D’une GrĂšce Ă  l’autre, reprĂ©sentation des Grecs modernes par la France rĂ©volutionnaire 1992, p. 18 sqq. 56 Sur la formation des communes du Nomos de la Laconie, op. cit. supra, n. 35. 57 Ibid. 58 Chr. Koulouri, Dimensions idĂ©ologiques de l’historicitĂ© en GrĂšce 1834-1914. Les manuels scolaires d’histoire et de gĂ©ographie 1991, p. 402. Le projet de loi sur l’éducation fut prĂ©parĂ© entre 1833 et 1834 par une commission grĂ©co-bavaroise dont faisait partie Konstantin Schinas, secrĂ©taire d’État Ă  l’Instruction publique, proche de Colettis, qui fut aussi l’un des membres de la commission chargĂ©e de l’examen de la loi sur l’organisation des communes en septembre 1833. 59 Rapport sur la formation des dĂšmes d’Arcadie, op. cit. supra, n. 30. 60 Rapport sur la formation des dĂšmes de Laconie, op. cit. supra, n. 35. 61 Circulaire aux nomarques, op. cit. supra, n. 20. 62 K. Kostis, The Formation of the State in Greece, 1830-1914 », in M. Dogo, G. Franzinetti Ă©ds, Disrupting and Reshaping. Early Stages of Nation-building in the Balkans 2002, p. 47-64, ici p. 47-57. 63 Cf., sur la formulation de la Grande IdĂ©e, E. Skopetea, Îż Î Ï±Ï…Ï€Îż ΒαίλΔÎčÎż » ϰαÎč η ÎœÎ”ÎłÎŹÎ»Î· ΙΎέα. ψΔÎč ÎżÏ… ΔΞΜÎčÏ°ÎżÏ Ï€Ï±ÎżÎČÎ»ÎźÎŒÎ±Îż ηΜ ΕλλΏΎα 1830-1880 [Le royaume modĂšle » et la Grande IdĂ©e. RĂ©flexions sur le problĂšme national en GrĂšce 1830-1880] 1988 ; l’auteur, qui reprend les analyses de C. Dimaras, date la premiĂšre formulation de cette expression du 14 janvier 1844, au cours d’une sĂ©ance Ă  l’AssemblĂ©e nationale grecque. 64 F. Hartog, Faire le voyage d’AthĂšnes J. et sa rĂ©ception française », citĂ© par loc. cit. supra, n. 48, p. 295 sq.
Lalphabet grec est composĂ© de 24 lettres : 7 voyelles et 17 consonnes. Vous en connaissez dĂ©jĂ  plusieurs utilisĂ©es en sciences, comme π (pi) en gĂ©omĂ©trie, ÎŒ (mu) symbole des microns ou Δ (delta majuscule) pour dĂ©signer une droite. Certaines lettres, particuliĂšrement les majuscules, ressemblent beaucoup Ă  celles de notre alphabet
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Lesmers en GrĂšce. 20 novembre 2016. Quelles sont les mers qui bordent la GrĂšce ? Question utile sur la gĂ©ographie de la GrĂšce. Voici votre carte des mers avant de partir en Grece. Les mers qui entourent la Grece sont trois. Les mers qui entourent la GrĂšce sont trois. La mer ionienne. Elle s’étend entre l’Italie et la GrĂšce et sa
Alors que l’élection Ă©tait considĂ©rĂ©e comme une procĂ©dure oligarchique, le tirage au sort caractĂ©risait la dĂ©mocratie » pour les aristotĂ©liciens et probablement aussi pour l’opinion commune de l’époque. Platon et Aristote y Ă©taient hostiles, parce qu’ils estimaient que l’extension de son usage conduisit la dĂ©mocratie Ă  des excĂšs et que le tirage au sort ne pouvait garantir aucune compĂ©tence. En dĂ©crivant les nombreux usages de cette pratique dans l’AthĂšnes des Ve et du IVe siĂšcles avant notre Ăšre, Paul Demont montre Ă  quel point le tirage au sort jouait un rĂŽle central dans la vie gĂ©nĂ©rale comme dans la vie quotidienne de la CitĂ©. Il nous permet ainsi de rĂ©flĂ©chir aux divers mondes possibles aujourd’hui. Commençons par deux mises en garde. Les usages du tirage au sort dans la GrĂšce antique Ă©taient trĂšs variĂ©s, bien souvent sans rapport avec la politique, et associĂ©s d’une façon ou d’une autre Ă  des procĂ©dures religieuses, mĂȘme lorsqu’il s’agissait de dĂ©signer des magistrats. D’autre part, le tirage au sort n’est pas intrinsĂšquement liĂ© Ă  la dĂ©mocratie, car le rĂ©gime d’égalitĂ© qu’il instaure est utilisĂ© aussi dans des aristocraties et des oligarchies, pour Ă©viter les conflits d’honneur et les rivalitĂ©s, en GrĂšce, et aussi, par exemple, dans les RĂ©publiques italiennes au Moyen-Âge[1]. Mais dans la suite de cette brĂšve prĂ©sentation, je me bornerai Ă  ses usages dĂ©mocratiques dans l’AthĂšnes du Ve et du IVe siĂšcles avant notre Ăšre, Ă  partir, principalement, de la seule description antique prĂ©cise, celle de la Constitution d’AthĂšnes d’Aristote ou de son Ă©cole, que l’on peut consulter dans la traduction nouvelle de Michel SĂšve au Livre de Poche. La meilleure et la plus complĂšte description moderne des institutions athĂ©niennes est le grand livre de Mogens H. Hansen, La DĂ©mocratie athĂ©nienne Ă  l’époque de DĂ©mosthĂšne[2] – une vĂ©ritable somme. Des indemnitĂ©s compensatrices pour l’exercice des charges La Constitution d’AthĂšnes est une source absolument fondamentale, dĂ©couverte tout Ă  fait Ă  la fin du XIXe siĂšcle. Elle dĂ©crit d’abord, dans une premiĂšre partie, l’évolution historique conduisant AthĂšnes vers toujours plus de dĂ©mocratie, puis offre, dans sa seconde partie, un tableau prĂ©cis des institutions athĂ©niennes Ă  la fin du IVe siĂšcle, qui se termine, de façon dĂ©libĂ©rĂ©e, par les modalitĂ©s du tirage au sort dans le choix des juges. En effet, pour les aristotĂ©liciens comme pour Platon, auparavant, et certainement aussi pour l’opinion commune, le recours au tirage au sort caractĂ©risait la dĂ©mocratie » le pouvoir du peuple, tandis que l’élection Ă©tait plutĂŽt un systĂšme oligarchique » donnant le pouvoir Ă  un petit nombre. Selon Platon et Aristote, l’extension du tirage au sort conduisit AthĂšnes Ă  la dĂ©mocratie extrĂȘme », qu’ils condamnaient. En effet, les citoyens athĂ©niens reçurent peu Ă  peu des indemnitĂ©s compensatrices pour exercer certaines de leurs charges selon le systĂšme de la misthophorie » cela permit Ă  chacun d’ĂȘtre volontaire, cela donna le pouvoir Ă  n’importe qui, en particulier aux pauvres, cela les dĂ©tourna du travail et encouragea, estimaient-ils, la paresse. Le fonctionnement des machines Ă  tirer au sort » KlĂ©rotĂšrion, machine Ă  tirer au sort, le pinakion des citoyens y Ă©tait introduit. MusĂ©e de l’Agora antique d’AthĂšnes. La Constitution d’AthĂšnes dĂ©crit en dĂ©tail les modalitĂ©s pratiques de fonctionnement des machines Ă  tirer au sort » utilisĂ©es Ă  AthĂšnes, que l’archĂ©ologie a aussi permis de reconstituer avec une quasi-certitude[3]. Les citoyens athĂ©niens volontaires se prĂ©sentaient chaque annĂ©e pour le tirage au sort des charges pour un an, souvent non renouvelables, en tant que titulaires ou supplĂ©ants. Le tirage au sort des tribunaux populaires se faisait mĂȘme Ă  nouveau tous les jours ouvrables, Ă  partir d’une liste Ă©tablie pour l’annĂ©e. On dĂ©posait leurs plaques d’identitĂ©, une Ă  une, dans les rainures de tableaux Ă  double entrĂ©e, et on tirait au sort, Ă  l’aide d’un cube blanc ou noir, le nombre de postes Ă  pourvoir, selon des procĂ©dures extrĂȘmement rigoureuses et trĂšs surveillĂ©es. La population concernĂ©e Ă©tait celle des citoyens de sexe masculin, enregistrĂ©s dans un dĂšme » une sorte de commune et une tribu » une circonscription regroupant les dĂšmes » en les associant de telle façon que chaque tribu constituait une image reprĂ©sentative de la diversitĂ© gĂ©ographique et sociale de l’Attique cela faisait environ on ne dispose d’aucun chiffre fiable 30 000 personnes, sur une population totale qui atteignait peut-ĂȘtre 300 000 personnes ni les femmes, ni les Ă©trangers, mĂȘme domiciliĂ©s, ni a fortiori les esclaves n’y participaient. Les principales fonctions tirĂ©es au sort Pour l’administration gĂ©nĂ©rale de la CitĂ© c’est-Ă -dire de l’Attique tout entiĂšre, État souverain, les deux usages principaux du tirage au sort, du point de vue du nombre de citoyens concernĂ©s et de leur pouvoir, concernaient le Conseil » et l’ HĂ©liĂ©e » ou Tribunal. Le Conseil » ou BoulĂš des 500 Bouleutes » avait de trĂšs larges pouvoirs lĂ©gislatifs, exĂ©cutifs ils convoquaient et dirigeaient notamment l’AssemblĂ©e du Peuple, l’organe souverain de la dĂ©mocratie directe de l’AthĂšnes classique, et mĂȘme judiciaires. D’autre part, 6 000 autres citoyens Ă©taient aussi tirĂ©s au sort pour former le groupe des jurĂ©s HĂ©liastes », parmi lesquels, chaque jour, Ă©taient tirĂ©s au sort les juges des tribunaux populaires qui avaient parfois Ă  prendre position dans des affaires politiques. Parmi les Bouleutes, Ă  tour de rĂŽle, pendant un dixiĂšme de l’annĂ©e, tribu par tribu reprĂ©sentant donc assez fidĂšlement l’ensemble du corps civique, 50 exerçaient ensemble le gouvernement quotidien d’AthĂšnes en tant que Prytanes » et Ă©taient pour cela logĂ©s au PrytanĂ©e cela comprenait notamment le contrĂŽle rĂ©gulier, Ă  chaque prytanie, des comptes des magistrats. Un grand nombre de magistrats notamment les Archontes », qui Ă©taient autrefois les principaux dirigeants de la CitĂ© Ă©taient aussi tirĂ©s au sort, mais non pas ceux qui avaient les principales responsabilitĂ©s militaires les StratĂšges » et les plus importantes charges financiĂšres. La quasi-disparition du rĂŽle politique des magistrats tirĂ©s au sort au profit des Ă©lus Diverses observations peuvent ĂȘtre prĂ©sentĂ©es Ă  propos de ce systĂšme politique je me limiterai ici Ă  cinq remarques. D’abord, le tirage au sort Ă©tait liĂ©, et peut-ĂȘtre bien avant que le mot lui-mĂȘme de dĂ©mocratie soit en usage, Ă  l’existence de tribunaux populaires la justice y Ă©tait rendue par des non-spĂ©cialistes, dans des tribunaux rĂ©unissant souvent un trĂšs grand nombre de jurĂ©s, aprĂšs les plaidoiries de l’accusation et de la dĂ©fense. Si l’on en juge par les nombreux plaidoyers conservĂ©s, les jurĂ©s Ă©taient souvent plus sensibles Ă  la rhĂ©torique de l’argumentation qui fit donc des progrĂšs pratiques et thĂ©oriques considĂ©rables qu’au droit. En second lieu, la consĂ©quence de l’élargissement progressif du tirage au sort Ă  toutes les classes sociales et Ă  un trĂšs grand nombre de charges fut l’amoindrissement, et mĂȘme la quasi-disparition, du rĂŽle politique des magistrats tirĂ©s au sort, au profit de ceux qui Ă©taient Ă©lus, dans la politique de l’État athĂ©nien. Pour prendre le cas le plus cĂ©lĂšbre, PĂ©riclĂšs Ă©tait stratĂšge » et fut réélu de nombreuses fois, et non pas archonte ». Mais il devait convaincre les Bouleutes tirĂ©s au sort avant de proposer Ă  l’AssemblĂ©e, nĂ©cessairement par leur entremise, une mesure de politique intĂ©rieure ou extĂ©rieure. En matiĂšre proprement politique, donc, Ă©lection et tirage au sort se complĂ©taient seule l’élection confĂ©rait un important pouvoir politique, mais sous le contrĂŽle de citoyens tirĂ©s au sort. À cette occasion, au Conseil ou Ă  l’AssemblĂ©e, d’autres citoyens pouvaient prendre la parole et les orateurs », par leur maĂźtrise de la rhĂ©torique et leurs connaissances en matiĂšre militaire ou financiĂšre, constituaient une sorte de classe politique, le plus souvent issue de l’élite sociale, qui dirigeait AthĂšnes. Thucydide, dans son Histoire de la guerre du PĂ©loponnĂšse, offre de nombreux exemples des dĂ©bats opposant les orateurs et les stratĂšges entre eux, et tranchĂ©s par le peuple, aprĂšs introduction de la mesure Ă  l’AssemblĂ©e par le Conseil. Une rotation rapide des citoyens En troisiĂšme lieu, le renouvellement annuel des charges tirĂ©es au sort entraĂźnait une rotation rapide des citoyens dans l’exercice de ces charges, en particulier au Conseil. Quand je parlais donc de classe politique » Ă  l’instant, c’était d’une façon anachronique les pratiques politiques athĂ©niennes interdisaient en fait l’existence institutionnelle d’une large classe politique, ou plutĂŽt Ă©tendaient, du moins en principe, cette classe Ă  l’ensemble de la CitĂ©. En principe, car, Ă  en juger par certaines listes retrouvĂ©es, il semble qu’il n’y eut pas toujours assez de volontaires pour ĂȘtre bouleutes », et il fallut par exemple autoriser les citoyens Ă  ĂȘtre deux fois bouleutes au cours de leur vie. Certains citoyens refusaient mĂȘme d’entrer dans ce jeu dĂ©mocratique[4]. Le cas de Socrate est remarquable il dut ĂȘtre volontaire ou avoir Ă©tĂ© fermement incitĂ© Ă  l’ĂȘtre par ses compagnons de dĂšme ?, puisqu’il fut bouleute. Mais divers tĂ©moignages montrent qu’il Ă©tait trĂšs hostile au tirage au sort on ne tire pas au sort le pilote d’un navire, disait-il, selon XĂ©nophon, MĂ©morables I, 2, 9, et, une fois bouleute, et mĂȘme, quand il Ă©tait prytane, prĂ©sident de l’AssemblĂ©e, il se rĂ©vĂ©la incapable prĂ©tend Platon dans le Gorgias, 473e de mettre aux voix une proposition. Platon et XĂ©nophon, trĂšs hostiles, eux-mĂȘmes, Ă  la dĂ©mocratie, veulent ainsi montrer sa distance Ă  l’égard des procĂ©dures et des institutions de la dĂ©mocratie directe, auxquelles il a pourtant participĂ©. En quatriĂšme lieu, le rĂŽle social des indemnitĂ©s » du Conseil, de certaines magistratures et des Tribunaux pour les classes les plus pauvres est avĂ©rĂ©, non seulement par les descriptions hostiles de Platon surtout dans La RĂ©publique et dans le Gorgias et d’Aristote voir aussi La Politique, mais aussi par les caricatures des auteurs comiques notamment l’AssemblĂ©e des femmes d’Aristophane si l’on tente une comparaison trĂšs approximative, c’était une sorte de RSA Ă  l’antique, avec, comme contrepartie, non pas un travail d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral plus ou moins fictif, mais une activitĂ© politique, elle aussi, peut-ĂȘtre, plus ou moins fictive dans certains cas. Une expertise en partie dĂ©lĂ©guĂ©e aux esclaves publics ? Ajoutons un dernier mot sur les charges moins importantes, mais essentielles pour le fonctionnement de la CitĂ©, qui Ă©taient aussi tirĂ©es au sort, et qui n’étaient pas toujours rĂ©munĂ©rĂ©es, semble-t-il. Elles couvraient un trĂšs grand nombre de domaines. Aristote mentionne notamment, dans un certain dĂ©sordre, des charges d’entretien voirie, bĂątiments religieux et sanctuaires, des charges de police, d’instruction judiciaire et d’exĂ©cution des peines par exemple, affaires de flagrant dĂ©lit, introduction des causes en justice, mises Ă  mort aprĂšs condamnation, arbitrage prĂ©alable Ă  toute procĂ©dure judiciaire, des charges financiĂšres adjudication des mines d’argent, par exemple, vente des biens confisquĂ©s, tenue des comptes publics, surveillance des poids et mesures, de la qualitĂ© et du prix des grains, farines et pains sur les marchĂ©s, la surveillance spĂ©ciale du port du PirĂ©e, la garde des archives publiques, le secrĂ©tariat des sĂ©ances, un certain nombre de tĂąches religieuses relatives aux sacrifices et aux fĂȘtes Ă  cĂ©lĂ©brer, etc. Pour la mise en Ɠuvre de certaines de ces tĂąches, les citoyens tirĂ©s au sort avaient Ă  leur disposition des esclaves publics » propriĂ©tĂ© de la CitĂ© qu’ils dirigeaient et qui, par la permanence de leur Ă©tat, disposaient de compĂ©tences peut-ĂȘtre parfois absentes chez leurs maĂźtres. C’est donc la vie quotidienne d’AthĂšnes qui Ă©tait aussi trĂšs largement administrĂ©e par tirage au sort, avec une certaine dĂ©lĂ©gation des tĂąches aux esclaves publics[5]. Au total, donc, c’est un monde trĂšs Ă©loignĂ© du nĂŽtre, bien sĂ»r, que celui de la dĂ©mocratie athĂ©nienne classique. Mais qui peut faire rĂ©flĂ©chir aux divers mondes possibles, encore aujourd’hui, que ce soit dans une perspective de politique gĂ©nĂ©rale de la CitĂ©, ou pour l’administration de la vie quotidienne de la citĂ©.
ple7mOS.
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